Calico Joe – John Grisham

En cherchant un deuxième livre pour le #23BookClub je voulais en trouver un disponible partout, pas trop cher, en français, et si possible sur un autre sport que le basketball. Je suis donc tombé un peu par hasard sur « Calico Joe » et je ne regrette absolument pas de vous l’avoir proposé pour cette lecture commune mensuelle. Ce roman est une fiction tellement bien écrite qu’elle pourrait passer pour vraie. Ellle mêle savamment des personnages et des équipes réelles à ceux créer de toute pièce.

Le livre s’ouvre sur un avant-propos ou l’auteur explique les fondamentaux des règles du baseball. Exercice complexe mais réussi car il ne cherche pas à apprendre au lecteur l’intégralité des subtilités de ce sport, mais plutôt ce qu’il sera nécessaire de comprendre pour apprécier ce livre à sa juste valeur. Grisham décide astucieusement de prendre des exemples concrets en vous décrivant une partie fictive. Je n’aurais pas rêvé mieux comme introduction pour le premier livre sur le baseball proposé pour le #23BookClub. Le seul bémol c’est la traduction pour moi excessive de tous les termes du baseball comme on peut le retrouver au Québec. Pas de Shortstop mais un « arrêt-court », pas de strike mais une « prise », etc…

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Je profite de ma chronique pour dire que la quatrième de couverture n’est pas très claire et même erronée. En effet on peut y lire « Que s’est-il passé en 1973, durant le match de baseball qui opposa les Mets à une petite équipe de l’Arkansas dont le lanceur prodige, « Calico Joe » venait de pulvériser tous les records ? » Deux erreurs donc : 1) les Mets jouent contre les Chicago Cubs qui n’est pas une petite équipe mais plutôt une équipe légendaire et Chicago n’est pas dans l’Arkansas mais dans l’Illinois. 2) Calico Joe n’est pas lanceur pour les Cubs mais première base. Le livre aurait parlé de football je suis certain qu’on aurait pas eu droit à de telles erreurs…

L’histoire est donc celle de Paul Tracey qui apprend que son père Warren, ancien lanceur pour les Mets de New York, souffre d’un cancer du pancréas et qu’il n’en a plus pour très longtemps. Paul va donc s’interroger sur le comportement qu’il va devoir adopter face à cette épreuve qui touche son père qui n’en a jamais été un. On va donc se plonger dans la jeunesse de Paul à l’époque où il été un gamin amoureux fou du baseball mais maltraité par un Warren alcoolique et sportivement en déclin. Nous sommes donc au cœur des années 70 quand un concours de circonstance amène les Cubs à appeler Joe Castle alors en ligue mineure (une division inférieure servant à donner du temps de jeu aux jeunes en développement) pour jouer en première base. Joe va, en seul match, s’attirer tous les regards du pays et en particulier celui du jeune Paul. Castle va pulvériser tous les records d’un joueur débutant dans la grande ligue et tous les journaux ne vont parler que de lui.

Au grès de ce récit captivant, nous sommes interrompu par la quête que Paul, devenu adulte et père à son tour, mène afin de donner enfin un sens à la vie de Warren alors que celle-ci s’apprête à le quitter. Doit-il ressentir de la peine pour un homme qui le frappait ? Doit-il le pardonner ?

Quand on retrouve celui que tout le monde appelle Calico Joe (du nom de son village Calico Rock dans l’Arkansas, oui cette fois c’est bien l’Arkansas héhé) il est déjà en train de bouleverser le classement de la ligue Nationale quasiment à lui tout seul. J’ai adoré ces passages où Paul nous parle de son rituel d’écouter les matchs à la radio en prenant note de tout ce qu’il se passe. J’aurais aimé être avec lui pour l’aider à découper les articles du journal de l’époque pour alimenter son album de collection.

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Bien sûr ce n’est pas vous bousiller la lecture de ce magnifique roman que de vous dire que Warren va finir par lancer une balle en pleine tête de Joe ce qui précipitera la fin de la carrière des deux joueurs. Non ce qu’il y a de plus intéressant et que je vous laisse découvrir c’est tout ce qu’il y a après cet incident. Les répercussions sur chacune de ces vies. Comment vit-on avec cette culpabilité ? Qu’est-ce qui a pu pousser à un tel geste ? Comment se remet-on d’une telle blessure ? Comment vit-on le fait de voir une carrière prometteuse s’envoler brutalement ?

