Kobe Bryant et son nouveau projet

51p78ej1-ul._sx332_bo1204203200_Après avoir transformé sa lettre d’adieu Dear Basketball en un film d’animation récompensé aux Oscars, après avoir lancé la série Detail sur ESPN où il décortique la NBA, et après avoir écrit le bestseller (aux US puisque pas encore sorti en France) Mamba Mentality, on apprend, dans le numéro 221 du magazine SLAM, que Kobe Bryant s’apprête à sortir un nouveau livre intitulé The Wizenard Series: Training Camp.

Alors là je vous sens venir, vous allez me demander: « ça parle de quoi son truc là? ». Je vous connais bien hein? Et bien sachez qu’il s’agira d’un titre qui appartient au genre Jeune Adulte (ou Young Adult en VO) dont le scénario imaginé par l’ancien Laker peut-être décrit comme la rencontre entre les mondes de Harry Potter et du basket. L’action se passera à Dren dans un univers fantastique appelé Granity où l’on suivra le Professeur Rolabi Wizenard qui se chargera de transformer des ados en plein doute en une équipe hyper forte.

Si Bryant est au scénario, l’écriture, elle, est l’oeuvre de Wesley King déjà connu pour ses succès dans le Young Adult. Kobe avoue s’être inspiré de son parcours personnel et notamment de ses jeunes années à Philadelphie, de ses rencontres en NBA (co-équipiers, coachs) mais aussi de son Disney préféré: Mary Poppins.

Selon Kobe, « dans [ce livre], on essaye d’apprendre aux enfants, grâce à Wizenard comment appréhender leur émotions internes — la gentillesse, la méchanceté, l’indifférence. On leur apprend la compassion, l’empathie, une éthique de travail et l’attention au détail. C’est comme cela, je pense, que l’on devrait raconter des histoires. »

Le futur Hall of Famer avait ce livre en tête depuis plusieurs années maintenant et, s’il a rencontré quelques difficultés pour trouver un éditeur malgré sa renommée et son précédent succès en librairie, il dit ne pas se soucier des ventes car l’objectif est ailleurs. « Pour moi, Wizenard est déjà un succès. C’est différent du sport. En sport l’objectif est de gagner un titre. Avec ce projet, si une personne touche ce livre et est profondément impactée, alors c’est un succès. »

Les premiers retours que j’ai pu trouver sur internet ont l’air unanimes: le livre est génial. Si le genre vous plait (doit certainement y en avoir parmi vous qui ont lu Harry Potter quand même) ou si vous êtes curieux, vous pouvez vous procurer Wizenard en VO ou prier pour qu’un éditeur Français décide de nous sortir ça un jour.

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LeBron James, L’ÉLU – Luca Mazzella

41xqg2nt0pl._sx318_bo1204203200_Mareuil Edition nous a habitué à du lourd. Du très lourd même avec « Les Suns à la vitesse de la lumière » précédé par l’incontournable « Jordan la loi du plus fort ». Et si j’étais heureux de voir apparaître la première bio de LeBron en français (traduction de l’œuvre originale de Luca Mazzella) je ne vous cache pas ma déception au fur et à mesure que je lisais le livre. Vraiment ça m’ennuie de dire du mal d’un livre surtout concernant ma « niche » du basket US mais là, même si on doit encore saluer l’initiative de l’éditeur de nous proposer un nouveau livre sur notre sport favori, j’aurais aimé qu’il en choisisse un autre.

Pourtant tout commençait bien. Le début du bouquin est génial, on en apprend vraiment beaucoup sur la jeunesse du prodige d’Akron. Cette partie était vraiment pour moi indispensable pour une bio qui sort alors que le joueur est encore en activité. L’auteur a dû multiplier les recherches et cela aboutit à d’excellents passages instructifs.

La partie Draft / Summer League / Première saison est là encore une réussite. Les coulisses de ces évènements ont été étudiés et bien reportés. L’auteur s’attarde par exemple sur l’importance du rôle de Paul Silas, son premier coach NBA, dans l’intégration du Rookie phénomène. Pas une chose facile quand les médias vous scrutent depuis que vous êtes au lycée.

Puis on en arrive à la partie laborieuse du livre. Mazzella retrace la carrière du King en mode baskétix fan de boxscore. Plus aucun inside, l’écriture est fade et on se contente de résumés de matchs choisis un peu au pif ça et là en fonction des gros cartons offensifs de James. L’auteur nous gratifie des commentaires TV de l’époque mais ça n’apporte pas grand-chose. Là où on aurait aimé des indiscrétions de couloirs, des témoignages de co-équipiers, on doit se contenter de la vision de fan de l’auteur. En plus de cela la qualité de la traduction n’est pas au rendez-vous sans vouloir être méchant. Par exemple, on parle de 60 « interceptions » au foot US en une saison ce qui est doublement improbable : il jouait en attaque (WR) et 60 est un chiffre inatteignable pour n’importe quel défenseur, on ne dit pas « à l’All Star Game » mais « au All Star Game ». Cela peut passer pour un détail mais encore une fois c’est un exemple parmi tant d’autres d’une traduction trop littérale et pas assez proche du véritable langage propre à cet univers. Et l’air de rien ça m’a rendu la lecture pénible.

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Vraiment c’est à regret pour moi que d’écrire une telle chronique car je tiens absolument à promouvoir le plus possible les livres sur le basket en France mais je suis aussi tenu à un souci d’honnêteté. Je ne peux pas vous dire de foncer les yeux fermés sur ce bouquin. Toutefois je peux le recommander aux fans inconditionnels de LeBron qui aimeront revivre ses plus beaux moments. Cela peut aussi intéresser les plus jeunes qui n’ont connus LeBron que sur le tard (à partir de Miami ou après son come-back aux Cavs).

Mon histoire avec la NBA – George EDDY

mon-histoire-avec-la-nbaAttention : cette chronique manque totalement d’objectivité, étant un énorme fan de celui que je considère comme le maître du basket en France. J’assume pleinement. Personne ne connait mieux le basket mondial que lui. Cette partialité vient du fait qu’après les magazines qui ont forgé mon éducation NBA j’ai été élevé aux matchs commentés par ce monument de la TV française.

Pour faire simple, si vous avez la trentaine comme moi, vous n’avez aucune excuse, je dis bien aucune, pour justifier l’absence de ce livre dans votre bibliothèque. Même si vous n’avez pas de bibliothèque. Vous pouvez même acheter une bibliothèque rien que pour ce livre tiens.

Construit de manière très intelligente, ce bouquin nous permet de retracer la vie personnelle de George Eddy en même temps que l’évolution chronologique, décennie par décennie, de la NBA. Dans un premier temps on plonge dans la jeunesse du plus français des américains. Je ne me risquerai pas à essayer de vous la retranscrire pour deux raisons : la première c’est tout simplement pour préserver l’intérêt du livre, la deuxième c’est pour respecter la douceur avec laquelle George parle de ses parents et du modèle éducatif qu’il a suivit. Si on le savait capable de nous transmettre un tas d’émotions en posant sa voix sur des images, il arrive à en faire de même en nous racontant simplement (ce n’est pas péjoratif ici) et tendrement son parcours qui le mènera de sa Floride natale à notre beau pays.

