Kobe Bryant et son nouveau projet

51p78ej1-ul._sx332_bo1204203200_Après avoir transformé sa lettre d’adieu Dear Basketball en un film d’animation récompensé aux Oscars, après avoir lancé la série Detail sur ESPN où il décortique la NBA, et après avoir écrit le bestseller (aux US puisque pas encore sorti en France) Mamba Mentality, on apprend, dans le numéro 221 du magazine SLAM, que Kobe Bryant s’apprête à sortir un nouveau livre intitulé The Wizenard Series: Training Camp.

Alors là je vous sens venir, vous allez me demander: « ça parle de quoi son truc là? ». Je vous connais bien hein? Et bien sachez qu’il s’agira d’un titre qui appartient au genre Jeune Adulte (ou Young Adult en VO) dont le scénario imaginé par l’ancien Laker peut-être décrit comme la rencontre entre les mondes de Harry Potter et du basket. L’action se passera à Dren dans un univers fantastique appelé Granity où l’on suivra le Professeur Rolabi Wizenard qui se chargera de transformer des ados en plein doute en une équipe hyper forte.

Si Bryant est au scénario, l’écriture, elle, est l’oeuvre de Wesley King déjà connu pour ses succès dans le Young Adult. Kobe avoue s’être inspiré de son parcours personnel et notamment de ses jeunes années à Philadelphie, de ses rencontres en NBA (co-équipiers, coachs) mais aussi de son Disney préféré: Mary Poppins.

Selon Kobe, « dans [ce livre], on essaye d’apprendre aux enfants, grâce à Wizenard comment appréhender leur émotions internes — la gentillesse, la méchanceté, l’indifférence. On leur apprend la compassion, l’empathie, une éthique de travail et l’attention au détail. C’est comme cela, je pense, que l’on devrait raconter des histoires. »

Le futur Hall of Famer avait ce livre en tête depuis plusieurs années maintenant et, s’il a rencontré quelques difficultés pour trouver un éditeur malgré sa renommée et son précédent succès en librairie, il dit ne pas se soucier des ventes car l’objectif est ailleurs. « Pour moi, Wizenard est déjà un succès. C’est différent du sport. En sport l’objectif est de gagner un titre. Avec ce projet, si une personne touche ce livre et est profondément impactée, alors c’est un succès. »

Les premiers retours que j’ai pu trouver sur internet ont l’air unanimes: le livre est génial. Si le genre vous plait (doit certainement y en avoir parmi vous qui ont lu Harry Potter quand même) ou si vous êtes curieux, vous pouvez vous procurer Wizenard en VO ou prier pour qu’un éditeur Français décide de nous sortir ça un jour.

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LeBron James, L’ÉLU – Luca Mazzella

41xqg2nt0pl._sx318_bo1204203200_Mareuil Edition nous a habitué à du lourd. Du très lourd même avec « Les Suns à la vitesse de la lumière » précédé par l’incontournable « Jordan la loi du plus fort ». Et si j’étais heureux de voir apparaître la première bio de LeBron en français (traduction de l’œuvre originale de Luca Mazzella) je ne vous cache pas ma déception au fur et à mesure que je lisais le livre. Vraiment ça m’ennuie de dire du mal d’un livre surtout concernant ma « niche » du basket US mais là, même si on doit encore saluer l’initiative de l’éditeur de nous proposer un nouveau livre sur notre sport favori, j’aurais aimé qu’il en choisisse un autre.

Pourtant tout commençait bien. Le début du bouquin est génial, on en apprend vraiment beaucoup sur la jeunesse du prodige d’Akron. Cette partie était vraiment pour moi indispensable pour une bio qui sort alors que le joueur est encore en activité. L’auteur a dû multiplier les recherches et cela aboutit à d’excellents passages instructifs.

La partie Draft / Summer League / Première saison est là encore une réussite. Les coulisses de ces évènements ont été étudiés et bien reportés. L’auteur s’attarde par exemple sur l’importance du rôle de Paul Silas, son premier coach NBA, dans l’intégration du Rookie phénomène. Pas une chose facile quand les médias vous scrutent depuis que vous êtes au lycée.

Puis on en arrive à la partie laborieuse du livre. Mazzella retrace la carrière du King en mode baskétix fan de boxscore. Plus aucun inside, l’écriture est fade et on se contente de résumés de matchs choisis un peu au pif ça et là en fonction des gros cartons offensifs de James. L’auteur nous gratifie des commentaires TV de l’époque mais ça n’apporte pas grand-chose. Là où on aurait aimé des indiscrétions de couloirs, des témoignages de co-équipiers, on doit se contenter de la vision de fan de l’auteur. En plus de cela la qualité de la traduction n’est pas au rendez-vous sans vouloir être méchant. Par exemple, on parle de 60 « interceptions » au foot US en une saison ce qui est doublement improbable : il jouait en attaque (WR) et 60 est un chiffre inatteignable pour n’importe quel défenseur, on ne dit pas « à l’All Star Game » mais « au All Star Game ». Cela peut passer pour un détail mais encore une fois c’est un exemple parmi tant d’autres d’une traduction trop littérale et pas assez proche du véritable langage propre à cet univers. Et l’air de rien ça m’a rendu la lecture pénible.

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Vraiment c’est à regret pour moi que d’écrire une telle chronique car je tiens absolument à promouvoir le plus possible les livres sur le basket en France mais je suis aussi tenu à un souci d’honnêteté. Je ne peux pas vous dire de foncer les yeux fermés sur ce bouquin. Toutefois je peux le recommander aux fans inconditionnels de LeBron qui aimeront revivre ses plus beaux moments. Cela peut aussi intéresser les plus jeunes qui n’ont connus LeBron que sur le tard (à partir de Miami ou après son come-back aux Cavs).

Mon histoire avec la NBA – George EDDY

mon-histoire-avec-la-nbaAttention : cette chronique manque totalement d’objectivité, étant un énorme fan de celui que je considère comme le maître du basket en France. J’assume pleinement. Personne ne connait mieux le basket mondial que lui. Cette partialité vient du fait qu’après les magazines qui ont forgé mon éducation NBA j’ai été élevé aux matchs commentés par ce monument de la TV française.

Pour faire simple, si vous avez la trentaine comme moi, vous n’avez aucune excuse, je dis bien aucune, pour justifier l’absence de ce livre dans votre bibliothèque. Même si vous n’avez pas de bibliothèque. Vous pouvez même acheter une bibliothèque rien que pour ce livre tiens.

Construit de manière très intelligente, ce bouquin nous permet de retracer la vie personnelle de George Eddy en même temps que l’évolution chronologique, décennie par décennie, de la NBA. Dans un premier temps on plonge dans la jeunesse du plus français des américains. Je ne me risquerai pas à essayer de vous la retranscrire pour deux raisons : la première c’est tout simplement pour préserver l’intérêt du livre, la deuxième c’est pour respecter la douceur avec laquelle George parle de ses parents et du modèle éducatif qu’il a suivit. Si on le savait capable de nous transmettre un tas d’émotions en posant sa voix sur des images, il arrive à en faire de même en nous racontant simplement (ce n’est pas péjoratif ici) et tendrement son parcours qui le mènera de sa Floride natale à notre beau pays.