Ce livre je l’ai lu en seulement quelques heures moi qui aime prendre mon temps en règle générale. J’ai été littéralement captivé par ce que je considère comme un chef d’œuvre. La fin est magnifique et pleine de sens. En plus de passer un excellent moment dans ces souvenirs d’un baseball passionnant, Grisham nous bouleverse au moment où l’on aimerait ne jamais voir cette histoire finir.

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BOYS OF SUMMER – Roger Kahn

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« Boys of Summer » est certainement le classique le plus connu et réputé de tous. Quand j’ai commencé à m’intéresser aux livres sur le baseball je concentrais mes achats principalement sur des bios de joueurs actuels ou des rétrospectives des saisons récentes. Puis petit à petit j’ai compris que dans la « littérature baseball » il y a des références que l’on se doit de lire. Avec « Ball Four » (que je n’ai toujours pas lu), « Boys of Summer » est INCONTOURNABLE.

Pourquoi? Sans doute pour la qualité de la prose, la nostalgie de l’époque, et enfin le thème: une des équipes les plus populaires de l’Histoire, les Brooklyn Dodgers de Jackie Robinson.

Ce livre est une autobiographie retraçant le parcours du jeune Roger Kahn de sa jeunesse à escalader les toits des maisons proches d’Ebbets Field pour y voir les matchs gratuitement, à son accession au titre de journaliste sportif couvrant son équipe préférée.

Le seul bémol que j’émettrais sur « Boys of Summer » c’est cette partie consacrée à l’adolescence avec notamment un passage un peu gênant avec la femme de maison et quelques longueurs dans sa relation avec son père. Il y a certains passages où l’auteur s’écarte trop longtemps du thème du baseball et cela m’a un peu dérangé. Ce n’est que mon avis bien sûr et à la vue des autres critiques de ce livre ça n’a pas l’air d’avoir perturbé la majorité des lecteurs.

L’ascension de Kahn dans le monde du journalisme jusqu’à sa consécration en tant que spécialiste des Dodgers est vraiment prenante! Au passage on y découvre des particularités du journalisme de l’époque qui font raisonner en nous les bruits des vieilles machines à écrire. L’auteur arrive à nous faire vivre sa découverte des coulisses de l’équipe de Brooklyn dès le stage de pré-saison comme si on l’accompagnait dans cette étape.

Ce qui est encore plus plaisant c’est la description de la complicité qui naît rapidement entre lui et les joueurs. Les discussions accoudés aux bars des hôtels dans lesquels l’équipe séjourne, les entretiens après les matchs… Si aujourd’hui à l’heure de l’Internet 2.0 on a les nouvelles en même temps qu’elles se produisent par des sources extrêmement variées, ici on comprends bien l’importance du journaliste quelque fois confident d’autre fois ennemi. Un article pas très complaisant sur un joueur, une révélation sur un sujet qui devrait rester entre eux et il pouvait faire une croix sur leur relation. Ainsi on apprend certaines choses sur le comportement des joueurs qui ne pouvaient être écrites dans les journaux de l’époque mais qui nous permettent maintenant de mieux cerner les différentes facettes souvent moins lisses qu’elles apparaissaient.

Enfin, Kahn a tenu à retrouver ses idoles et anciens confidents bien après la fin de leur carrière pour nous raconter ce qu’ils sont devenus. Une manière d’insister sur l’immensité de leur parcours de joueurs contrasté par un retour vers un relatif anonymat.

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PITCH – Fox

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Une jeune femme de 23 ans au poste de lanceur titulaire dans une équipe de MLB (ligue américaine de baseball), serait-ce un jour possible ? C’est ce que « Pitch » nous propose de suivre dans cette série actuellement diffusée aux Etats-Unis sur la chaîne FOX. Autant vous le dire de suite, « Pitch » remporte un vif succès outre-atlantique, la critique le désignant comme un successeur de « Friday Night Lights » qui reste pour moi la meilleure série sur les sports US de tous les temps. Pourquoi un tel succès ? Voici quelques éléments de réponses.

Si vous suivez attentivement le baseball vous avez dû entendre parler en 2014 du parcours de Mo’ne Davis une adolescente évoluant en Little League (la plus grosse compétition de baseball chez les enfants) notamment son match joué dans son intégralité (très rare au poste de lanceur)  sans accorder le moindre point à son adversaire. Elle a ensuite eu droit à la couverture d’un numéro de Sports Illustrated ainsi qu’au titre d’athlète féminin de l’année par un ensemble de journalistes. Après avoir découvert Davis, le monde du baseball, étendu à celui du sport dans sa globalité, a commencé à s’interroger sur la possibilité de voir évoluer des femmes dans les ligues majeures que l’on imagine réservées exclusivement aux hommes.

