L’ART DE LA VICTOIRE – Phil KNIGHT

Longtemps sur ma wishlist j’attendais avant de me décider de l’ajouter à ma pile à lire éternellement haute. Sa traduction en VF chez Hugo Sport a fini de me convaincre de me le procurer au plus vite. LeBron James en a même fait la promo sur les réseaux sociaux (autant mettre à l’honneur la main qui vous nourrit haha). Il fut rejoint par la suite par d’autres athlètes sponsorisés Nike.

Qui d’autre que le fondateur de la marque pour en raconter son histoire ? C’est donc un Phil Knight tout juste diplômé que l’on commence à suivre dès les premières pages. On se prend d’affection pour ce jeune idéaliste, peut-être même un peu bohème bien que décidé de l’orientation qu’il souhaite donner à sa vie d’adulte responsable. Ainsi il fera tout pour réaliser son rêve et aller au bout de son « idée folle » comme il l’appelle. Mener à bien le sujet de sa thèse lui ayant permit d’obtenir son diplôme : importer des chaussures de courses du Japon pour les vendre sur le sol américain.

Pour se faire il lui parut important d’en savoir plus sur ses futurs clients c’est-à-dire tout le monde et c’est donc logiquement qu’il prit la décision de faire un tour de la planète pour découvrir les secrets d’un maximum de peuples. Ainsi on l’accompagne à travers l’Asie, L’inde, l’Europe, dans des paysages aussi bien décrit que les chaussures des gens qu’il y croise. Ce voyage, financé par ses parents après négociations, se révèlera fort utile à de nombreuses reprises dans son parcours professionnel.

L’argent est omniprésent dans ce livre. La passion de Knight étant la course à pied, c’est une véritable course au Dollar qu’il s’apprête à vivre à partir de 1962 et de sa première paire de Onitsuka Tigers vendue en faisant du porte à porte. En effet il lui fallut recourir à tous les stratagèmes les plus ingénieux pour convaincre successivement ses parents, ses futurs partenaires, ses banquiers et autres créanciers de lui prêter de l’argent.

L’objet de cette chronique n’étant pas de vous raconter dans les détails comment s’est construit l’empire Nike, je vais simplement en survoler les plus grandes étapes. Vous verrez Knight s’inventer patron de Blue Ribbon une entreprise fictive imaginée pour rassurer les japonais d’Onitsuka la marque qu’il souhaite importer. Avec Blue Ribbon Knight devra embaucher son tout premier salarié, Jeff Jonhson sans conteste le « personnage » que j’ai le plus apprécié du livre. Johnson est un véritable gentil, acceptant les rôles les plus ingrats et complexes mais indispensables aux étapes de croissance successive de la firme. Le futur patron de Nike se rapprochera de Bill Bowerman son ancien entraîneur. Un homme totalement dévoué à la course et tout ce qui entoure cette pratique sportive. C’est lui qui sera le premier à apporter les innovations aux chaussures. Vous découvrirez aussi les deux histoires d’amour marquantes de la vie de Knight.

Ce qui transpire de ce livre et qui contamine le lecteur, c’est cette détermination qui anime Knight. Véritable source d’inspiration que chacun de nous peut essayer de transposer dans sa vie personnelle ou professionnelle. Voir Knight traverser ce parcours semé d’embûches sans abandonner son rêve nous transcende.  Mais s’il fait preuve d’obstination et de courage tout au long du livre, c’est sa qualité de meneur d’hommes qui lui aura permit d’arriver au sommet. Sans les gens dont il a su s’entourer il n’y aurait jamais eu de nom « Nike », pas de logo mythique, pas de bulles d’air, et tout se serait arrêter faute d’argent. En effet je m’étais naïvement imaginé que le grand patron aurait eu plus d’impact concret sur les chaussures elles-mêmes ou sur les aspects marketing et identitaire. En fait toutes les innovations et les bonnes idées lui sont venus de l’extérieur. Il s’est « contenté » de présider le tout, prenant sans doute le plus de risque au passage.

L’allégorie la plus évidente résumant cette aventure est d’ailleurs directement suggéré par l’auteur lui-même. Une guerre… sans balles. Lui serait un Napoléon et ses associés ses soldats. Ce sont eux qui vont au combat mais lui qui dirige. Comme pour nous aider à comprendre sa grandeur, il décrit systématiquement les personnes lui étant venu en aide comme inférieures. Insidieusement il glisse dans sa description des défauts souvent physiques ou des traits de caractère qu’il tourne en dérision. Ainsi Johnson, sur qui repose la grande partie du succès de Nike, est décrit comme un fou, un obsédé de la chaussure et de la vente. Knight avoue le snober volontairement nous rappelant implicitement que certes il n’avait pas les idées mais il restait le patron. Idem pour l’inventeur des bulles d’air, ses différents avocats lui ayant sauvés la mise, ses commerciaux… Ils avaient tous de gros défauts qui accompagnaient leurs petites qualités. Il n’y a bien que sa femme finalement qui échappe à un lot de critique.

L’auteur décide d’arrêter sa narration détaillée de l’aventure Nike à l’année 1980 laissant le dernier chapitre nous évoquer souvent poétiquement le chemin parcours depuis. Si ces dernières lignes sont remplies de sincérité et ne saurez vous laisser indifférent, je reste encore mitigé sur l’impression finale que me laisse cet homme.

Vous le savez sur Page 23 je ne vous cache rien et je vous parle le plus franchement possible. Je ne décide de ne présenter que des livres que j’ai globalement apprécié car je ne vois pas l’intérêt de descendre publiquement un ouvrage. Autant ne pas en parler plutôt que de se répandre en critique négative dont la subjectivité pourrait être contredite sur le blog voisin. Si je vous dis cela c’est parce que je m’attendais à lire l’histoire de la conquête du marché surmédiatisé des plus grands athlètes de ce monde et que je ne compris qu’à la fin que je n’en aurais pas le plaisir. D’où une légère déception. En effet vous n’apprendrez rien sur la signature de Michael Jordan chez Nike, faisant pourtant basculer l’aura de la marque dans une autre dimension. Pas un mot non plus sur les modèles phares des années 90 et 2000 et encore moins sur le processus d’attribution des licences exclusives NFL ou NBA. Il m’aurait paru intéressant pour le lecteur aussi bien venu du monde de l’entreprenariat que du sport de découvrir les coulisses de ces thèmes qui font la renommé encore aujourd’hui de la marque au swoosh. Voilà donc tout ce que j’avais à dire de « négatif » sur le bouquin, cela n’ayant en rien entaché le plaisir qui accompagnait sa lecture.

Un livre passionnant et passionné pour lequel chaque lecteur saura dégager les éléments essentiels à l’art de leur victoire.

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