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Le temps passe trop vite au fil des pages. On a l’impression que George est là, dans notre salon, ou peu importe où vous lisez ce livre. Ses mots sont teintés de son accent qui fait de lui un personnage charismatique, attachant et inoubliable. Passé son parcours de joueur professionnel (sans doute sous-côté) et son intégration audacieuse  au sein de la première chaîne payante française, on en arrive au gros morceau. L’histoire de la NBA à travers ses yeux. Des yeux de fans (où l’on apprend que son idole était Wilt Chamberlain), puis de journaliste. En plus de nous retracer les exploits purement sportifs il prend le temps de s’attarder sur ce qui a fait grandir le succès de la NBA en France. Les venues de Magic, Jordan et Jabbar pour lesquels il servit d’interprète (et même plus pour Jordan) en sont des exemples flagrant.

Pour les plus nostalgiques d’entre vous, vous parcourrez ce livre avec des images de matchs ou d’émissions de Canal+ qui vous reviendront. Et quand je parle de nostalgie, je ne parle pas de celle qui fait de nous des gens aigris face à ceux qui certifient que LeBron est le GOAT (les pauvres), mais de ce sentiment apparenté à l’amour. L’amour du temps passé. Ce temps où chaque image nous parvenant se gravait automatiquement dans notre mémoire. Plus difficile forcément aujourd’hui d’en faire de même face au flot, au torrent, d’highlights, articles,  et matchs disponibles. Ou alors mon cerveau se ramollit.

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Il est ainsi amusant de découvrir que même George est passé par l’étape « ponçage » de VHS. Pour ceux qui ne savent pas de quoi je parle, il faut savoir qu’avant l’époque du tout numérique, il existait ce que l’on appelle des cassettes vidéo (VHS) où étaient enregistrés des matchs ou autres documentaires. Ces cassettes fonctionnaient avec une bande qui s’usait avec le temps car, si elle défilait pendant la lecture, il fallait la remonter (rembobiner) pour regarder à nouveau. A mesure que la bande s’usait, les souvenirs, eux s’ancraient en nous. De ces souvenirs il reste des images bien sûr mais aussi des voix. Éternelles. Comme le mythe qu’est devenu George Eddy.

Ce livre c’est un cadeau. Un cadeau fait à toute cette génération, ma génération. Alors merci Talent Sport. Et surtout merci George.

En attendant qu’une autre opportunité lui soit donnée de pouvoir proposer un programme NBA pour la France (il le fait toujours pour Canal+ Afrique) je continuerai de patienter avec mon League Pass. La NBA c’est avec un accent sinon rien…

Basketball & Cie – SHEA SERRANO


61kwt193ojl-_sx258_bo1204203200_Nouvelle collaboration avec Trashtalk pour cette chronique sur le livre qui m’a le plus diverti depuis un moment. Un univers que j’adore. Je vous renvois donc directement vers mon avis disponible sur leur site en cliquant juste ici: là oui oui là!

N’hésitez à liker, Retweeter ou tout simplement à donner votre avis à la suite du tweet ci-dessous:

Merci encore à Alex pour sa confiance! Clique ici pour te rendre sur sa chaîne TuTube légendaire!

L’enfer du Dimanche

Je déteste le Dimanche. Enfin je déteste le Dimanche uniquement de Février à Août. C’est le jour qui me colle l’angoisse. Tu ne peux pas profiter de ta journée car tu sais que le lendemain tu repars au boulot. Je fais un véritable blocage là-dessus. Tu vois le Vendredi c’est cool tu sais que tu es tranquille derrière. Le Samedi pareil. Mais le Dimanche… En plus tout est fermé, de moins en moins, mais tout est fermé. Il règne cette atmosphère qui m’empêche de vivre et de profiter du moment. C’est comme si dès le réveil j’avais une « horloge » de Damoclès au-dessus de la tête. « Plus que 14 heures avant de reprendre le boulot ! »

Mais à partir du mois d’Août c’est une toute autre histoire. Le Dimanche c’est l’avènement. Le jour tant attendu toute la semaine. Le Dimanche c’est FOOTBALL!!! Enfin football américain. Parce que je suis pas du genre à attendre toute la semaine un match de Série A ou un St-Etienne/Strasbourg désolé. Je vais vous expliquer tous les éléments qui ont totalement chamboulés ma perception du dernier jour de la semaine. Voici le guide officiel pour mettre un terme à votre ennui dominical.


FANTASY

Tout le monde connait maintenant le principe de la Fantasy League. Pour parfaire ce jeu il faut y jouer si possible entre amis et avec quelque chose en jeu. Mais même une Fantasy contractée au pif à la dernière seconde face à un groupe d’américains inconnus au bataillon ça le fait quand même. Pourquoi ? Parce que cela rend TOUS les matchs intéressants. Votre matchup peut dépendre d’un Lions/Dolphins auquel vous n’auriez prêté aucun attention sans la Fantasy. Ce jeu vous pousse également à connaitre un peu plus les joueurs et les styles de jeu de chaque équipe NFL. Il vous oblige à suivre l’actualité en étant hyper réactif face aux blessures, méformes, et échanges de la vie « réelle », mais également à tout ce qui se passe dans VOTRE ligue. Quel joueur a été laissé libre récemment ? Dois-je récupérer ce joueur blessé pour quelques semaines en comptant sur un retour au top?

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La Fantasy c’est aussi du trashtalk. C’est même pour moi l’essence de ce jeu. Si vous avez la chance de faire ça entre amis ou avec un groupe de personnes que vous avez appris à connaitre grâce à la Fantasy, cela décuple l’attrait pour ce jeu. Se faire chambrer pour le choix de tel ou tel joueur. Mettre la pression pour un échange. Se moquer d’une défaite d’un pote à cause de la performance impensable d’un seul joueur qui fait basculer la rencontre… À titre d’exemple, cette année avec mes gars sûrs d’Instagram (Eddie et Samy c’est de vous que je parle là) on a organisé une ligue avec nos abonnés et je peux vous garantir que le dimanche soir sur le groupe Messenger c’est la rigolade. J’ai cette particularité de jouer chaque semaine contre l’équipe qui finit toujours par marquer le plus grand total de points ou presque. Cette malchance m’agace au plus au point mais ça en devient risible. J’aime aussi laisser sur le banc des joueurs qui se transcendent histoire de bien me faire regretter mes choix. Je suis typiquement une cible vivante pour le trashtalk et ça c’est formidable.