L’été suivant, en 2015, une note du site MLB.com annonce que Mélissa Mayeux, une joueuse de baseball FRANCAISE qui plus est, est éligible à la draft. Le débat ne se fait que plus grand et les journalistes multiplient les articles sur la question. C’est donc dans ce contexte, en 2016, que FOX décide de commander « Pitch » sentant sans doute une demande du public pour une série de fiction permettant de donner vie à ce fantasme.

L’histoire commence donc le jour de la première titularisation de Ginny Baker (Kylie Bunbury) membre des San Diego Padres contre les Los Angeles Dodgers. Le partenariat avec la MLB aide à plonger le spectateur dans ce monde parallèle qui se déroule en même temps que le notre, l’action ayant lieu en 2016. Je suis certain que s’il s’agissait d’équipes fictives l’ambiance aurait été nettement moins immersive. Le spectateur a donc droit au visuel officiel d’une véritable retransmission d’un match sur la FOX (bandeau d’information déroulant, présentateurs,…) ce qui terminera de captiver les derniers réfractaires.

Bien sûr, si je vous raconte ce qu’il se passe lors de cette première rencontre vous allez m’en vouloir pour la nuit des temps, donc je vais tâcher de vous dévoiler d’autres aspects intéressants de la série sans vous « spoiler ».

Sachez que l’actrice choisie est bien à l’aise dans son personnage qu’elle sait rendre crédible. Elle est entourée de Mark-Paul Gosselaar que tout le monde connaît pour avoir tenu le rôle de Zack dans « Sauvé par le gong » dans les années 90. Il y incarne ici Mike Lawson un catcher (receveur rattrapant les balles du lanceur) All-Star très charismatique. C’est sans doute là aussi une des force de « Pitch », nous proposer un casting où l’on sent que chaque personnage va tenir une importance dans cette histoire. Que ce soit le propriétaire, le GM, l’agent de Ginny, ou le coach, chacun semble posséder une profondeur exploitable qui nous intrigue. La richesse des personnages c’est sans aucun doute l’atout numéro un ayant contribué au succès de Friday Night Lights.

La série est également très bien filmée. On se retrouve ainsi directement happé dans d’immenses stades tout comme dans l’intimité d’un vestiaire pro. Les retours en arrière sur la jeunesse de Ginny sont savamment dosés et n’apparaissent pas à un rythme intempestif comme dans d’autres séries utilisant ce procédé.

On retrouve aussi un peu d’humour avec un personnage un peu gaffeur, des histoires sentimentales, de l’action avec les scène de jeu, bref le mélange idéal.

Vous l’aurez compris, la magie opère très vite avec « Pitch ». C’est l’occasion pour pas mal d’entre vous de regarder cette série en couple car elle pourra plaire à tout le monde. Bien sûr le fan de baseball et de sports américains va y retrouver toutes ses références favorites, mais la série sait conquérir le cœur du spectateur lambda.

En attendant de pouvoir découvrir cette série en France rapidement, je vous conseille donc vivement d’essayer de mettre la main dessus. 8 épisodes ont déjà été diffusés à l’heure de ses lignes. Deux autres le seront avant les fête de fin d’année.

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QU’EST-CE QUE TU PENSES DE TED WILLIAMS MAINTENANT? – Richard Ben Cramer

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Pourquoi ? Pourquoi ais-je pu trouver ce livre parfaitement au hasard en fouillant dans l’étagère sport de la Fnac tout près de chez moi ? Pourquoi CE livre est-il traduit en français et pas un autre comme celui de Zack Hample par exemple ?
Si la traduction en français peut s’expliquer par une réelle demande Québécoise pour les livres sur le baseball, sport très populaire là-bas, le prix en Euros imprimé au dos de ce livre démontre bien qu’il est à la base prévu pour une clientèle française.

En rédigeant ce post je viens de m’apercevoir que je n’ai jamais eu autant d’interrogation autour d’un livre mais que je n’avais clairement pas posé la question à qui de droit. Je vais donc dans les jours prochains envoyer un mail aux Editions du sous sol / Desports puis revenir vers vous dès que j’aurai une réponse. J’ai également pu voir qu’ils avaient édité un livre intitulé « Jack Kerouac Halfback » et qui semble revenir sur la carrière sportive de l’écrivain. A lire donc…

En attendant MERCI, MERCI et MERCI ENCORE pour cette initiative et si je me demande pourquoi ce livre, ce n’est pas pour dire que je ne suis pas heureux de l’avoir trouvé, mais plutôt pourquoi n’a-t-on pas droit à plus de livres sur le baseball disponibles ?

