Mon histoire avec la NBA – George EDDY

mon-histoire-avec-la-nbaAttention : cette chronique manque totalement d’objectivité, étant un énorme fan de celui que je considère comme le maître du basket en France. J’assume pleinement. Personne ne connait mieux le basket mondial que lui. Cette partialité vient du fait qu’après les magazines qui ont forgé mon éducation NBA j’ai été élevé aux matchs commentés par ce monument de la TV française.

Pour faire simple, si vous avez la trentaine comme moi, vous n’avez aucune excuse, je dis bien aucune, pour justifier l’absence de ce livre dans votre bibliothèque. Même si vous n’avez pas de bibliothèque. Vous pouvez même acheter une bibliothèque rien que pour ce livre tiens.

Construit de manière très intelligente, ce bouquin nous permet de retracer la vie personnelle de George Eddy en même temps que l’évolution chronologique, décennie par décennie, de la NBA. Dans un premier temps on plonge dans la jeunesse du plus français des américains. Je ne me risquerai pas à essayer de vous la retranscrire pour deux raisons : la première c’est tout simplement pour préserver l’intérêt du livre, la deuxième c’est pour respecter la douceur avec laquelle George parle de ses parents et du modèle éducatif qu’il a suivit. Si on le savait capable de nous transmettre un tas d’émotions en posant sa voix sur des images, il arrive à en faire de même en nous racontant simplement (ce n’est pas péjoratif ici) et tendrement son parcours qui le mènera de sa Floride natale à notre beau pays.

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Le temps passe trop vite au fil des pages. On a l’impression que George est là, dans notre salon, ou peu importe où vous lisez ce livre. Ses mots sont teintés de son accent qui fait de lui un personnage charismatique, attachant et inoubliable. Passé son parcours de joueur professionnel (sans doute sous-côté) et son intégration audacieuse  au sein de la première chaîne payante française, on en arrive au gros morceau. L’histoire de la NBA à travers ses yeux. Des yeux de fans (où l’on apprend que son idole était Wilt Chamberlain), puis de journaliste. En plus de nous retracer les exploits purement sportifs il prend le temps de s’attarder sur ce qui a fait grandir le succès de la NBA en France. Les venues de Magic, Jordan et Jabbar pour lesquels il servit d’interprète (et même plus pour Jordan) en sont des exemples flagrant.

Pour les plus nostalgiques d’entre vous, vous parcourrez ce livre avec des images de matchs ou d’émissions de Canal+ qui vous reviendront. Et quand je parle de nostalgie, je ne parle pas de celle qui fait de nous des gens aigris face à ceux qui certifient que LeBron est le GOAT (les pauvres), mais de ce sentiment apparenté à l’amour. L’amour du temps passé. Ce temps où chaque image nous parvenant se gravait automatiquement dans notre mémoire. Plus difficile forcément aujourd’hui d’en faire de même face au flot, au torrent, d’highlights, articles,  et matchs disponibles. Ou alors mon cerveau se ramollit.

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Il est ainsi amusant de découvrir que même George est passé par l’étape « ponçage » de VHS. Pour ceux qui ne savent pas de quoi je parle, il faut savoir qu’avant l’époque du tout numérique, il existait ce que l’on appelle des cassettes vidéo (VHS) où étaient enregistrés des matchs ou autres documentaires. Ces cassettes fonctionnaient avec une bande qui s’usait avec le temps car, si elle défilait pendant la lecture, il fallait la remonter (rembobiner) pour regarder à nouveau. A mesure que la bande s’usait, les souvenirs, eux s’ancraient en nous. De ces souvenirs il reste des images bien sûr mais aussi des voix. Éternelles. Comme le mythe qu’est devenu George Eddy.

Ce livre c’est un cadeau. Un cadeau fait à toute cette génération, ma génération. Alors merci Talent Sport. Et surtout merci George.

En attendant qu’une autre opportunité lui soit donnée de pouvoir proposer un programme NBA pour la France (il le fait toujours pour Canal+ Afrique) je continuerai de patienter avec mon League Pass. La NBA c’est avec un accent sinon rien…

Stephen Curry, la révolution – Thomas BERJOAN

51ta-jlhrfl-_sx334_bo1204203200_Les Editions Marabout ont été très actives en ce début d’année 2018, nous offrant coup sur coup, à un mois d’intervalle, le livre #Trashtalk et ce petit bijou de Thomas Berjoan. Car oui, très peu de suspens ici, ce bouquin est un must-read comme on dit aux States des États-Unis d’Amérique.

J’aimais déjà le travail du journaliste (notamment dans le regretté BAM : BasketNews AMérica) j’attendais donc avec impatience de découvrir celui de l’auteur dès l’annonce sur Twitter de la sortie de cette biographie.