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Le dimanche est donc rythmé, pour moi, par cette Fantasy. Je passe la journée à surveiller les nouvelles pour ajuster mon lineup jusqu’à la dernière seconde (je m’occupe aussi de mes enfants et ça m’arrive de parler à ma femme aussi hein…). Cela me fait penser justement à une manœuvre qui m’aura valu les quolibets de mes adversaires que je considérais pourtant comme des amis… Quelques heures seulement avant un match à Denver, les médias relayaient des images du stade couvert de neige (au moins 40 centimètres au sol) en pleine tempête. Il faut savoir que la NFL c’est pas la ligue 1 Conforama et que tous les matchs se jouent peu importe les conditions météorologiques. De ce fait, possédant un receveur des Broncos de Denver dans mon effectif partant, je décide de le remplacer par un autre. Pourquoi ? Parce que la neige va perturber le jeu de passe aérienne et les équipes s’adaptent généralement en utilisant énormément le jeu de course au sol. Résultat ? Le stade aura été rendu praticable en un temps record, plus un seul flocon à l’heure du match, mon receveur fait un match énorme alors que son remplaçant est pathétique. Bien joué !


REDZONE

La NFL, et donc mon Dimanche, sont rendus encore plus agréables et passionnants grâce à l’une des merveilleuses créations du genre humain : la RedZone ! L’outil parfait pour les fans de Foot US ET joueurs de Fantasy.

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Quoi que c’est exactement la RedZone me diriez-vous ? Pour faire simple c’est un multiplex de 7 heures sans aucune publicité ou interruption. Agrémentez le tout d’un bandeau déroulant permanent sur les stats Fantasy et vous avez là la recette idéale pour un Dimanche réussi. Ah oui j’oubliais ! La NFL propose des matchs à un horaire parfait pour les fans européens puisque le spectacle commence à 19H00 heure française !

La RedZone vous empêche littéralement de décrocher. On jongle entre les matchs en passant d’occasions folles en replay d’highlights. Les rares temps calmes permettent au spectateur de reprendre ses esprits et de faire un point sur la situation sur chaque terrain. Le téléphone à coté, et en un coup d’œil sur l’appli Fantasy on peut voir l’impact sur notre matchup de la semaine.

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La RedZone c’est aussi l’occasion, pour celui qui aime ce sport sans forcément suivre une équipe en particulier, de ne pas « subir » une unique affiche choisit par un diffuseur. C’est aussi l’assurance de ne pas se frapper les interminables pub’ américaines pour les assurances ou le dernier SUV Ford.

De plus il est aujourd’hui HYPER SIMPLE d’accéder à ce mythique rendez-vous hebdomadaire. BeIn Sports le propose à ses abonnés, vous pouvez souscrire à l’offre économique de la NFL pour 50€ à l’année, ou vous pouvez faire partie de la team streaming, bien que je n’encourage pas du tout ce genre de pratique qu’il serait pourtant naïf d’ignorer en 2018.


TAILGATE

Aux « States » des États-Unis d’Amérique of USA, le Dimanche c’est l’occasion de revêtir quelque vêtement que ce soit aux couleurs de son équipe. De la simple casquette au déguisement intégral incluant peinture sur le visage, chacun y va de son propre rituel.

Les fans se rassemblent ensuite sur les immenses parkings des stades NFL pour… une sorte de barbecue géant. Si vous ne l’avez pas encore lu, je vous invite à vous plonger dans le livre « Tailgate to Heaven » qui parle de ce phénomène (chronique dispo sur le blog). Un must-read. On cuit des saucisses, on boit des bières, on se lance des ballons, tout ça en parlant du match à venir et en refaisant ceux passés. Certaines personnes passent même toutes leurs économies dans les tailgates. Il y a même des gens qui ratent une partie voire même l’intégralité du match pour rester sur le parking à festoyer.

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Pour ma part, je me contente de boire une « Bud » (l’abus d’alcool est dangereux pour la santé mais une bière ça passe) que l’on arrive à trouver maintenant un peu partout en grande surface pour mon plus grand bonheur (désolé mais Heineken je sature). Pour ne pas sombrer dans le monde impitoyable du cholestérol, avec ma petite famille on s’accorde uniquement de temps à autres un repas « à l’américaine ». C’est l’occasion pour moi de brancher l’ordi en HDMI sur la TV pour y diffuser le feed de la RedZone et d’essayer de transmettre mon amour pour le foot US à mon fils et ma fille. Je vous avoue que de les entendre crier « Touchdown ! » est quelque chose d’extrêmement jouissif.

Vous comprendrez donc pourquoi les autres Dimanche de l’année paraissent bien fades, tristes et monotones…

À l’attention de Madame N.B.A.

Madame,

C’est aujourd’hui que vous faites votre grand retour. Enfin ce soir. Cette nuit même. Vous revoir en comblera plus d’un ici et vous ne pourrez pas passer inaperçue dans les couloirs. Votre discrétion d’antan fait place à une exposition beaucoup plus importante. Il faut dire que les éloges sur votre travail ne manquent pas: spectaculaire, inimitable, unique, passionnant…

Pour ma part je ne vous cache pas que vos initiales étaient couchées sur mon calendrier depuis un moment. Et pour continuer dans l’honnêteté, je n’ai pu m’empêcher d’essayer de glaner quelques nouvelles pendant vos vacances. Pour ma défense, nous sommes quelques curieux dans ce cas. Il faut dire que vos activités à Los Angeles et à Oakland, entre autre, ont beaucoup fait parler.

Vous trouverez sur votre bureau trois dossiers importants. Nos clients de Boston sont très ambitieux et veulent s’étendre sur l’Ouest du pays ce qui leur permettraient de retrouver leur gloire passée. Cela rentre en conflit avec les intérêts des « Guerriers », ce groupe de contestataires de la baie de San Francisco qui fait des émules et dont le mouvement est maintenant très suivi. De plus le « Roi » de l’Union des États n’entend pas laisser la situation s’éterniser. Il se donne quelques années pour renverser l’ordre établi et préparer l’arrivée de son fils au pouvoir, bien que le trône soit convoité par plusieurs autres dirigeants. Ce n’est un secret pour personne, le souverain Grec est un prétendant affiché.

Vous le voyez la situation est tendue et notre marge de manœuvre est ténue. Aussi, nous concentrerons nos efforts sur le moyen terme et nous nous laissons cette année pour évaluer la perspective d’avenir des « Guerriers ».

Mais le futur doit se préparer dès aujourd’hui. Le patron nous demande de commissionner nos adjoints pour une prospection sur d’autres terres moins en vue mais prometteuses. Philadelphie est devenue trop médiatisée par exemple, et toutes les ressources ont été trouvées là-bas. Il faut que nous nous déployons sur d’autres marchés comme Dallas ou Phœnix. Il en va de notre réputation de continuer à proposer une offre qualitative aux quatre coins du pays. Le monde entier nous regarde.

Enfin je terminerai par un message un peu plus personnel. Si vos vacances sont un droit acquis, il n’en reste pas moins que mon cœur est lourd quand vous êtes absente. Je languis votre retour chaque année car je sais que mon quotidien sera facilité. Une véritable bouffée d’air frais. Je n’ai que très peu de chance pour que vous me remarquiez et que vous me considériez plus qu’un autre collègue, surtout depuis la constitution du bureau des « Influenceurs » (l’élite de notre entreprise en étroite collaboration avec votre bureau), mais sachez que je resterez fidèle à mes engagements et prêt à vous soutenir à chaque instant.