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Le temps passe trop vite au fil des pages. On a l’impression que George est là, dans notre salon, ou peu importe où vous lisez ce livre. Ses mots sont teintés de son accent qui fait de lui un personnage charismatique, attachant et inoubliable. Passé son parcours de joueur professionnel (sans doute sous-côté) et son intégration audacieuse  au sein de la première chaîne payante française, on en arrive au gros morceau. L’histoire de la NBA à travers ses yeux. Des yeux de fans (où l’on apprend que son idole était Wilt Chamberlain), puis de journaliste. En plus de nous retracer les exploits purement sportifs il prend le temps de s’attarder sur ce qui a fait grandir le succès de la NBA en France. Les venues de Magic, Jordan et Jabbar pour lesquels il servit d’interprète (et même plus pour Jordan) en sont des exemples flagrant.

Pour les plus nostalgiques d’entre vous, vous parcourrez ce livre avec des images de matchs ou d’émissions de Canal+ qui vous reviendront. Et quand je parle de nostalgie, je ne parle pas de celle qui fait de nous des gens aigris face à ceux qui certifient que LeBron est le GOAT (les pauvres), mais de ce sentiment apparenté à l’amour. L’amour du temps passé. Ce temps où chaque image nous parvenant se gravait automatiquement dans notre mémoire. Plus difficile forcément aujourd’hui d’en faire de même face au flot, au torrent, d’highlights, articles,  et matchs disponibles. Ou alors mon cerveau se ramollit.

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Il est ainsi amusant de découvrir que même George est passé par l’étape « ponçage » de VHS. Pour ceux qui ne savent pas de quoi je parle, il faut savoir qu’avant l’époque du tout numérique, il existait ce que l’on appelle des cassettes vidéo (VHS) où étaient enregistrés des matchs ou autres documentaires. Ces cassettes fonctionnaient avec une bande qui s’usait avec le temps car, si elle défilait pendant la lecture, il fallait la remonter (rembobiner) pour regarder à nouveau. A mesure que la bande s’usait, les souvenirs, eux s’ancraient en nous. De ces souvenirs il reste des images bien sûr mais aussi des voix. Éternelles. Comme le mythe qu’est devenu George Eddy.

Ce livre c’est un cadeau. Un cadeau fait à toute cette génération, ma génération. Alors merci Talent Sport. Et surtout merci George.

En attendant qu’une autre opportunité lui soit donnée de pouvoir proposer un programme NBA pour la France (il le fait toujours pour Canal+ Afrique) je continuerai de patienter avec mon League Pass. La NBA c’est avec un accent sinon rien…

Basketball & Cie – SHEA SERRANO


61kwt193ojl-_sx258_bo1204203200_Nouvelle collaboration avec Trashtalk pour cette chronique sur le livre qui m’a le plus diverti depuis un moment. Un univers que j’adore. Je vous renvois donc directement vers mon avis disponible sur leur site en cliquant juste ici: là oui oui là!

N’hésitez à liker, Retweeter ou tout simplement à donner votre avis à la suite du tweet ci-dessous:

Merci encore à Alex pour sa confiance! Clique ici pour te rendre sur sa chaîne TuTube légendaire!

HANGTIME – Kevin Haroutounian

Merci ! Merci à Kevin Haroutounian d’avoir écrit ce livre. Que dire de plus ? Pas besoin d’essayer de vous convaincre de vous plonger dans ces pages surtout si vous êtes né avant les années 90. Il vous est IMPÉRATIF de le lire.

Les images défilent dans votre tête. Celle qui collent à la narration de l’auteur bien sûr, mais également celles qui se raccrochent à votre jeunesse, vos souvenirs. Elle est là la magie de « Hangtime ». Suspendre le temps qui passe pour nous permettre de nous replonger en enfance l’instant de quelques 200 pages de nostalgie. Une véritable envolée mélancolique. Une ode au basket des années 80-90 et surtout au plus grand joueur de tous les temps : Michael Jordan.

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Comme j’ai pu le témoigner directement à celui qui est plus connu sur la toile sous le pseudo de Clutch23, ce bouquin est tout simplement celui que j’aurais aimé écrire. Il réussit avec aisance à retranscrire la naïveté du monde pré-internet. Celui où les nouvelles sur la NBA nous arrivaient vieillies de plusieurs jours. Celui où l’imagination devait fonctionner à plein régime pour se représenter l’univers onirique du basket américain. Celui où l’on rendait visite quotidiennement au marchand de journaux dans l’espoir d’y trouver le nouveau numéro de son magazine spécialisé favoris. De SES magazines même. Car un seul ne suffisait pas à étancher notre soif de NBA. C’est d’ailleurs grâce à la presse papier que Haroutounian fait la connaissance de ce que va devenir une obsession pour lui : MJ.

Les plus anciens se souviendront de ces échanges de cassettes vidéo de matchs enregistrés sur Canal+, les plus jeunes s’étonneront de ce trafic à l’heure où tout est accessible avec deux mouvements de pouce. Dans ce livre tout y passe : le minitel, les cartes à collectionner, les jeux vidéo, les galères pour commander des articles aux couleurs de notre équipe favorite, les premières sneakers qui débarquent en France… Si la nouvelle mode actuellement est aux voyages organisés centrés sur des rencontres NBA, celui qu’entreprend Kevin pour voir son idole n’en ressort que plus pittoresque.

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Pour ma part j’ai aussi découvert qu’il existait une véritable communauté de collectionneurs de matchs NBA sous toutes leurs formes : VHS, CD, DVD, numérique. Certains matchs se vendant même à prix d’or. On apprend que l’auteur court après tous les matchs de Jordan et qu’il en existent curieusement des introuvables !

Ce livre se lit hyper vite. Il faut dire que la lecture est d’autant plus rapide qu’elle est rendue agréable par l’évocation de tous ces souvenirs qui nous parlent. On s’amuse à vouloir se trouver des points communs avec l’auteur, à lâcher des « aaaaaah oui je m’en rappelle » et des « oh la la, c’est vrai ». Enfin, il y a dans ce bouquin deux passages importants. Le premier cherche à expliquer pourquoi ce basket des années 80-90 doit être considéré comme l’âge d’or. Le deuxième met définitivement un terme au débat sur le GOAT avec des arguments qui changent de ce que l’on a malheureusement l’habitude de voir sur Twitter ou autres forums de discussion.

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Si nous sommes chanceux de pouvoir assister facilement aux exploits du basket actuel, le basket d’hier a la chance de pouvoir compter sur des gens comme Kevin Haroutounian pour le rendre immortel.

Stephen Curry, la révolution – Thomas BERJOAN

51ta-jlhrfl-_sx334_bo1204203200_Les Editions Marabout ont été très actives en ce début d’année 2018, nous offrant coup sur coup, à un mois d’intervalle, le livre #Trashtalk et ce petit bijou de Thomas Berjoan. Car oui, très peu de suspens ici, ce bouquin est un must-read comme on dit aux States des États-Unis d’Amérique.

J’aimais déjà le travail du journaliste (notamment dans le regretté BAM : BasketNews AMérica) j’attendais donc avec impatience de découvrir celui de l’auteur dès l’annonce sur Twitter de la sortie de cette biographie.