En tout cas voici un ouvrage que je vous recommande car il se lit hyper vite et avec grand plaisir. On y découvre un surdoué de la frappe au travers de courts chapitres de 3-4 pages maximum car il s’agissait en fait d’un article publié dans le magazine « Esquire ». Au milieu, de superbes photos en noir et blanc aident à identifier celui que Boston aura sans doute plus aimé qu’un certain Babe Ruth et dont l’aura plane toujours au-dessus de Fenway Park.

Ce livre revient notamment sur sa participation à la Seconde Guerre Mondiale dans l’aviation américaine l’empêchant d’accroître un peu plus son prestige dans le livre des records de la ligue. Essayez d’imaginer Bryce Harper ou Mike Trout (deux des plus grandes stars actuelles de la MLB) interrompre leurs carrières pour partir en Iraq de nos jours…

On y découvre aussi un inconditionnel de la pêche allant même jusqu’à se demander s’il ne préférait pas les poissons aux homeruns.

Foncez vous procurer ce livre. Vous découvrirez de manière originale une légende du sport américain et vous encouragerez aussi la publication d’ouvrages sur le sujet.

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WATCHING BASEBALL SMARTER – Zack Hample

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Zack Hample est avant tout connu aux Etats-Unis pour être le plus grand collectionneur de balles de baseball « game-used » c’est-à-dire ayant servies dans une rencontre officielle. Il a une série en cours de plusieurs centaines de matchs consécutifs auxquels il assiste et repart avec au moins une prise. Au cours de sa « carrière », il a ainsi attrapé des balles très prisées comme celle du 724ème Homerun de Barry Bonds qui établissait là un record. Sa popularité grandissant il s’est mis à écrire un guide permettant à tout le monde de tenter de l’imiter en donnant de précieux conseils. Il en est maintenant à trois livres, Watching baseaball smarter étant le deuxième. Il propose dorénavant ses services si vous souhaitez assister à un match sur le sol américain, il peut vous accompagner, vous garantissant de repartir, tout comme lui, avec l’objet tant convoité par tout spectateur de baseball.
Si je vous parle de ce livre c’est parce qu’il est à la portée de tous, experts comme débutants (c’est même écrit sur la couverture). Très bien organisé, il commence par les bases expliquant le déroulé d’une saison de Major League Baseball, pour enchaîner sur le jargon et les spécificités techniques vous permettant au mieux de saisir ce qu’il se passe sur le terrain.

Toujours très détaillé, ce livre propose un véritable éventail des différentes techniques de frappe à la batte, les différents lancers, comment les réaliser, leurs effets, le tout richement illustré.

Ensuite, il aborde de manière subtile, en se référant à chaque fois aux règles du jeu même les plus méconnues, les nombreuses particularité du jeu à la course (oui oui on court au baseball) ainsi que des différents postes du jeu. Vous apprendrez par exemple pourquoi le joueur de première base n’a pas le même gant que le joueur de champ extérieur.

Tout vous énumérez ici serait vraiment trop long mais sachez que toutes interrogations trouveront une réponse. Vous ne regarderez plus un match de baseball comme avant, et si vous n’en aviez jamais vu avant, eh bien vous aurez drôlement envie d’en voir un… vite !

Hample vous parle bien sûr des statistiques qui effraient tant nous autres européens habitués à la simplicité du football. Sa manière d’aborder la chose est tellement pédagogique que si vous ne comprenez pas avec lui, je ne vois pas qui saura vous aider.

Les différents stades (aucun n’est construit de la même façon ni n’a les mêmes dimensions), les accessoires, les traditions, TOUT. Tout est dans ce livre et ce n’est pas pour rien que j’ai choisi celui-ci comme premier ouvrage sur le baseball à vous présenter.

Bien sûr il existe d’autres livres ayant pour but de vous expliquer le baseball, mais aucun ne le fait aussi bien et de manière aussi simple que celui de Zack Hample.

Pour ceux qui n’ont pas confiance en leur anglais, le langage utilisé est semble de compréhension, et il y a même un lexique à la fin qui prends le temps de revenir sur les mots les plus complexes.

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