ATTRAPE-RÊVES – F.KERVAREC

couv-recto-attrap-rc3aaves-544x750Le hockey n’est pas le thème le plus répandu pour les romans publiés en France. C’est pourquoi j’étais vraiment enthousiaste à l’idée de découvrir la dernière trouvaille des Éditions Salto. Ma seule crainte, comme à chaque fois que j’aborde une fiction, c’est de me heurter à un manque de crédibilité par rapport à l’univers sportif. Elle fut rapidement dissipée dès les premières pages. On sent que l’auteur connait son sujet et l’a bossé à fond.

L’histoire se passe à Montréal un soir de grand match entre l’équipe locale du « Blizzard » (au lieu des « Canadiens », certainement pour des questions de droits) et la grande rivale de Boston, les « Black Bears » (« Bruins » normalement). Le lecteur va suivre parallèlement cette soirée telle qu’elle est vécue par le nouveau prodige du « Blizzard », le rookie Toby Mercier, et par Benjamin, un jeune collaborateur du plus prestigieux cabinet d’avocats spécialisés en droit du sport, qui s’occupe des intérêts de Toby.

Vous vous en doutez, cette soirée ne va pas se passer comme prévu et donnera lieu à un enchaînement d’évènements qui la feront s’étirer jusqu’au petit matin. La cause ? Le retour inattendu du père biologique de Toby. Alors que ce dernier s’apprête à signer un des plus gros contrats de sponsoring grâce au cabinet Redwood, ce plan se retrouve menacé par un chantage aux révélations sur la jeunesse du rookie du « Blizzard ». S’il jouit d’une image impeccable auprès des médias, le prodige d’origine amérindienne cache malgré lui un secret qui pourrait l’empêcher de lier son image aux plus grandes marques.

Benjamin, de son côté, pensait passer une soirée parfaite, sa première dans les loges de l’Arena du club de hockey de Montréal. Il lui suffirait d’assister à l’entrevue entre le boss de la compagnie voulant s’attacher les services de Toby et Stefanie Redwood, sa patronne dont la réputation n’est plus à faire. Au lieu de cela, il va devoir tout faire pour mettre un terme au chantage et garder cette histoire confidentielle.

Je m’arrête là pour l’histoire. Ce que je peux vous dire c’est que je n’ai pas lâché le livre pendant deux jours. L’intrigue est amenée progressivement sans trainer en longueur. Le rythme est parfait. Les évènements se suivent et s’enchainent sans laisser de répit ni aux protagonistes ni au lecteur. Les personnages sont facilement imaginables et je me suis même demandé si je n’étais pas en train de lire le script d’un film à succès. La seule réserve que j’émettrais concerne le dénouement que je n’imaginais pas du tout comme cela. Bon en même temps si on arrivait à deviner la fin plus tôt l’intérêt du livre s’en verrait limité. Non ce que je veux dire c’est que j’imaginais une fin plus… enfin moins… fiction hahaha. Mais j’ai certainement étais pris au piège de la crédibilité de tout le reste. En tout cas cela n’a pas gâché mon plaisir ! J’espère même que l’auteur travaille sur une suite.

Vous aimez le hockey ou le sport en général ? Vous aimez les intrigues bien ficelées ? Vous avez envie de lire un bouquin qui vous transporte facilement ? Saisissez-vous de « Attrape-rêves » qui saura vous combler de bonheur.

HANGTIME – Kevin Haroutounian

Merci ! Merci à Kevin Haroutounian d’avoir écrit ce livre. Que dire de plus ? Pas besoin d’essayer de vous convaincre de vous plonger dans ces pages surtout si vous êtes né avant les années 90. Il vous est IMPÉRATIF de le lire.

Les images défilent dans votre tête. Celle qui collent à la narration de l’auteur bien sûr, mais également celles qui se raccrochent à votre jeunesse, vos souvenirs. Elle est là la magie de « Hangtime ». Suspendre le temps qui passe pour nous permettre de nous replonger en enfance l’instant de quelques 200 pages de nostalgie. Une véritable envolée mélancolique. Une ode au basket des années 80-90 et surtout au plus grand joueur de tous les temps : Michael Jordan.

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Comme j’ai pu le témoigner directement à celui qui est plus connu sur la toile sous le pseudo de Clutch23, ce bouquin est tout simplement celui que j’aurais aimé écrire. Il réussit avec aisance à retranscrire la naïveté du monde pré-internet. Celui où les nouvelles sur la NBA nous arrivaient vieillies de plusieurs jours. Celui où l’imagination devait fonctionner à plein régime pour se représenter l’univers onirique du basket américain. Celui où l’on rendait visite quotidiennement au marchand de journaux dans l’espoir d’y trouver le nouveau numéro de son magazine spécialisé favoris. De SES magazines même. Car un seul ne suffisait pas à étancher notre soif de NBA. C’est d’ailleurs grâce à la presse papier que Haroutounian fait la connaissance de ce que va devenir une obsession pour lui : MJ.

Les plus anciens se souviendront de ces échanges de cassettes vidéo de matchs enregistrés sur Canal+, les plus jeunes s’étonneront de ce trafic à l’heure où tout est accessible avec deux mouvements de pouce. Dans ce livre tout y passe : le minitel, les cartes à collectionner, les jeux vidéo, les galères pour commander des articles aux couleurs de notre équipe favorite, les premières sneakers qui débarquent en France… Si la nouvelle mode actuellement est aux voyages organisés centrés sur des rencontres NBA, celui qu’entreprend Kevin pour voir son idole n’en ressort que plus pittoresque.

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Pour ma part j’ai aussi découvert qu’il existait une véritable communauté de collectionneurs de matchs NBA sous toutes leurs formes : VHS, CD, DVD, numérique. Certains matchs se vendant même à prix d’or. On apprend que l’auteur court après tous les matchs de Jordan et qu’il en existent curieusement des introuvables !

Ce livre se lit hyper vite. Il faut dire que la lecture est d’autant plus rapide qu’elle est rendue agréable par l’évocation de tous ces souvenirs qui nous parlent. On s’amuse à vouloir se trouver des points communs avec l’auteur, à lâcher des « aaaaaah oui je m’en rappelle » et des « oh la la, c’est vrai ». Enfin, il y a dans ce bouquin deux passages importants. Le premier cherche à expliquer pourquoi ce basket des années 80-90 doit être considéré comme l’âge d’or. Le deuxième met définitivement un terme au débat sur le GOAT avec des arguments qui changent de ce que l’on a malheureusement l’habitude de voir sur Twitter ou autres forums de discussion.

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Si nous sommes chanceux de pouvoir assister facilement aux exploits du basket actuel, le basket d’hier a la chance de pouvoir compter sur des gens comme Kevin Haroutounian pour le rendre immortel.