Si quelques uns se sont demandés, et se demandent encore peut-être, pourquoi une biographie sur Curry maintenant alors qu’il est encore loin de la fin de sa carrière, la réponse me paraît naturelle : et pourquoi pas ? Pourquoi ne pas découvrir la trajectoire fabuleuse de ce génie du shoot (et du travail) alors même qu’il continue à écrire son histoire ? Pourquoi attendre ? Pourquoi passer à côté d’éléments qui pourraient vous faire changer d’avis sur le personnage (je parle aux haters là) ou vous faire prendre conscience de la chance que vous avez de pouvoir admirer un phénomène en plein prime ? Je dois avouer faire partie du groupe de gens qui trouvent Curry arrogant par sa nonchalance. Le voir courir les bras le long du corps m’exaspère par exemple. J’avais donc bien besoin de me plonger dans ce bouquin.

Un petit mot très rapide tout d’abord sur la qualité matérielle du livre. Couverture souple semi-rigide avec un rabat comme on peut retrouver dans les mangas. Rien que ça, c’est une preuve que l’éditeur ne prend pas les ouvrages basket à la légère et donc pour moi c’est un grand oui ! Bravo mesdames messieurs de chez Marabout. On note aussi la présence d’un carnet central de 4 pages de photos couleurs (enfance, trophée, shoot, chaussures…).

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Le contenu suit logiquement une trame chronologique en s’attardant quelque peu sur les parents de Curry, comme l’a fait Roland Lazenby dans ses bio de Jordan et Kobe, sans pour autant rentrer trop dans le détail. Le dosage idéal quoi. Une enfance peu banale pour Stephen, bercé dans le monde fantastique de la NBA grâce au parcours de son père Dell. Au lieu de se contenter d’être le « fils de », cette immersion dans la plus grande ligue du monde aura été une source de motivation ultime pour la future coqueluche des Warriors.

Oui on va suivre son parcours en faculté. Oui on va voir que ce n’était pas toujours facile et même parfois très dur vis-à-vis des a priori liés à son physique. Mais ce qui m’a plu dans ce livre c’est le travail de documentation qu’a fait l’auteur. Il a dû chercher toutes les interviews, lire tous les livres (dont «Golden » de Marcus Thompson), voir tous les reportages possibles et imaginables sur Curry. Ce travail n’a pas concerné que le côté stats-trophées-business ni ne s’est limité à l’entourage proche du joueur (famille, agent, amis). Je prends l’exemple du passionnantissime (oui je sais ça n’existe pas mais je fais ce que je veux c’est mon blog) chapitre 8 qui parle d’un sujet qui m’est cher en tant que kiné (car oui je ne gagne pas ma vie avec Page 23, je sais c’est incroyable) : le travail physique « off the court ». Berjoan a donc retrouvé les témoignages du coach Brandon Payne et de Keke Lyles le directeur de la performance des Warriors. Quelle claque ce chapitre ! Je peux rien vous dire de plus. Lisez-le.

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Il faut dire que deux chapitres avant j’avais déjà pris un revers avec l’abord du thème de la jalousie. Vous savez ? Les haters. Cette partie du livre a été capitale pour moi, elle m’a ouvert les yeux sur la perception que j’avais de Curry. Je le détestais parce qu’il faisait tout paraître trop facile. Et ça, comme c’est très justement expliqué par l’auteur, on peut l’accepter d’un monstre physique comme LeBron ou d’un génie du vol en haute altitude comme Jordan. Mais de la part d’une chétive crevette à peine plus grande que moi avec trois poils au menton ça énerve. Curry ne doit sa place qu’à son acharnement pour le travail. Il n’est pas né avec des prédispositions surhumaines. Tout comme le spectateur moyen. Mais lui il a bossé. Plus dur que n’importe qui (faîtes que Kobe Bryant ne lise jamais cette phrase pitié pitié pitié). Et inconsciemment c’est le fait de devoir accepter que cette différence entre lui et nous ne se base que sur le travail qui nous pousse à le détester.

Le reste de cette bio est tout aussi intéressant et complet puisqu’il est même question de sa carrière internationale en toute fin du livre. C’est le bouquin idéal pour vous suivre à la plage cet été, surtout maintenant qu’il vient de gagner un troisième titre. J’avais peur de tomber sur un livre-magazine comme la récente mise à jour de la bio de Parker, mais le style d’écriture est vraiment trèèèèèèèès proche de ce que font les américains.

« Jamais deux sans trois » comme dit l’adage. J’attends donc avec impatience le troisième sort lancé par Marabout.

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Dream Team (Ahiru no Sora) – Takeshi Hinata

Je vous invite à lire ma chronique sur ce manga exceptionnel sur le site de Trashtalk (il suffit de cliquer ici) avec qui j’ai collaboré pour l’occasion. À noter que l’on devrait bientôt avoir droit à une adaptation en animé, alors si j’étais vous je prendrais une longueur d’avance.

N’hésitez pas à RT et liker leur petit Tweet juste ici sur le sujet ou bien encore à y répondre directement.

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Vous pouvez aussi checker ma vidéo sur Tutube 😉

#Trashtalk

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La date n’a certainement pas été choisie au hasard pour la publication du premier livre de Trashtalk. En effet le 14 février dernier sortait  « le livre jaune » dans toutes les librairies, un véritable cadeau pour tous les amoureux du basket et sans doute envers l’une des plus grande communauté NBA issue de la toile. Sur les réseaux, je n’ai jamais vu un tel engouement pour un livre sur le sujet. Il se classera logiquement et en un temps record (avant même sa sortie officielle) tout en haut des ventes pendant plusieurs jours voire même semaines. Face à cet enthousiasme, cette frénésie pourrait-on dire, je vous avoue que j’ai ressenti une certaine satisfaction : oui les livres sur les sports US ont leurs places dans les librairies, et oui les gens lisent et achètent encore des livres en 2018.

Si les éditions Marabout ont fait le taff en m’envoyant gentiment un exemplaire dans les temps, je ne remercierai pas la Poste qui n’a pas su répondre favorablement à mon caprice : le recevoir au pire le jour de sa sortie. L’horreur pour quelqu’un d’impatient comme moi ! Mon feed Twitter était envahi de jaune. Du « Gérard » et du Javale partout. Chacun y allait de sa petite photo et en avant les RT. Les spoils sur le contenu étaient inévitables. Mais encore une fois quelle satisfaction de voir tout ça. Je n’ose imaginer ce qu’ont ressenti les membres de Trashtalk inondés de notifications en tout genre. L’aboutissement d’un gros travail.

Une fois en main la première chose qui saute au yeux c’est la réalisation hyper soignée. Un format moyen, une couverture à la fois souple et rigide et une palette graphique qui vous en met plein les yeux. De l’orange fluo en veux-tu en voilà. Le choix des photos n’est pas non plus ordinaire. Ainsi on va retrouver Allen Iverson sous le maillot de Besiktas, du Earl Boykins en pleine page, une Céline Dumerc sous le maillot d’Atlanta en WNBA et même un Dr J en train de siffler une binouze dans le vestiaire des Nets portant son maillot inside-out. Atypique. Mais comment ne pas s’attendre à un tel contenu quand on connaît un peu le fonctionnement des enfants de Gary Payton ?