Au plaisir de vous croiser.

Amicalement,

Frédéric

Bureau P.23

ATTRAPE-RÊVES – F.KERVAREC

couv-recto-attrap-rc3aaves-544x750Le hockey n’est pas le thème le plus répandu pour les romans publiés en France. C’est pourquoi j’étais vraiment enthousiaste à l’idée de découvrir la dernière trouvaille des Éditions Salto. Ma seule crainte, comme à chaque fois que j’aborde une fiction, c’est de me heurter à un manque de crédibilité par rapport à l’univers sportif. Elle fut rapidement dissipée dès les premières pages. On sent que l’auteur connait son sujet et l’a bossé à fond.

L’histoire se passe à Montréal un soir de grand match entre l’équipe locale du « Blizzard » (au lieu des « Canadiens », certainement pour des questions de droits) et la grande rivale de Boston, les « Black Bears » (« Bruins » normalement). Le lecteur va suivre parallèlement cette soirée telle qu’elle est vécue par le nouveau prodige du « Blizzard », le rookie Toby Mercier, et par Benjamin, un jeune collaborateur du plus prestigieux cabinet d’avocats spécialisés en droit du sport, qui s’occupe des intérêts de Toby.

Vous vous en doutez, cette soirée ne va pas se passer comme prévu et donnera lieu à un enchaînement d’évènements qui la feront s’étirer jusqu’au petit matin. La cause ? Le retour inattendu du père biologique de Toby. Alors que ce dernier s’apprête à signer un des plus gros contrats de sponsoring grâce au cabinet Redwood, ce plan se retrouve menacé par un chantage aux révélations sur la jeunesse du rookie du « Blizzard ». S’il jouit d’une image impeccable auprès des médias, le prodige d’origine amérindienne cache malgré lui un secret qui pourrait l’empêcher de lier son image aux plus grandes marques.

Benjamin, de son côté, pensait passer une soirée parfaite, sa première dans les loges de l’Arena du club de hockey de Montréal. Il lui suffirait d’assister à l’entrevue entre le boss de la compagnie voulant s’attacher les services de Toby et Stefanie Redwood, sa patronne dont la réputation n’est plus à faire. Au lieu de cela, il va devoir tout faire pour mettre un terme au chantage et garder cette histoire confidentielle.

Je m’arrête là pour l’histoire. Ce que je peux vous dire c’est que je n’ai pas lâché le livre pendant deux jours. L’intrigue est amenée progressivement sans trainer en longueur. Le rythme est parfait. Les évènements se suivent et s’enchainent sans laisser de répit ni aux protagonistes ni au lecteur. Les personnages sont facilement imaginables et je me suis même demandé si je n’étais pas en train de lire le script d’un film à succès. La seule réserve que j’émettrais concerne le dénouement que je n’imaginais pas du tout comme cela. Bon en même temps si on arrivait à deviner la fin plus tôt l’intérêt du livre s’en verrait limité. Non ce que je veux dire c’est que j’imaginais une fin plus… enfin moins… fiction hahaha. Mais j’ai certainement étais pris au piège de la crédibilité de tout le reste. En tout cas cela n’a pas gâché mon plaisir ! J’espère même que l’auteur travaille sur une suite.

Vous aimez le hockey ou le sport en général ? Vous aimez les intrigues bien ficelées ? Vous avez envie de lire un bouquin qui vous transporte facilement ? Saisissez-vous de « Attrape-rêves » qui saura vous combler de bonheur.

HANGTIME – Kevin Haroutounian

Merci ! Merci à Kevin Haroutounian d’avoir écrit ce livre. Que dire de plus ? Pas besoin d’essayer de vous convaincre de vous plonger dans ces pages surtout si vous êtes né avant les années 90. Il vous est IMPÉRATIF de le lire.

Les images défilent dans votre tête. Celle qui collent à la narration de l’auteur bien sûr, mais également celles qui se raccrochent à votre jeunesse, vos souvenirs. Elle est là la magie de « Hangtime ». Suspendre le temps qui passe pour nous permettre de nous replonger en enfance l’instant de quelques 200 pages de nostalgie. Une véritable envolée mélancolique. Une ode au basket des années 80-90 et surtout au plus grand joueur de tous les temps : Michael Jordan.

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Comme j’ai pu le témoigner directement à celui qui est plus connu sur la toile sous le pseudo de Clutch23, ce bouquin est tout simplement celui que j’aurais aimé écrire. Il réussit avec aisance à retranscrire la naïveté du monde pré-internet. Celui où les nouvelles sur la NBA nous arrivaient vieillies de plusieurs jours. Celui où l’imagination devait fonctionner à plein régime pour se représenter l’univers onirique du basket américain. Celui où l’on rendait visite quotidiennement au marchand de journaux dans l’espoir d’y trouver le nouveau numéro de son magazine spécialisé favoris. De SES magazines même. Car un seul ne suffisait pas à étancher notre soif de NBA. C’est d’ailleurs grâce à la presse papier que Haroutounian fait la connaissance de ce que va devenir une obsession pour lui : MJ.

Les plus anciens se souviendront de ces échanges de cassettes vidéo de matchs enregistrés sur Canal+, les plus jeunes s’étonneront de ce trafic à l’heure où tout est accessible avec deux mouvements de pouce. Dans ce livre tout y passe : le minitel, les cartes à collectionner, les jeux vidéo, les galères pour commander des articles aux couleurs de notre équipe favorite, les premières sneakers qui débarquent en France… Si la nouvelle mode actuellement est aux voyages organisés centrés sur des rencontres NBA, celui qu’entreprend Kevin pour voir son idole n’en ressort que plus pittoresque.

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Pour ma part j’ai aussi découvert qu’il existait une véritable communauté de collectionneurs de matchs NBA sous toutes leurs formes : VHS, CD, DVD, numérique. Certains matchs se vendant même à prix d’or. On apprend que l’auteur court après tous les matchs de Jordan et qu’il en existent curieusement des introuvables !

Ce livre se lit hyper vite. Il faut dire que la lecture est d’autant plus rapide qu’elle est rendue agréable par l’évocation de tous ces souvenirs qui nous parlent. On s’amuse à vouloir se trouver des points communs avec l’auteur, à lâcher des « aaaaaah oui je m’en rappelle » et des « oh la la, c’est vrai ». Enfin, il y a dans ce bouquin deux passages importants. Le premier cherche à expliquer pourquoi ce basket des années 80-90 doit être considéré comme l’âge d’or. Le deuxième met définitivement un terme au débat sur le GOAT avec des arguments qui changent de ce que l’on a malheureusement l’habitude de voir sur Twitter ou autres forums de discussion.

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Si nous sommes chanceux de pouvoir assister facilement aux exploits du basket actuel, le basket d’hier a la chance de pouvoir compter sur des gens comme Kevin Haroutounian pour le rendre immortel.

L’Histoire de la Air Jordan 1

Ou comment Nike révolutionna à jamais
le monde de la chaussure de sport.

