DU LIERRE DANS LE BITUME – David Xoual

Les Editions Salto m’ont gentiment contacté pour me proposer de découvrir ce roman qui se déroule en plein campus universitaire américain et dont l’intrigue est centrée sur l’équipe de basketball. Toute littérature concernant un sport majeur américain ayant sa place sur Page 23, je me suis plongé, dès réception, sur ce petit livre de 109 pages à la lecture addictive. J’ai trouvé l’écriture intelligente dans le sens où elle mêle savamment un langage soutenu pour la narration principale et la description des personnages, à un langage courant voire familier pour les dialogues et les réflexions menées par les protagonistes.

On suit donc l’arrivée du jeune Marcus Gardner sur le campus de Citadel, une université fictionnelle sensée se trouver dans la ville bien réelle de Keene dans le New Hampshire. Pour l’anecdote, il existe bien une université Citadel aux Etats-Unis mais celle-ci se trouve dans l’état de Caroline du Sud. On découvre les lieux à travers les yeux émerveillés et attentifs de Marcus un gamin venu d’un quartier populaire de St Louis. S’il avait été habitué à côtoyer les loubards et les pommés sans jamais se lier d’amitié avec eux, notre héros timide et réservé, s’imprègne de cette nouvelle culture locale promue par Mr Stern un directeur (au nom bizarrement familier de l’ancien commissionnaire de la NBA) que l’on peut qualifier d’antipathique tant il méprise tout ce qui ne fait pas partie de son monde ou la culture et l’art sont les deux piliers fondamentaux. Le jeune Gardner eut la possibilité de venir poursuivre son cursus scolaire dans cette prestigieuse université non pas grâce à ses facultés intellectuelles (il semble toutefois être un élève moyen mais concerné) et encore moins avec l’argent qu’aurait pu économiser son beau-père ou sa mère tous deux en situation trop précaire. Non s’il avait pu être recruté c’est donc par l’intermédiaire de ses facultés de basketteur. Meneur de jeu intelligent, scoreur mais aussi distributeur, il éclaboussant de son talent le niveau lycéen attirant les regards de tout un tas de recruteurs.

C’est le coach Phil Bennett, un rouquin au caractère et aux traits sévères, qui fut le plus sensible à son talent et qui poussa Stern à formuler une invitation à Marcus pour qu’il vienne continuer ses études au bord du Connecticut. On cerne très vite le personnage de Bennett dès les premières lignes à son sujet quand, par exemple, il évince en quelques mots et sans pitié un joueur ayant pris trop de poids à ses yeux. Le livre ne s’attardera que sur deux autres joueurs : le pivot et capitaine DeAndre, et le colocataire de Marcus, John Pierce (un autre nom venu de la NBA). Le premier est sans doute celui qui m’aura le plus intrigué du livre et je vous laisse découvrir pourquoi en le lisant. Le deuxième est celui qui m’a le moins séduit car je ne suis pas fan de tout ce qui est dérive vers les substances illicites et les comportements dépravés. L’équipe est suivie par Steve Stockton (encore un patronyme NBA), un étudiant en deuxième année qui écrit pour le journal du campus et qui va rapidement devenir ami avec Marcus, le seul joueur avec lequel il puisse réellement interagir sachant que personne ne le porte dans son cœur. Issu d’une famille de classe moyenne, Steeve est un surdoué passionné de culture. Il rentre dans le cliché du rat de bibliothèque dont l’impopularité est aussi élevée que ses notes. Raconter les exploits de l’équipe de basketball de Citadel n’était pas son premier choix, mais pour avoir un pied dans le journalisme il était prêt à faire n’importe quoi.

Dès le deuxième chapitre on apprend la mort suspecte, surprenante et inexpliqué du jeune Stockton, retrouvé étendu et blessé à l’arrière du crâne. Qui l’a tué ? Pourquoi ? L’enquête sera menée pendant le parcours parfait de l’équipe de basket qui l’amènera jusqu’à la finale NCAA. En même temps que les sheriffs interrogent un par un eux les suspects, l’auteur puise dans la jeunesse de chacun des personnages principaux pour nous faire voyager dans une Amérique au glamour écorné par des destins tous entachés des travers et des faiblesses de l’Homme. Tous se retrouvent à Citadel, cette université qui concentre leurs espoirs d’une vie meilleure et qui pourtant ne semble pas leur offrir beaucoup mieux.

J’ai beaucoup aimé le rythme narratif de ce livre, chaque chapitre commençant par un paragraphe nous transportant à cette finale du Final Four NCAA pour mieux revenir par un saut dans le temps sur cette saison bouleversée par la mort de Stockton.

Sans vous spoiler il faut toutefois aborder cette fin qui laisse le lecteur dans un questionnement multiple et les personnages face à leurs transpositions de ce que représente pour eux une vie réussie.

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