Avant de me plonger plus attentivement dedans, j’étais tombé sur un tweet ou les auteurs se « justifiaient » d’une certaine ressemblance avec le récent livre « Basketball (and other things) » de Shea Serrano (que je suis en train de lire et qui sera donc prochainement sur le blog) tout ça parce qu’il était plus ou moins construit de la même manière : un ton satirique et sérieux à la fois sous forme de listes. Alors maintenant que j’ai pu comparer, je vous le dis tout de go (cf : « les expressions que plus personne n’utilise »), la polémique n’a pas lieu d’être. Oui les deux sont drôles, oui les deux reviennent sur plusieurs périodes et aspects du jeu, mais à la lecture il s’agit plus là d’une complémentarité qu’autre chose. Et comme l’a dit Trashtalk, le livre était déjà en cours d’écriture avant même la sortie de celui de Serrano. De plus là où « Basketball (and other things) » cherche plutôt à répondre à des questions avec un argumentaire plus ou moins objectif et raisonnable, #Trashtalk dresse des listes parfois folles, parfois sérieuses, mais toujours intéressantes.

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Ceci étant dit koikontrouve dans ce bouquin qui vaut la peine de l’acheter ? Pour les plus jeunes et pour ceux qui ont découvert la NBA grâce à BeIn Sports, vous allez vous enrichir de bases historiques qui font que les vieux comme moi râlent devant certaines actions (* tousse * flopping * tousse *) ou débats (qui est le GOAT ?). Et c’est là que l’idée de listes est originale. Car s’il avait été construit comme un livre historique classique, il aurait perdu quelques lecteurs en route. Là, si les infos sont au final distribuées un peu dans le désordre au grès des différents thèmes abordés, le jeune lecteur retrace, sans trop s’en rendre compte, l’histoire quasi complète de la plus grande ligue du Monde. Pour les enfants de Canal et George Eddy, un rictus va vous accompagner au fil des pages. L’effet nostalgie marche à fond. Beaucoup de référence au basket des années 90. Tough guys, castagne, répliques de légendes, et joueurs obscurs apparaissent ça et là tout au long du livre. Quel autre bouquin vous parlera de Jahidi White, Robert Traylor, Bison Dele, Tamika Catchings, Jason Caffey, Cedric Ceballos, et j’en passe ? Si la NBA est le thème central, TOUS les baskets sont évoqués. Féminin, Euro, Clubs, Equipe de France… Tout.

Bien sûr le livre est drôle, fantaisiste, et totalement à l’image du ton Trashtalk. Il est vraiment difficile de lui trouver des défauts. Allez je vais en citer un mais vraiment pour embêter alors. C’est une approximation à la page 110 concernant les pompes mythiques. Alors oui la Jordan XI est la plus belle de tous les temps (d’ailleurs la Concord ressort en fin d’année !!!), oui elle est bien dans Space Jam, mais non ce n’est pas celle qui accompagne le fameux « I’m Back ». Il s’agit de la Jordan X (ré-éditée le 19 Mars 2018 : https://www.nike.com/ma/fr_fr/launch/c/2018-03/air-jordan-x-retro-im-back) et tout est parti de Scottie Pippen ( checkez ça : https://www.youtube.com/watch?v=Y5T5CBCHrF8 ). Comment ? Si  Johnny Jesaistout et Marguerite Jemelapète sont des parents à moi ? Euh pas que je sache…

Bon vous l’aurez compris, si vous vous dites fan de NBA il est inexcusable de ne pas avoir ce livre chez soi ! En plus d’en apprendre beaucoup en s’amusant, il est idéal pour être ressorti entre potes durant les temps-morts et autres coupures interminables des soirées basket live. Barres de rire garanties et/ou maxi challenges en perspective.

On aime tous le basket, mais on n’a pas tous écrit une aussi belle déclaration d’amour

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PS :  Ce que réalise l’équipe de Trashtalk en terme de promotion est assez inédit dans le domaine du livre sur le basket puisqu’elle sillonne les FNAC des quatre coins de la France à intervalle régulier. L’occasion pour Bastien et Alex, principalement, d’aller à la rencontre de leur communauté. Surveillez leur Twitter pour savoir s’ils viennent bientôt chez vous. Encore une fois, c’est assez dingue, et surtout rassurant, de tomber sur des photos ou des stories rapportant les files d’attente pour s’arracher un bouquin sur le basket. Vous ajoutez à cela la multiplication des traductions de best-seller US et le tout est de bon augure pour ma passion !

INTERVIEW – LUCAS SAÏDI

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Vous le connaissez peut-être sous le pseudo de Mr. LK sur Twitter ( @SwitchtoLK ) ou comme intervenant dans le podcast « L’Echo des parquets », Lucas Saïdi m’a fait le grand honneur de se prêter au jeu de l’interview et je vous préviens dès à présent, ce qui suit est tout simplement passionnant!!!

Avant de rentrer dans le vif du sujet, je vous rappelle que son dernier livre « Les Suns, à la vitesse de la lumière » (traduction de « 7 seconds or less » de l’immense Jack McCallum) est actuellement disponible dans toutes les librairies et qu’il s’agit là d’un véritable chef d’œuvre (chronique à venir sur le blog). Alors sans plus tarder: leeeeeeet’s gooooo!

Bonjour Lucas, « A la vitesse de la lumière » est le deuxième livre dont tu es le traducteur après « Jordan, la loi du plus fort » tous les deux aux Editions Mareuil. Peux-tu nous dire combien de temps cela t’as pris pour traduire chacun de ces deux livres ?

Deux laps de temps très différents, en fait. En ce qui concerne le premier, je l’ai traduit en parallèle à mon année de Master 2, donc sur huit mois au total puisque je n’avais qu’une ou deux heures par jour à lui consacrer hors weekends. Pour celui-ci, j’ai pu travailler dessus au quotidien en complément de mes autres projets de traduction, donc facilement quatre ou cinq heures par jour, et la traduction a été bouclée en un peu moins de quatre mois.

Quelles sont les principales difficultés dans l’exercice de la traduction ?

Elles sont nombreuses, mais à titre personnel la plus difficile à intégrer reste le travail sur la relecture. La traduction est une discipline fondamentalement collective puisque tout travail doit être relu, corrigé, modifié, revu, repensé, et il m’est parfois difficile de faire des concessions sur des éléments auxquels je suis attaché, à tort ou à raison.

Si je devais pointer une dimension plus technique, ce serait sans hésiter le principe de cohérence : par exemple, si « je paie » a été orthographié avec un I, on ne pourra pas l’orthographier « je paye » avec un Y ailleurs dans le texte. C’est un exemple qui peut paraître anodin, mais puisque plusieurs personnes travaillent sur un même texte, ces problèmes d’unité peuvent facilement se multiplier et, sans sauter aux yeux du lecteur, se révéler insidieusement désagréables puisqu’ils fendillent petit à petit l’harmonie du texte. Cela peut être le cas pour de l’orthographe, comme je le disais plus tôt, mais aussi dans des choix de ponctuation ou du vocabulaire. Si vous avez décidé d’opter pour traduire « assistant coach » par « entraîneur assistant », vous ne pouvez pas utiliser « entraîneur adjoint » car les deux termes sont différents et donc susceptibles de générer une confusion. Ce principe de cohérence est absolument primordial, mais plus le texte est long, plus il se retrouve mis à mal et plus il faut être vigilant.

Est-ce que la traduction représente ton seul métier ou trouves-tu le temps de faire ça sur ton temps libre ?