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Tout le monde pense connaître les origines de la signature de Jordan chez Nike. Tout le monde croit que la Air Jordan 1 noire et rouge à été bannie par la NBA et que Nike payait 5000$ d’amende par match pour que Jordan continue de les porter. Vous allez donc voir que tout n’a pas été aussi simple que ce que le laisse entendre la légende et que tout s’est joué à des détails. Vous aller voir que certains faits que vous pensiez avérés ne sont pas si proches de la vérité. Et surtout vous allez constater que l’Histoire de cette chaussure devenue légendaire est inépuisable et qu’elle continue à s’écrire encore de nos jours.


En 1984 Michael Jordan sortait tout juste de l’université de North Carolina, qu’il fallait pour lui prendre une décision quant à son futur équipementier pour ses premiers pas en NBA.

Jusqu’à présent, il évoluait avec des Converse aux pieds sous les couleurs des Tar Heels. Non pas par choix ou par goût, mais à cause d’un contrat qui liait la marque à Dean Smith, le coach mythique de la faculté. En effet pour contourner les règles très strictes de la NCAA concernant la non-rémunération sous quelque forme que ce soit des étudiants-athlètes, Converse utilisait le subterfuge assez malicieux sur lequel nous reviendrons plus tard: faire signer un contrat à Smith incluant une clause selon laquelle tous ses joueurs devaient jouer en Converse. Ce contrat s’élevait alors à 10 000$ par saison.

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Quand David Falk, l’agent de Jordan, demanda à celui-ci s’il avait une préférence avant d’entamer des négociations, ce dernier lui expliqua que son choix se portait sur Adidas qui proposait des modèles « plus près du sol ».

Du côté d’Adidas, le timing ne pouvait pas tomber plus mal. Six ans auparavant le grand patron Adolf Dassler décède. C’est son fils Horst qui prit les rênes de l’entreprise familiale. Enfin entreprise familiale ne voulait pas dire que la famille était particulièrement unie. La mort d’Adolf ne fit qu’attiser les tensions existantes, déclenchant même une bataille pour la succession. Déjà, ce sont des différends qui ont poussé Rudolf, le frère d’Adolf, à se désolidariser et à créer sa propre marque: PUMA. Horst dû donc diriger Adidas et cela impliquait la prise de grandes décisions. Mais celles-ci étaient toujours l’objet de querelles internes. Ainsi, le clan Dassler n’était pas très porté sur le basket à l’époque. Il pensait que ses clients auraient énormément de difficultés à s’identifier à des athlètes aux mensurations « hors normes ». Adidas restait à l’écoute des représentants de Jordan sans toutefois formuler d’offre concrète ni même inviter Michael autour d’une table de négociation.

Les premiers à rencontrer Jordan étaient Converse. Lors de cet entretien, les responsables marketing prirent le soin de mettre l’accent sur le fait que les plus grands joueurs étaient labellisés Converse: Magic, Bird, Dr. J. Leur slogan: « WE are basketball ». Face à cela Jordan se permit de poser quelques questions. L’une d’entres elles était de savoir quelle serait sa place parmi toutes ces stars déjà présentes. Converse répondit qu’il serait élevé au même rang qu’elles, aussi bien au niveau des campagnes de communication qu’au niveau financier avec une offre de 100 000$ par an pendant 5 ans… Une autre interrogation de Michael portait sur les innovations technologiques apportées au chaussures à venir dans un futur plus ou moins proche. On lui fit comprendre que l’accent n’était pas porté sur la recherche et le développement et que les modèles actuels apportaient déjà une grande satisfaction dans la ligue…

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En sortant des bureaux de Converse, le moins que l’on puisse dire c’est que Michael était déçu d’un tel manque de considération. Pour lui, être l’égal des autres superstars de la ligue n’était pas suffisant. Il voulait quelques chose de plus personnel, se démarquer des autres. Le pire pour Jordan était l’absence de visibilité sur les progrès à venir pour les différents modèles qu’il serait amené à porter. De son côté, James Jordan, le père de Michael, voulait absolument qu’il signe cette offre, flatté de voir qu’il serait traité comme Julius Erving, l’idole de MJ.

Adidas qui ne se positionne pas, Converse qui déçoit par son offre basique, voici venu l’heure pour Spot-Bilt de rentrer en jeu. Oui, Spot-Bilt. Je suis sûr que la majorité d’entre vous n’a jamais entendu parler de cette marque avant aujourd’hui et pourtant vous allez voir qu’elle a faillit rafler le gros lot.

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Spot-Bilt est une petite marque de chaussures de sport présidée par John Fisher mais qui était plus connue pour avoir comme vice-président, et aussi égérie, la star du football américain O.J. Simpson. A l’époque Simpson jouissait d’une popularité sans faille. Ce ne sera que 10 ans plus tard que son image sera écornée à cause du crime qu’il commettra et pour lequel il sera reconnu coupable lors d’un procès extrêmement médiatisé. Mais en attendant, en 1984, Simpson avait déjà à l’œil le jeune Michael Jordan dont il avait suivit les exploits universitaires. Cet intérêt le poussa à convaincre Fisher d’obtenir un rendez-vous avec l’agence ProServ qui gérait les intérêts du nouveau joueur des Bulls.

Spot-Bilt se présenta d’autant plus sereinement qu’elle venait de signer avec l’ancienne agence publicitaire de Nike. Fisher avait donc mis toutes les chances de son côté avant même de sortir sa meilleure carte: Jordan serait LA superstar de Spot-Bilt! Pas de concurrence en interne comme cela pouvait être le cas avec Converse et surtout cela témoigne d’un réel intérêt, tranchant avec l’attitude d’Adidas. C’est donc fort logiquement que la proposition de Spot-Bilt sera retenue par ProServ qui la soumettra plus tard à Jordan.

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En attendant David Falk avait commencé à tâter le terrain du côté de chez Nike par l’intermédiaire de son ami Rob Stasser alors responsable des partenariats pour la marque au swoosh. Mais l’acteur majeur du processus amenant Nike à se positionner sur Jordan allait être l’illustre Sonny Vaccaro.

Vaccaro, un fils d’immigré italien, s’était fait connaître dans le monde du basket universitaire comme étant celui disposant du plus grand réseau après avoir notamment créé l’ancêtre du McDonald’s All American, le Dan Dapper Roundball Classic. Un match qui rassemblera les meilleurs espoirs du pays et qui attisera l’intérêt des coachs, leur facilitant ainsi les supervisions en vue de recruter.

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Armé d’une influence sans équivalent au sein du basket universitaire, Vaccaro prit l’initiative de contacter Nike pour leur demander s’ils souhaitaient se développer dans cette discipline car il avait eu l’idée d’un montage encore inédit. Il expliqua à Phil Knight qu’il suffisait de proposer un contrat de rémunération aux coachs (environ 5000$) et s’engager à fournir gratuitement des paires pour tous leurs joueurs pour que Nike étende son emprise. Knight accrocha à l’idée qui sera reprise ensuite par Converse entre autres comme nous l’avons vu précédemment avec Dean Smith.