Si quelques uns se sont demandés, et se demandent encore peut-être, pourquoi une biographie sur Curry maintenant alors qu’il est encore loin de la fin de sa carrière, la réponse me paraît naturelle : et pourquoi pas ? Pourquoi ne pas découvrir la trajectoire fabuleuse de ce génie du shoot (et du travail) alors même qu’il continue à écrire son histoire ? Pourquoi attendre ? Pourquoi passer à côté d’éléments qui pourraient vous faire changer d’avis sur le personnage (je parle aux haters là) ou vous faire prendre conscience de la chance que vous avez de pouvoir admirer un phénomène en plein prime ? Je dois avouer faire partie du groupe de gens qui trouvent Curry arrogant par sa nonchalance. Le voir courir les bras le long du corps m’exaspère par exemple. J’avais donc bien besoin de me plonger dans ce bouquin.

Un petit mot très rapide tout d’abord sur la qualité matérielle du livre. Couverture souple semi-rigide avec un rabat comme on peut retrouver dans les mangas. Rien que ça, c’est une preuve que l’éditeur ne prend pas les ouvrages basket à la légère et donc pour moi c’est un grand oui ! Bravo mesdames messieurs de chez Marabout. On note aussi la présence d’un carnet central de 4 pages de photos couleurs (enfance, trophée, shoot, chaussures…).

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Le contenu suit logiquement une trame chronologique en s’attardant quelque peu sur les parents de Curry, comme l’a fait Roland Lazenby dans ses bio de Jordan et Kobe, sans pour autant rentrer trop dans le détail. Le dosage idéal quoi. Une enfance peu banale pour Stephen, bercé dans le monde fantastique de la NBA grâce au parcours de son père Dell. Au lieu de se contenter d’être le « fils de », cette immersion dans la plus grande ligue du monde aura été une source de motivation ultime pour la future coqueluche des Warriors.

Oui on va suivre son parcours en faculté. Oui on va voir que ce n’était pas toujours facile et même parfois très dur vis-à-vis des a priori liés à son physique. Mais ce qui m’a plu dans ce livre c’est le travail de documentation qu’a fait l’auteur. Il a dû chercher toutes les interviews, lire tous les livres (dont «Golden » de Marcus Thompson), voir tous les reportages possibles et imaginables sur Curry. Ce travail n’a pas concerné que le côté stats-trophées-business ni ne s’est limité à l’entourage proche du joueur (famille, agent, amis). Je prends l’exemple du passionnantissime (oui je sais ça n’existe pas mais je fais ce que je veux c’est mon blog) chapitre 8 qui parle d’un sujet qui m’est cher en tant que kiné (car oui je ne gagne pas ma vie avec Page 23, je sais c’est incroyable) : le travail physique « off the court ». Berjoan a donc retrouvé les témoignages du coach Brandon Payne et de Keke Lyles le directeur de la performance des Warriors. Quelle claque ce chapitre ! Je peux rien vous dire de plus. Lisez-le.

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Il faut dire que deux chapitres avant j’avais déjà pris un revers avec l’abord du thème de la jalousie. Vous savez ? Les haters. Cette partie du livre a été capitale pour moi, elle m’a ouvert les yeux sur la perception que j’avais de Curry. Je le détestais parce qu’il faisait tout paraître trop facile. Et ça, comme c’est très justement expliqué par l’auteur, on peut l’accepter d’un monstre physique comme LeBron ou d’un génie du vol en haute altitude comme Jordan. Mais de la part d’une chétive crevette à peine plus grande que moi avec trois poils au menton ça énerve. Curry ne doit sa place qu’à son acharnement pour le travail. Il n’est pas né avec des prédispositions surhumaines. Tout comme le spectateur moyen. Mais lui il a bossé. Plus dur que n’importe qui (faîtes que Kobe Bryant ne lise jamais cette phrase pitié pitié pitié). Et inconsciemment c’est le fait de devoir accepter que cette différence entre lui et nous ne se base que sur le travail qui nous pousse à le détester.

Le reste de cette bio est tout aussi intéressant et complet puisqu’il est même question de sa carrière internationale en toute fin du livre. C’est le bouquin idéal pour vous suivre à la plage cet été, surtout maintenant qu’il vient de gagner un troisième titre. J’avais peur de tomber sur un livre-magazine comme la récente mise à jour de la bio de Parker, mais le style d’écriture est vraiment trèèèèèèèès proche de ce que font les américains.

« Jamais deux sans trois » comme dit l’adage. J’attends donc avec impatience le troisième sort lancé par Marabout.