C’est mon métier, oui, je traduis principalement des jeux vidéo. Sans réellement parler de temps libre, la traduction de livres est une partie très mineure de mon activité : c’est surtout un choix « plaisir », car les projets qui m’ont été proposés par Louis de Mareuil me plaisent énormément et que j’apprécie de pouvoir travailler avec lui, tout comme j’apprécie qu’il me donne l’opportunité de travailler sur des titres que je souhaiterais voir publiés. Pour synthétiser, l’enregistrement du podcast hebdomadaire « L’Écho des Parquets », c’est sur mon temps libre. La traduction des livres pour Mareuil Éditions, ça reste une partie intégrante de mon activité professionnelle car je dois refuser d’autres projets pour pouvoir m’y consacrer.

Est-ce que c’est toi qui est venu vers l’éditeur pour proposer ces projets ou l’inverse ? Peux-tu nous expliquer ces deux choix de livres ?

Au départ, j’étais entré en contact avec Louis de Mareuil quand il travaillait aux éditions Jacob-Duvernet, qui avaient publié le livre « Tony Parker, né pour gagner » d’Armel le Bescon. Je lui avais proposé le projet « Jordan Rules », en lui soumettant un petit sample de quelques pages traduites, et en expliquant ce qu’était le livre, ainsi que pourquoi je prêtais du potentiel à une traduction française. Malheureusement, les éditions Jacob-Duvernet étaient en difficulté à l’époque et le projet n’avait pas abouti. Mais quelques années plus tard, Louis a fondé sa propre maison d’édition et m’a proposé de relancer la piste « Jordan Rules », ce que nous avons fait pour le résultat que l’on connaît. Suite à la sortie de « Jordan, la loi du plus fort », il m’a proposé de lui soumettre une liste de titres au sein de laquelle il a pioché ce livre qui vient de sortir, un choix qui m’a bien évidemment ravi d’autant que je ne m’y attendais pas forcément.

Cette manière de fonctionner nous convient à tous les deux, mais il m’est arrivé par le passé de traiter de manière similaire avec d’autres éditeurs qui n’ont pas fait preuve de la même intégrité et qui ont, une fois la liste de titres en poche, confié les projets à d’autres traducteurs sans même me recontacter. Je suis content d’avoir trouvé un éditeur qui me fait confiance et à qui je peux faire confiance. Quand il prend la décision de sortir « À la vitesse de la lumière » ou quand il prend la décision de sortir « Jordan, la loi du plus fort », ce n’est pas parce qu’il se dit qu’il y a un marché sur le livre basket et qu’il faut absolument publier quelque chose, mais parce que les livres lui plaisent. Moi c’est pareil, si les livres ne me plaisaient pas, je resterais traduire des jeux vidéo. Publier des livres sans conviction, juste parce qu’on se dit qu’il y a un créneau à prendre, c’est le meilleur moyen de se planter.

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Saurais-tu nous dire pourquoi un classique et best-seller comme « Jordan Rules » (1992) n’a pas été traduit et édité avant ?

Je pense qu’on peut expliquer cette anomalie en retraçant l’évolution de la NBA en France. Quand le livre sort, et jusqu’à la fin des années 2000, la NBA reste un championnat assez confidentiel dans l’hexagone : peu de matches sont retransmis, ils le sont sur une chaîne payante et à des horaires extrêmement tardifs, donc naturellement, la couverture presse s’en ressent. BasketUSA vient tout juste de naître, et c’est sur minitel ! Même si Jordan est un personnage à l’aura mondiale, il est difficile à l’époque de concevoir la publication en France d’un livre aussi pointu tant il fait appel à des connaissances NBA dont seule une extrême minorité du public dispose. Avec l’arrivée d’internet, l’accès aux matches se fait plus facile, tout comme l’accès à des articles de presse américains, et public comme médias se forment peu à peu à avoir un regard plus poussé sur la NBA. Je pense donc que le public français n’était pas forcément mûr pour un tel livre avant la fin des années 2000, d’autant qu’une traduction coûte naturellement plus cher qu’un livre original et que même aujourd’hui, traduire un incontournable comme « Jordan Rules » reste un pari éditorial très risqué.

As-tu déjà songé à proposer une création originale après ces deux succès en tant que traducteur ? Si oui peux-tu nous en dire un peu plus (thème, avancement du projet) ?

Quand j’avais terminé mon mémoire de maîtrise sur Allen Iverson, j’étais extrêmement frustré d’avoir dû le confiner dans une centaine de pages et je souhaitais vivement en faire une version plus longue dans laquelle je pourrais aborder tous les éléments que j’avais dû occulter du fait du cadre dans lequel s’inscrivait le texte. Mais cela remonte déjà à plusieurs années, et je devrais me replonger plus en profondeur dans mon travail pour pouvoir le reprendre là où il en était si je voulais en faire quelque chose de plus ambitieux, d’autant que depuis, j’ai lu beaucoup d’articles et d’ouvrages qui m’ont fait revoir certaines positions énoncées dans le mémoire. Je n’enterre pas ce projet pour autant, mais pour le mener à bien il faudrait que je m’accorde un temps que je n’ai actuellement pas la volonté de prendre.

As-tu prévu de traduire un autre classique ?

Je suis toujours partant pour traduire des livres quand j’estime qu’ils méritent d’être traduits, ce qui inclut très logiquement des classiques. Un mauvais livre devient rarement un classique, donc si tu me demandes si j’ai envie de traduire de bons livres, je suis obligé de te répondre oui. Après, les livres que je préfère ne sont pas forcément des classiques à proprement parler, mais c’est le rôle de l’éditeur d’évaluer ce qui peut ou ne peut pas être traduit, pas nécessairement le mien.

Comment décrirais-tu le marché du livre de basket en France ?

Je manque probablement d’éléments de comparaison, mais je trouve que c’est un marché encore trop confidentiel, et je pense que c’est en partie dû au manque de personnages porteurs. Dans un numéro de « Reverse » spécial Jordan, Jacques Monclar expliquait que dans les années 1990, on ne pouvait pas mettre un autre joueur que Jordan en couverture, sinon les magazines ne se vendaient pas. Tu pouvais mettre Barkley ou Olajuwon, pas moyen de vendre. Même si on a beaucoup progressé à ce niveau-là, j’ai l’impression qu’on peine encore à dépasser ce stade. Pas uniquement par rapport à Jordan, mais de manière générale il est difficile de proposer des titres qui ne sont pas portés par un nom. Les sorties récentes sur le marché vont dans ce sens, avec Jordan, Bird, Magic, Iverson, Parker…  Même pour « À la vitesse de la lumière », si le livre se focalise sur une équipe et non un joueur, on sait pertinemment que Boris Diaw, le capitaine de l’équipe de France, fait partie des personnages principaux et c’est quelque chose qui compte.

Même pour le livre foot, c’est quelque chose qui compte. La différence réside dans le fait que la base de lecteurs potentiels est plus importante, et que tu peux compter sur des locomotives qui vont porter tes titres, par exemple le PSG. Depuis que le PSG cartonne, les livres pleuvent : Zlatan, Ancelotti, Emery, Cavani, Neymar… Peu importe le sujet, le livre peut sortir sans trembler puisque l’aura du PSG suffit à créer un intérêt autour de lui. Pour le basket, c’est plus compliqué : les allégeances envers les équipes sont bien plus diversifiées et il est difficile de trouver un joueur qui rassemble ou qui passionne à une échelle extra-basket.