Grâce à cette idée de génie, Sonny Vaccaro était maintenant attentivement écouté chez Nike. C’est ainsi qu’au cours d’un séminaire de réflexion entre les têtes pensantes du futur géant de la sneakers qu’il se permit de s’élever contre la stratégie prévue concernant la draft NBA de 1984. Phil Knight et compagnie voulaient signer Olajuwon (le premier choix), Barkley (le plus excentrique) et Stockton (le petit blanc). C’est alors que Vaccaro insista pour aller totalement à l’encontre de cela et supplia tout le monde de tout miser sur Jordan. Réunir les trois enveloppes budgétaires en une seule afin de proposer quelque chose d’encore jamais vu: un modèle signature au nom du joueur et un marketing révolutionnaire. Knight décida de suivre une nouvelle fois l’intuition de Vaccaro et fit tapis sur Jordan.

Vaccaro appela George Raveling, devenu proche de Michael lorsqu’il occupait le poste d’assistant coach de l’équipe Olympique américaine de basket en 1984. Il souhaitait obtenir un rendez-vous avec Jordan afin de lui parler de Nike pour lequel Raveling travaillait déjà aussi. C’est autour d’une table du restaurant Tony Roma’s que Sonny va promouvoir les valeurs et les ambitions de l’empire de Phil Knight. Deux versions s’opposent concernant cette rencontrer. Celle de Vaccaro veut qu’avant cela Jordan n’avait jamais entendu parlé de Nike et que ces quelques minutes de lobbying se sont avérées déterminantes pour le convaincre de signer avec eux. Celle de Jordan et de Falk veut que Raveling avait déjà parlé de Nike lors des JO et avait même insisté auprès de Michael pour qu’il les rejoigne. Falk a toujours tenu à minimiser l’impact de Vaccaro sur la signature de ce contrat légendaire allant jusqu’à dire que ce n’est pas avec Vaccaro qu’il a fait le deal mais avec Knight et Strasser. Il est vrai que Sonny s’est construit sur des rumeurs, du bouche à oreille, et il est très important pour sa réputation de s’attribuer ce contrat. Le personnage Vaccaro aime s’enorgueillir de tels faits pour entretenir sa légende. S’il a définitivement jouer un rôle dans cette belle histoire, il est difficile de savoir exactement lequel, tant il existe de versions divergentes.

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Pour Nike, il était d’autant plus important de s’offrir Jordan que pour la première fois de son histoire la marque connaissait un recul dans son chiffre d’affaire annuel. Il fallait impulser une nouvelle dynamique. De son côté, Michael avait une toute autre urgence, il voulait en finir avec ces rendez-vous le plus vite possible car la situation commençait à le lasser. C’est ainsi qu’il refusa d’honorer l’invitation de Nike et demanda à Falk de signer avec Adidas au plus vite, se résignant à choisir la marque qu’il affectionnait le plus. Falk fit tout le contraire et contacta les parents de Michael pour les pousser à convaincre leur fiston de se rendre à Beaverton, certain qu’il y avait un sacré coup à faire. C’est la mère de MJ qui fut la plus réceptive au message. Ainsi, avec des arguments que seules les mères possèdent, elle finit par arriver à traîner Jordan à l’aéroport.

Sur place, ils sont cinq à accueillir le futur plus grand joueur de tous les temps: Rob Strasser, Howard White (qui sera plus tard le Vice-Président du marketing sportif de Jordan Brand), Peter Moore (le futur designer des deux premiers modèles Jordan), Sonny Vaccaro et bien évidemment Phil Knight. Après la présentation officielle du grand projet, Peter Moore soumit les premiers croquis de la chaussure imaginée pour Michael. Ce dernier ne fut pas très enchanté, choqué par les couleurs proposées: du blanc, du rouge et du noir. Les couleurs du diable dira-t-il. Moore répliqua en rigolant qu’il devra en parler aux Chicago Bulls car cela était intentionnellement fait pour coller à leur code couleur. Mais Jordan expliqua qu’il avait plutôt imaginé jouer en Carolina Blue de son équipe des Tar Heels de North Carolina en NCAA. Il se permit de poser beaucoup de questions sur la qualité du produit et les technologies utilisées. Il exprima ainsi les raisons de sa préférence des chaussures Adidas devant un Moore attentif. Ce dernier lui répondit que toutes ses exigences seraient prises en compte afin que la future chaussure lui plaise.

Une grande première! À l’époque, excepté le cas Stan Smith chez Adidas, aucun athlète n’avait été consulté de la sorte pour l’élaboration d’un modèle. Ce que Nike venait de proposer à Jordan était totalement inédit. Du sur mesure. Jusqu’à présent les joueurs se contentaient de porter les modèles que les marques voulaient bien leur envoyer sans soucis de personnalisation. C’est ainsi que l’on a connu Larry Bird et Magic Johnson portant le même modèle de Converse par exemple.

Il était là l’argument tant attendu par Michael Jordan. Nike venait à cet instant de grimper considérablement dans son estime.

Mais tout aurait pu être anéanti par une dernière tentative maladroite de séduction. Rob Strasser était au fait du goût prononcé de Jordan pour les voitures de luxe. C’est ainsi qu’en toute fin d’entretien il tendit les clefs d’une Mercedes à MJ et lui fit comprendre qu’elle serait sienne s’il apposait sa signature au futur contrat proposé par Nike. Phil Knight n’apprit que plus tard ce geste à double tranchant risquant de rebuter Jordan. Ce dernier aurait pu se croire vulgairement acheté plutôt que séduit. Heureusement pour la franchise de l’Oregon, le « cadeau » de Strasser augmenta les points marqués dans cette course folle.

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Jordan fit rapidement comprendre à Falk qu’il ne voulait plus se rendre à aucun autre rendez-vous avec d’autres marques. Nike venait de tout chambouler et de placer la barre tellement haute qu’il semblait inutile de se déplacer encore.

Il était temps de prendre une décision finale et de mettre toutes les propositions sur la table avec leurs offres financières respectives.

On l’a vu Converse propose un contrat à 100 000$ par an pour intégrer son écurie, au même titre que les autres superstars NBA sous contrat. Michael devra cependant se contenter de porter le même modèle qu’eux.

Adidas reste dans le flou même si la marque allemande témoigne d’un peu plus d’intérêt pour MJ qu’au début du processus. Toutefois aucune offre concrète n’est pour l’instant arrivée dans les mains de ProServ et on est encore loin d’un modèle signature.

Nike et Phil Knight décide de suivre encore une fois le conseil assez fou de Sonny Vaccaro de proposer 500 000$ par an en liquide pendant 5 ans (la somme des enveloppes pour Olajuwon, Barkley et Stockton comme on l’a vu précédemment).

Pour remettre les choses en perspective et dans leur contexte, le plus gros contrat de l’époque revenait à James Worthy (oui oui James Worthy) avec 150 000$ par an pendant 8 ans pour porter les couleurs de New Balance. Nike propose donc un salaire plus de 3 fois supérieur au plus gros contrat d’alors!!!