Il faut pourtant réussir à chasser au-delà des frontières du seul public basket, parce que même s’il ne cesse de grandir, il reste trop réduit pour garantir à lui seul la réussite d’un livre qui parlerait de l’ABA ou du Fab Five de Michigan. Difficile donc de proposer des livres sans penser de manière plus large, ce qui passe par la présence de personnages porteurs, qui sont malheureusement assez rares.

Le basket est certainement en train de devenir le sport numéro deux en France cependant la présence d’ouvrages sur le sujet en librairie reste faible. Penses-tu que cela vienne du fait que moins de gens se tournent vers les livres ou que les éditeurs restent trop traditionnels et préfèrent miser sur le foot ?

Je pense que ça vient du fait que c’est un marché assez nouveau. La NBA ne fleurit réellement en France que depuis le rachat des droits de diffusion par beIN, ce qui reste très récent. Il faut donc se montrer prudent. L’édition dans sa globalité a fait l’erreur de se dire que comme le lectorat sport grandissait, on pouvait proposer beaucoup plus de titres, et elle en fait aujourd’hui les frais. Avec l’Euro 2016 en France, le marché a été inondé par les livres foot si bien que quasiment aucun livre n’a pu atteindre les chiffres qu’il s’était fixés. Sortir beaucoup de livres, c’est prendre le risque que le lectorat se répartisse sur ces différents livres, et qu’au final, aucun desdits livres n’y trouve son compte. J’aimerais bien entendu voir davantage de livres basket sur les étagères des librairies, mais je comprends la prudence des éditeurs face à un marché qui peine encore à se dessiner. Je parle ici de la NBA, les livres sur les basketteurs français comme « Une vie en suspension » ou « Je n’ai jamais été petit » s’adressent, je pense, à un autre lectorat.

Quant au fait que les éditeurs préfèrent miser sur du foot, on peut l’expliquer en partie par le nombre d’auteurs potentiels. Beaucoup de livres foot qui sortent en France sont écrits par des auteurs français, là où la majorité des sorties basket de ces dernières années consiste en traductions de livres américains. Or, la traduction a un coût, et c’est quelque chose qu’il faut prendre en considération dans un marché plus réduit que celui du foot. Je pense que si on disposait de Français capables d’écrire de bons livres NBA, les éditeurs miseraient bien volontiers sur eux, mais peut-on citer une plume de référence dans le basket français ? À part peut-être Jean-Sébastien Blondel, c’est difficile de trouver quelqu’un qui soit réellement considéré comme une référence.

Quel lecteur es-tu ?

À l’origine je suis surtout un lecteur de fantasy, mais plus les années passent et moins je lis de fiction. J’ai de plus en plus de mal à refermer un livre en me disant que je n’y ai rien appris, j’ai l’impression d’avoir perdu mon temps. Du coup, je lis surtout des livres qui traitent de domaines dans lesquels je souhaite parfaire mes connaissances, le sport bien entendu, mais aussi tout ce qui traite de la vie à l’étranger. L’œuvre d’un auteur comme Naipaul, par exemple, me fascine énormément. Je parlais plus tôt de mon mémoire sur Iverson, c’était un mémoire d’études culturelles, donc je lis encore fréquemment des ouvrages de cette discipline.

Ça va peut-être paraître étonnant, mais je préfère lire les livres en version française. Le français reste ma langue maternelle et je trouve plus agréable de lire en français, d’autant que par déformation professionnelle, j’ai du mal à lire un livre en anglais sans me dire « ça, je pourrais le traduire comme ça », ou « si je devais traduire ça, je ferais comment ? ». Cela étant dit, les livres qui m’intéressent ne sont généralement disponibles qu’en anglais, donc le choix m’est rarement laissé.

As-tu d’autres activités autour du basket?

Cela va faire bientôt cinq ans que je co-anime toutes les semaines le podcast « L’Écho des Parquets » de Basket Infos, et j’espère continuer encore longtemps. À mon grand regret je n’écris malheureusement plus du tout depuis quelques années, même si à chaque début de saison je me dis que cette fois-ci, c’est la bonne, que je vais tenir une chronique hebdomadaire, que je vais reprendre ma rubrique « Suns of Anarchy », mais non. Cela dit, je contribue toujours à la page Twitter @SunsFR, bien que là aussi, je me sois mis en retrait ces dernières saisons et que j’y passe désormais de manière épisodique. Je n’entraîne plus d’équipes de jeunes non plus, mais qui sait, peut-être reprendrais-je l’année prochaine.

Sam Smith a écorché l’image parfaite que pouvait avoir Jordan aux yeux du grand public dans son livre « Jordan La loi du plus fort » cependant MJ jouit toujours d’une image de légende voir de divinité. Comment expliques-tu qu’il ait pu surpasser la polémique née après la publication de ce livre ?

Je pense qu’il a pu s’en relever parce que, tout simplement, il était Michael Jordan. Tout ce qui a été révélé dans le livre demeurait lié au basket d’une manière ou d’une autre. Son côté autoritaire voire tyrannique, son égoïsme patenté, sa distanciation vis-à-vis du reste de la franchise, tout ça reste lié au basket. Et quand on parle de basket, le fait d’être Michael Jordan excuse tout. Au cœur de la tourmente après la sortie du livre, il a remporté deux autres titres, donc on serait facilement tenté de dire que la fin justifie les moyens. Là où son image a souffert en revanche, c’est suite à ses affaires de paris illégaux. Aux États-Unis, les paris étaient et demeurent très réglementés, et le fait d’être considéré comme un « gambler » est vraiment quelque chose qui peut salement écorner l’image d’un personnage public, fût-t-il Michael Jordan. Cet épisode a beaucoup plus joué contre lui que la sortie du livre de Sam Smith, parce qu’il n’avait plus rien à voir avec le basket. À partir de son premier three-peat, tout ce qui relevait de la sphère basket ne pouvait plus l’atteindre, il était devenu beaucoup trop fort pour ça.

Phoenix Suns v Los Angeles Clippers
Ceux qui te suivent savent que tu es fan des Suns. Qu’est-ce qui t’a fait aimer cette équipe et comment vis-tu cette période délicate de reconstruction ?

Les Suns, c’est la première équipe de basket que j’ai aimé en tant qu’équipe. J’ai toujours suivi les Sixers parce que j’étais fan d’Iverson, mais au-delà du joueur, ce que j’éprouvais pour l’équipe pourrait plus facilement être qualifié de bienveillance que d’amour à proprement parler. À Philadelphie, la magie c’était Iverson. Phoenix c’était au-delà de ça, c’était vraiment un univers dans lequel chacun se nourrissait de l’autre, où l’énergie et le talent de chacun contribuait à créer la magie. Et même au-delà de cette synergie, chaque joueur pris de manière individuelle était profondément attachant, je pense que ça se ressent bien dans le livre, d’ailleurs. Cette équipe tendait vers un idéal du basket, celui ou beau jeu et victoire se conjuguent au même temps, un spectacle visuel féérique que l’on associait normalement aux équipes olympiques américaines. Sauf que là, c’était bien réel et c’était toute la saison. Je pense que cette équipe des Suns fait partie des rares équipes envers lesquelles personne n’éprouve d’aversion, il faudrait toute la mauvaise foi du monde pour ne pas les apprécier.