Ce n’est pas fini puisque Nike ajoute dans la balance des intérêts dans l’entreprise ainsi que des royalties sur chaque paire vendue! Ce qui porte le total, selon les estimations du célèbre média ESPN, à près de 7 millions de dollars sur 5 ans!!! Un record et de loin! Toutefois, Nike décide d’inclure une clause importante: lors de ses trois premières années dans la ligue (et donc de contrat avec Nike) Michael doit être élu « Rookie of the Year », All-Star et tourner à 20 points de moyenne minimum. Si une de ces conditions n’est pas remplie, Nike se réserve le droit d’écourter le contrat de deux ans. David Falk voulait savoir ce qui se passerait si aucun de ces objectifs n’était atteint mais que pendant ce temps là les chaussures se vendaient bien quand même. Réponse des responsables de la marque au swoosh: pour compenser il faudrait arriver à vendre pour 4 millions de dollars de chaussure d’ici la fin de sa troisième année de contrat pour activer les deux dernières.

Enfin dernière offre: Spot-Bilt. John Fisher tenta le tout pour le tout même s’il se savait moins fort que Nike. Tous deux ne luttaient pas avec les mêmes armes puisque Spot-Bilt faisait fabriquer ses chaussures aux États-Unis alors que pour Nike tout se passait en Asie avec une main d’oeuvre moins chère. Cela permettait par exemple à Nike d’équiper gratuitement plusieurs équipes sans impacter leur budget. Spot-Bilt proposa donc étonnamment la plus grosse offre financière : plus de 500 000 $ par an. Une somme folle mais Fisher pensait que sa proposition resterait inférieure à celle de Nike.

En bon conseiller, David Falk rappela à Jordan que si l’offre de Spot-Bilt paraissait intéressante, elle n’est rien comparée à la promesse de Nike d’injecter 1 million de dollars lors des six premiers mois qui suivent la sortie de la première chaussure Jordan rien qu’en publicité et communication.

Clairement Spot-Bilt ne peut pas rivaliser. Converse a déçu Jordan et l’offre est ridicule. Nike apparaît logique vainqueur. Cependant Jordan ira voir une dernière fois les dirigeants d’Adidas et leur dira: « si vous me faites une offre à peu de choses près identique, je signe chez vous. » Pas de réponse. Ce qui, de l’aveu même de MJ, rendra les choses plus faciles pour aller rejoindre Phil Knight et signer le contrat le plus révolutionnaire de l’Histoire du sport. À noter que Spot-Bilt finira sur la deuxième marche alors qu’aujourd’hui plus personne n’en parle. ESPN a demandé à Fisher ce qui aurait pu se passer si Jordan avait signé chez eux. Il déclara que cela se serait soldé par un échec car il n’aurait pu répondre aux besoins de productions liés à l’engouement autour du joueur.

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Pour conclure la partie purement business liée à la Jordan 1 parlons chiffres. La chaussure ne sera disponible que le 1er Avril 1985 pour le grand public car Jordan n’a pas commencé la saison avec comme nous le verrons plus tard. Son prix de vente était à l’époque de seulement 65 $ !!! En un peu plus d’un mois ce sont 450 000 paires qui se sont vendues. Le montant total des recettes d’Avril à Décembre est de 100 millions de dollars. Pour rappel, pour avoir droit à ses deux dernières années de contrat, Nike avait demandé à ce que les recettes atteignent 4 millions de dollars en trois ans. Sur le rapport de fin d’année de Nike, Phil Knight écrit en face de la colonne correspondant à la Jordan 1: « la parfaite combinaison entre qualité de produit, marketing, et partenariat avec un athlète. »


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Parlons maintenant de la chaussure en elle-même et des différents modèles que Jordan aura portés. Comme nous l’avons vu c’est donc Peter Moore qui sera responsable de l’élaboration de la chaussure en fonction des exigences et des remarques de Michael. Moore sera aussi à l’origine de la Jordan 2 puis quittera Nike pour rejoindre… Adidas! C’est d’ailleurs lui qui transformera le logo original de la marque allemande en seulement trois bandes. C’est également Moore qui est l’origine du nom « Air Jordan » et du logo avec les ailes, les fameuses Wings. Pour le logo, la légende raconte que c’est en voyant un pin’s sur la veste d’un gamin, sur le chemin du retour suivant la réunion avec Jordan, que Moore eu le déclic. Selon le YouTubeur ChannelKris vous pouvez retrouver l’histoire de l’origine du nom « Air Jordan » dans le livre de Donald Dell (de l’agence ProServ) « Never make the first offer ».

Que s’est-il passé entre l’accord de principe trouvé entre MJ et Nike et le 17 novembre 1984, date du premier match où apparurent les Jordan 1? Quel modèle portait-il en préparation puis en début de saison?

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Bien que Peter Moore et Jordan étaient tombés d’accord sur les contours de ce qu’allait être la Jordan 1, celle-ci ne serait pas prête assez tôt pour les débuts du numéro 23 des Bulls. Par contre des séances de shooting photos seront organisées avant même la préparation de la saison afin d’anticiper les campagnes de communication. La première série de clichés sera menée par Chuck Kuhn, un photographe réputé. Selon FootwearNews et ChannelKris, il semblerait que le tout premier modèle porté par Jordan fut le Royal Blue (combinaison de ses couleurs favorites) pour le poster emblématique « Flight Guy ». La deuxième série, il portera les Black Toe pour la photo la plus célèbre: la pose Jumpman qui deviendra le futur logo de Jordan Brand. La dernière série de photos sera celle où on le voit porter ses chaussures en bandoulière sur son épaule. Les deux modèles utilisés seront les Black Toe et pour la première fois les Bred! Nike semblait donc partir sur un modèle Black Toe pour les matchs à domicile, et un Bred pour ceux à l’extérieur. Mais on va voir que ce plan va vite être contrarié.

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En attendant il portera les Nike Air Ship de couleur blanche et rouge et ce dès le 5 Octobre 1984 à Péoria, Illinois, face aux Bucks de Milwaukee. Toujours en pré-saison, le 9 Octobre, il chaussera le modèle noir et rouge de la Air Ship. C’est le 18 octobre à New York que se passera l’événement qui changera jamais le destin de la Jordan 1. Pour ce match de pré-saison face aux Knicks, David Stern (le commissaire de la NBA) est présent dans les tribunes et voit MJ porter son modèle Bred de la Air Ship. Choqué par ce coloris bien différent des autres portés sur le terrain, il contacte Nike de manière informelle et non officielle pour leur dire que la chaussure de Jordan est bannie et interdite car ne correspondant pas à la règle d’uniformité des uniformes. Rien ne pouvait mieux tomber pour Nike et son plan de communication ! Jordan va donc devoir se contenter de porter la Air Ship blanche et rouge jusqu’à ce que la Jordan 1 soit finalisée.