Donc oui, forcément, la période que la franchise traverse actuellement tranche cruellement avec cette ère glorieuse. C’est une première dans l’histoire des Suns, jamais ils n’avaient été faibles pendant aussi longtemps. Je regrette quelques décisions prises par la franchise, mais je pense que désormais, elle vogue avec le bon cap. L’an dernier, c’était difficile d’apprécier ce qui était proposé à l’exception des prestations de Devin Booker, le seul à vraiment faire jaillir cette fameuse magie, mais désormais, on voit du jeu qui se met en place, on voit un groupe qui grandit, et je suis presque impatient d’être à la fin de la saison pour voir où on sera l’équipe tant elle franchit pallier après pallier chaque semaine.

Voir D’Antoni (un des personnage principal de « À la vitesse de la lumière ») exploser à Houston, un rival de la conférence Ouest, ne remue-t-il pas encore plus le couteau dans la plaie ?

Au contraire, rien ne me fait plus plaisir que de le voir réussir. C’est quelqu’un qui porte en lui des idées et des valeurs que je partage, et à cet égard je ne peux que sourire devant sa réussite. De la même manière, j’ai été content de voir Leandro Barbosa devenir champion NBA, j’ai été content de voir Shawn Marion devenir champion NBA, j’ai été content de voir Boris Diaw devenir champion NBA, j’ai été content de voir Channing Frye devenir champion NBA. J’aurais juste préféré qu’ils le soient avec Phoenix plutôt qu’avec Dallas ou San Antonio, mais la vie est ainsi faite. Je suis reconnaissant envers D’Antoni de m’avoir apporté ce qu’il m’a apporté, tout comme je suis reconnaissant envers Marion ou Frye. Je ne leur souhaite que le meilleur, et les voir heureux suffit à me rendre heureux.

Si tu avais la possibilité de vivre puis de nous raconter une saison au sein d’une équipe NBA, comme le fait Jack McCallum dans ton dernier livre, quelle franchise choisirais-tu ? Pourquoi et sur quoi chercherais-tu à mettre l’accent ?

Je pense qu’avoir la possibilité de mener pareille démarche au sein de l’équipe de Portland période Jail Blazers serait une expérience sans précédent, et donnerait un livre à la loufoquerie inégalée, mais je doute qu’il soit possible de la mener à bien dans un environnement aussi négatif. Je vais donc plutôt opter pour les Sixers de la saison 2014-15, qui est, à mon sens, l’une des équipes les plus attachantes de ces dernières années. Il y a quelque chose de profondément humain dans cette équipe qui a été le prototype du tanking nouvelle génération, avec un coach qui a dû toute l’année rassurer des joueurs qui étaient dans des situations précaires, mais qui est tout de même parvenu à proposer du jeu cohérent et une défense au-dessus de la moyenne malgré l’un des rosters les plus faibles de l’histoire de la NBA. Je pense qu’il y aurait beaucoup à apprendre sur la fragilité de chacun, puisque tous joueurs NBA qu’ils étaient, les Sixers de cette équipe devaient composer avec des inquiétudes bien plus terre-à-terre : la peur d’être viré, la spirale de l’échec, les moqueries du monde extérieur… Je suis sûr que si on pouvait passer un an auprès de cette équipe et écrire un livre à son sujet, on aurait un ouvrage vraiment marquant.

Comment attirer la génération BeIn Sport/NBA Extra (bercée par les images en temps réel) vers les livres ?

Je ne pense pas nécessairement qu’il y ait besoin de l’attirer. Le public qui s’est formé à la NBA suite au rachat des droits de diffusion par beIN est, je trouve, très curieux et très demandeur. Là où beaucoup de spectateurs plus anciens ont tendance à se complaire dans le « c’était mieux avant », ce public-ci ne se braque pas et cherche de lui-même à parfaire ses connaissances sur la NBA d’avant, qu’il s’agisse de vidéos, d’articles ou de livres. Tu as des mecs de même pas vingt piges qui te parlent mieux de Bird ou d’Olajuwon que d’autres qui les ont vus jouer en direct, parce qu’ils cherchent d’eux-mêmes à accéder à ce passé qui les intrigue. Dans les années 1990, on n’avait finalement pas accès à grand-chose de ce qu’était la NBA, donc tout le monde gagne à se plonger dans tous les documents auxquels nous avons désormais accès. Et finalement, les livres sont les supports qui permettent le mieux de comprendre non seulement les faits, mais aussi tout l’immatériel : dans un livre, on ressent bien mieux ce que dégageaient des joueurs en matière d’aura. Par exemple, dans « À la vitesse de la lumière », en lisant la manière dont tout le monde parle de Kobe, on ressent la même chose que quand les défenseurs de l’équipe de France parlent de Ronaldo dans « Les yeux dans les bleus ».

Regarder des vidéos d’époque, lire des articles rétrospectifs, c’est déjà extrêmement enrichissant, mais je pense que lire un livre permet encore davantage de s’imprégner de ladite époque. Par exemple, il y a quelques mois, on a consacré un épisode de « L’Écho des Parquets » à Connie Hawkins, un joueur star de la fin des années 1960, et j’ai été franchement surpris de la capacité qu’on a eu à retranscrire ce qu’il était, ce qu’était l’époque, et ce en quoi il était représentatif de son époque. C’est quelque chose qui m’aurait paru impossible au premier abord, mais on peut s’imprégner d’un savoir passé sans l’avoir vécu. Je vais prendre un dernier exemple, c’est le livre sur Wayne Gretzky que tu m’avais conseillé. Je ne suis absolument pas le hockey, mais en lisant ce livre, j’ai compris le phénomène qu’a été Gretzky et la perception qu’on a pu avoir de lui dès son plus jeune âge. Et je pense que ceux que tu appelles la génération NBA Extra, et moi, nous sommes dans cette démarche de s’imprégner du passé et de ce que nous n’avons pas pu vivre. Nous avons cette soif de recevoir de l’information pour mieux comprendre la NBA qui nous entoure. Donc je crois qu’il est inutile de chercher à attirer un public qui sait déjà exactement ce qu’il cherche. Il faut juste le lui proposer.

Comment définirais-tu la culture basket en France ? Comment t’inscris-tu dans cette culture ?

Je pense qu’il y a d’une part la culture basket française, et d’autre part la culture NBA. Le basket français, c’est plus un basket de clocher comme peut l’être le rugby, avec des places fortes comme Limoges ou Pau qui vivent pour le basket. Quand un gars de Pau te raconte les dimanches à aller voir jouer les jeunes avec les frères Piétrus, il a des étoiles dans les yeux, c’est fantastique. Il y avait plus de monde pour les jeunes que pour l’équipe première ! Ce genre d’histoire nourrit la culture du basket français, c’est une culture un peu PQR, et donc fondamentalement différente de la culture NBA. Pour ma part, je m’inscris plus logiquement dans la culture NBA, parce que je suis d’une région qui n’est pas une grosse région de basket.