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Si d’autres joueurs sous contrat avec Nike portaient aussi des Air Ship, celles de MJ étaient véritablement uniques. La vidéo de Jordan Geller sur YouTube nous en livre les moindres détails. La semelle extérieure des Air Ship classiques était beaucoup plus creusée au niveau du talon alors que celle de Jordan serait plus plate et quasi identique à celle de la future One. La midsole de Michael ne présentait pas de logo Nike. Il n’avait que 8 œillets au lieu de 9, avec une tige Mid plutôt que haute pour les classiques. Pas d’inscription de production (date) mais uniquement la pointure. À propos de la pointure, saviez-vous que Jordan portait deux chaussures de tailles différentes? 13 US pour le pied gauche et 13,5 pour le droit.

La saison NBA commence donc le 26 octobre pour les Bulls et c’est aussi ce jour là que Jordan signe officiellement son contrat avec Nike. Pendant ce temps chez l’équipementier on réfléchit à la contrainte imposée par David Stern et de ce que cela implique par rapport aux investissements faits dans les séances de shooting photos. Il semble impossible que Jordan puisse porter les Bred et sans doute aussi les Black Toe, les deux modèles pris en photos. Dès lors, Nike prépare le modèle Chicago uniquement composé de blanc et de rouge à l’exception du swoosh qui reste noir.

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C’est donc ce dernier modèle que Jordan arborera à partir du 17 Novembre 1984 contre les Sixers de Philadelphie (vidéo de ses highlights ci-dessous, regardez bien ses chaussures). Il alternera encore pendant quelques matchs avec la Air Ship blanche et rouge. Le 30 Janvier 1985, contre les Bullets de Washington, Jordan portera le modèle Black Toe pour ce qui semble être la seule et unique fois en match officiel NBA.

Si vous avez bien suivi, la légende qui veut que ce soit la Jordan 1 Bred qui ait été bannie par la NBA reste de l’ordre du fantasme puisque MJ n’a jamais porté ce modèle en match officiel à l’exception du 10 Février 1985 pendant le All-Star Game. La communauté des Jordan Addicts est d’ailleurs à l’affût de toute photo pouvant contredire ces faits. Ce qui, du reste, est véridique c’est la lettre officielle de la NBA datée du 25 Février 1985 adressée à Nike suite à ce All-Star Game. Il y est simplement stipulé que la ligue interdit Jordan de porter « une certaine Nike noire et rouge. » Aucune mention de quelque amende que ce soit dans ce courrier contrairement à la légende des 5000$ par match. De plus si ce mythe s’avérait vrai, pourquoi dès lors ne retrouve-t-on pas de cliché de Jordan avec les Bred aux pieds en match officiel? Pourquoi Nike aurait créé le modèle Chicago alors que la campagne de pub était centrée sur les Black Toe et les Bred?

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Quoiqu’il en soit cette lettre servira de base pour la publicité la plus célèbre de Nike. La caméra partira de la tête d’un Jordan décontracté en train de dribbler pour arriver à ses pieds dans une paire de Bred qui se retrouve barrée par deux blocs noirs. La voix off proclame pendant ce temps là que si la NBA a bannit les chaussures elle ne peut pas VOUS empêcher de les porter. Cette phrase allait provoquer un véritable raz-de-marée commercial!

Le collectionneur ThiIsKicks (Instagram) nous apprend qu’il existera une variation de la One Chicago que devra porter MJ lors de son retour de blessure dans sa deuxième saison. Cette variation consiste en une sorte de strap élastique au niveau de la cheville afin de maintenir au mieux cette partie du corps fragilisée.

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La Jordan One Chicago sera aussi associée à l’une des plus grandes performances de la carrière de MJ: 63 points dans un match de Playoffs contre les Celtics de Larry Bird. Ce dernier dira qu’il a vu ce soir là « Dieu déguisé en Michael Jordan. » Dans une interview au magazine SLAM, Michael Jordan assure qu’il possède encore la paire portée durant ce match historique.

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À partir de 1987, Jordan commencera à porter les modèles suivants de sa gamme signature laissant donc de côté la One devenue mythique. Il y eu pourtant une exception le 8 Mars 1998 face aux Knicks de New York, lors de ce qui sera la dernière sortie au Madison Square Garden de Jordan sous les couleurs des Bulls. Comme il l’a confié à SLAM : « Dans mon esprit c’était peut-être la dernière fois que je venais au Garden. Pour moi c’est la Mecque du basket. La connaissance des fans de basket au MSG est meilleure que n’importe où ailleurs. J’ai donc pensé, pourquoi ne pas revenir aux origines et voir s’ils peuvent s’apercevoir combien le jeu a pu évoluer depuis. » Et ce qu’il y a de fou, c’est que personne ni chez Nike, ni chez les Bulls ne savait qu’il allait les porter. Jordan encore: « Personne ne savait. Et Nike ne me les a même pas fournies pour ce match. Elles viennent tout droit de mon stock originel. Je garde 6 paires de chaque modèle dans un local chez moi, et j’étais en train d’emménager ce local et je me suis dit: ok je vais à New York… Personne ne savait que j’allais les porter alors que je les avais dans mon sac. » Pour ce revival, la ligne de stats de Jordan est à la hauteur de sa légende: 42 points, 6 passes, 8 rebonds.

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Des années plus tard Russel Westbrook, sous contrat avec Jordan Brand, rechaussera les One en 2012, tout comme le sneakerhead DeMar DeRozan en 2013. Plus récemment, en 2017, P.J. Tucker jouera avec la version Off-White. Cette dernière sera le fruit de l’imagination de Virgil Abloh et constitue depuis l’un des modèles les plus prisés par les collectionneurs et les adeptes de la mode. Elle finira même élue meilleure sneaker de l’année 2017 par certains sites spécialisés. Cette collaboration sera déclinée en deux autres coloris (blanc puis bleu Carolina) tout aussi recherchés. Nike a également sorti une version Flyknit de cette One qui propose un confort et une légèreté incroyable. Une revisite réussie en tout point. Enfin la Jordan XXXI est un hommage à la One avec une touche de modernité tant au niveau esthétique que des matériaux utilisés. On le voit, le premier modèle Jordan reste encore ancré dans la culture sneaker. Que ce soit grâce à des sorties dans des couleurs inédites, ou au travers de nouvelles chaussures qui s’en inspirent, la Nike Air Jordan 1 a encore de beaux jours devant elle.

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« Tout le monde la détestait, ils disaient que c’était la chaussure la plus moche de tous les temps. Mais elle a changé l’industrie entière et tout le monde a essayé de la copier depuis. » Ces quelques mots, donnés au magazine SLAM par Jordan lui-même, résument on ne peut mieux l’histoire fabuleuse de cette chaussure.

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L’illustration du titre de cet article est l’oeuvre de Yann Dalon.

Silencio – Waxx / Germain

Tout comme pour ma chronique sur le manga « Dream Team », je vous invite à découvrir, sur le site de Trashtalk, mon avis sur la nouvelle BD du musicien/YouTubeur et fan de basket Waxx. Il est épaulé au dessin par Germain dans une BD publiée en plusieurs volumes à la manière des comics américains.

Je vous propose donc de cliquer ici-même ou encore sur le lien présent dans le tweet ci-dessous.

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