Cette culture NBA en France se divise en plusieurs catégories, qu’on peut classer selon les drafts marquantes. En premier lieu, tu vas avoir la génération draft 1984, celle qui a grandi avec Canal+, George Eddy et Jordan. Ensuite, la génération draft 1996, avec Kobe, Iverson et NBA Live. Ensuite, la génération draft 2003 : LeBron, Melo, les matches en streaming. Et enfin, la génération draft 2008, avec Rose, Westbrook, NBA 2K. Chaque génération a ses joueurs marquants et ses éléments culturels qui lui sont propres, autant d’éléments qui forment un tout que l’on appelle la culture basket. C’est pourquoi je pense qu’il est improductif d’ériger une époque contre une autre, dans le sens où chaque époque contribue à ce tout et que chacun a énormément à apprendre des autres époques. En ce qui me concerne, je me situerais à la frontière entre la draft 1996 et la draft 2003, une époque où les rappeurs portaient tous des maillots NBA débilement larges dans tous les clips. Je ne regrette pas de ne pas avoir vécu les époques précédentes, mais je trouve enrichissant d’en apprendre davantage à leur sujet, parce que résumer la culture basket à ma propre période serait une erreur, tout comme avancer qu’elle était mieux que les autres.

Je pense en tout cas que la culture basket française parvient de plus en plus à être autonome. La majorité du contenu des sites spécialisés demeure malheureusement conditionnée par les publications outre-Atlantique, mais on a de plus en plus de créations originales que ce soit des articles, des podcasts, des mixs ou des créations graphiques. Surtout, on peut désormais porter des projets de grande ampleur, chose qui paraissait encore très compliquée il y a cinq ans. Quand tu vois Nicolas Venancio qui parvient à financer un documentaire sur le training camp d’Hervé Dubuisson avec les Nets, ou TrashTalk qui se fait le mk2 Bibliothèque pour projeter un film sur Lenny Cooke, pendant que dans le même temps les sorties en librairies se multiplient, il faut se pincer pour y croire.

Le mot de la fin? Si tu as un message à faire passer c’est le moment.

Je vais revenir sur le livre alors, j’en ai finalement assez peu parlé. Je le conseille vraiment à tous, parce qu’au-delà d’être un excellent livre de basket, c’est un excellent livre tout court, et c’est quelque chose de finalement assez rare. Karim Debbache disait à juste titre que c’était crétin de penser un film adapté d’un jeu vidéo pour plaire aux fans de jeux vidéo, parce que quand on adapte un livre au cinéma, on ne cherche pas à plaire aux fans de livres. Pour que le film plaise, il faut que ce soit un bon film, point. Pour « À la vitesse de la lumière », je pense que c’est pareil. Le livre ne cherche pas à plaire aux fans de basket, pas plus qu’il ne cherche à plaire aux fans de sport. Il cherche avant tout à être un bon livre, et il y arrive avec brio. Le monde littéraire a souvent tendance à regarder de haut la littérature sportive, ce que je peux comprendre même si je ne partage pas cette position. Et je pense que livre de Jack McCallum prouve que c’est un postulat erroné, dans le sens où il n’y a pas besoin d’aimer le basket pour aimer ce livre. En revanche, quand on aime le basket, il est difficile de ne pas l’aimer.

C’était mon mot de la fin. Merci de m’avoir sollicité en tout cas, ce fut un plaisir !

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WAHOO!!! Je vous avais dit que c’était top hein? Je remercie encore chaleureusement Lucas de ne pas avoir simplement couché
 quelques phrases toutes faites pour répondre à mes questions. J’espère vraiment qu’il planchera bientôt sur une nouvelle traduction et qu’il viendra encore nous en parler sur le blog.

En attendant, n’oubliez pas de me suivre sur Instagram (instagram.com/pagevingttrois) où je publie TOUS LES JOURS. Je vous laisse, je retourne me plonger dans l’univers de Steve Nash et des Suns pour vous concocter une chronique et une vidéo à la hauteur du bouquin. À très vite!

TONY PARKER, UNE VIE DE BASKETTEUR – Armel LE BESCON

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Tony Parker est sans conteste le meilleur joueur français de l’histoire et ce n’est donc pas une surprise de retrouver plusieurs ouvrages à son sujet dans nos librairies. Du coup vous êtes certainement en train de vous demander : « mais qu’est-ce qu’il y a de nouveau dans ce bouquin que je ne sais pas déjà ? », et bien si vous êtes un fan inconditionnel de TP, autant vous le dire tout de suite, pas grand-chose. Mais ça ne veut pas dire pour autant que vous devez passer votre chemin surtout si vous avez l’âme d’un collectionneur. « Tony Parker, une vie de basketteur » est en fait un update de 7 chapitres du livre « Tony Parker, né pour gagner » paru en 2012.

Je recommande donc ce livre pour deux types de public essentiellement. Premièrement, et comme je le disais, pour les aficionados ultimes du numéro 9 des Spurs (et il y en a quelques uns). Il garnira leur bibliothèque et ils aimeront se replonger régulièrement dedans pour revivre rapidement les plus grands moments d’un des meilleurs joueurs européens de tous les temps. Deuxièmement, pour les plus jeunes, ceux qui n’ont pas connus TP à ses débuts et qui ne le voient que comme le vétéran qu’il est maintenant. C’est en effet l’ouvrage idéal pour survoler, sur un ton accessible à tous, l’essentiel de la carrière de Parker. Surtout que l’auteur arrive à remettre en perspective l’impact des exploits et leurs retentissements pour l’époque.

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Toute la vie de TP est abordée ici. Son enfance, sa famille, ses amours, ses amis, ses débuts en NBA, ses titres, son album de rap, son parcours en équipe de France (qui occupe une large place dans cet ouvrage), son investissement avec l’ASVEL… Le livre ne suit pas forcément une trame chronologique pure ce qui laisse parfois apparaître quelques redondances mais rien qui n’empêchera les plus jeunes d’apprécier la lecture. Autre petit bémol, l’omniprésence des références au magazine « Mondial Basket » (que j’apprécie beaucoup par ailleurs). Je trouve cela dommage de répéter à chaque fois que tels ou tels propos sont tirés d’une interview donnée au magazine, surtout que l’on sait déjà que l’auteur en est l’un des rédacteurs principaux. À titre de comparaison, quand on lit un bouquin d’un journaliste américain bossant pour Sports Illustrated par exemple, il n’est pas fait mention aussi régulièrement du journal qui l’emploie car le lecteur comprend déjà que les tirades éventuellement retranscrites ont été obtenues dans le cadre du travail journalistique de l’auteur, débouchant sur le livre final. De ce fait la lecture de « Tony Parker, une vie de basketteur » nous laisse le sentiment d’avoir lu un immense hors série de « Mondial Basket » plus qu’une biographie d’investigation. On retrouve dans le livre un joli carnet de photos en couleurs souvent tirées des albums de famille et d’autres correspondant à des moments marquants sur le terrain.

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En bref, je conseille vivement aux plus jeunes (surtout ceux qui ont découvert la NBA ses 5 dernières années) de se jeter sur ce livre pour parfaire leur connaissance du basket et redécouvrir l’incroyable carrière du plus grand génie national. Pour les fans de TP, attendez-vous à relire des passages sur sa vie que vous connaissez déjà par cœur (je me devais de placer ce jeu de mot dans ma chronique) mais vous en retirerez toujours un plaisir nostalgique. Si vous n’êtes pas plus fan que ça du meneur des Spurs et/ou que vous avez déjà lu le précédent livre d’Armel Le Bescon, orientez-vous vers un autre livre des Editions Mareuil comme « Jordan, la loi du plus fort » ou le plus récent « Les Suns à la vitesse de la lumière ».