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TONY PARKER, UNE VIE DE BASKETTEUR – Armel LE BESCON

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Tony Parker est sans conteste le meilleur joueur français de l’histoire et ce n’est donc pas une surprise de retrouver plusieurs ouvrages à son sujet dans nos librairies. Du coup vous êtes certainement en train de vous demander : « mais qu’est-ce qu’il y a de nouveau dans ce bouquin que je ne sais pas déjà ? », et bien si vous êtes un fan inconditionnel de TP, autant vous le dire tout de suite, pas grand-chose. Mais ça ne veut pas dire pour autant que vous devez passer votre chemin surtout si vous avez l’âme d’un collectionneur. « Tony Parker, une vie de basketteur » est en fait un update de 7 chapitres du livre « Tony Parker, né pour gagner » paru en 2012.

Je recommande donc ce livre pour deux types de public essentiellement. Premièrement, et comme je le disais, pour les aficionados ultimes du numéro 9 des Spurs (et il y en a quelques uns). Il garnira leur bibliothèque et ils aimeront se replonger régulièrement dedans pour revivre rapidement les plus grands moments d’un des meilleurs joueurs européens de tous les temps. Deuxièmement, pour les plus jeunes, ceux qui n’ont pas connus TP à ses débuts et qui ne le voient que comme le vétéran qu’il est maintenant. C’est en effet l’ouvrage idéal pour survoler, sur un ton accessible à tous, l’essentiel de la carrière de Parker. Surtout que l’auteur arrive à remettre en perspective l’impact des exploits et leurs retentissements pour l’époque.

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Toute la vie de TP est abordée ici. Son enfance, sa famille, ses amours, ses amis, ses débuts en NBA, ses titres, son album de rap, son parcours en équipe de France (qui occupe une large place dans cet ouvrage), son investissement avec l’ASVEL… Le livre ne suit pas forcément une trame chronologique pure ce qui laisse parfois apparaître quelques redondances mais rien qui n’empêchera les plus jeunes d’apprécier la lecture. Autre petit bémol, l’omniprésence des références au magazine « Mondial Basket » (que j’apprécie beaucoup par ailleurs). Je trouve cela dommage de répéter à chaque fois que tels ou tels propos sont tirés d’une interview donnée au magazine, surtout que l’on sait déjà que l’auteur en est l’un des rédacteurs principaux. À titre de comparaison, quand on lit un bouquin d’un journaliste américain bossant pour Sports Illustrated par exemple, il n’est pas fait mention aussi régulièrement du journal qui l’emploie car le lecteur comprend déjà que les tirades éventuellement retranscrites ont été obtenues dans le cadre du travail journalistique de l’auteur, débouchant sur le livre final. De ce fait la lecture de « Tony Parker, une vie de basketteur » nous laisse le sentiment d’avoir lu un immense hors série de « Mondial Basket » plus qu’une biographie d’investigation. On retrouve dans le livre un joli carnet de photos en couleurs souvent tirées des albums de famille et d’autres correspondant à des moments marquants sur le terrain.

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En bref, je conseille vivement aux plus jeunes (surtout ceux qui ont découvert la NBA ses 5 dernières années) de se jeter sur ce livre pour parfaire leur connaissance du basket et redécouvrir l’incroyable carrière du plus grand génie national. Pour les fans de TP, attendez-vous à relire des passages sur sa vie que vous connaissez déjà par cœur (je me devais de placer ce jeu de mot dans ma chronique) mais vous en retirerez toujours un plaisir nostalgique. Si vous n’êtes pas plus fan que ça du meneur des Spurs et/ou que vous avez déjà lu le précédent livre d’Armel Le Bescon, orientez-vous vers un autre livre des Editions Mareuil comme « Jordan, la loi du plus fort » ou le plus récent « Les Suns à la vitesse de la lumière ».

L’ART DE LA VICTOIRE – Phil KNIGHT

Longtemps sur ma wishlist j’attendais avant de me décider de l’ajouter à ma pile à lire éternellement haute. Sa traduction en VF chez Hugo Sport a fini de me convaincre de me le procurer au plus vite. LeBron James en a même fait la promo sur les réseaux sociaux (autant mettre à l’honneur la main qui vous nourrit haha). Il fut rejoint par la suite par d’autres athlètes sponsorisés Nike.

Qui d’autre que le fondateur de la marque pour en raconter son histoire ? C’est donc un Phil Knight tout juste diplômé que l’on commence à suivre dès les premières pages. On se prend d’affection pour ce jeune idéaliste, peut-être même un peu bohème bien que décidé de l’orientation qu’il souhaite donner à sa vie d’adulte responsable. Ainsi il fera tout pour réaliser son rêve et aller au bout de son « idée folle » comme il l’appelle. Mener à bien le sujet de sa thèse lui ayant permit d’obtenir son diplôme : importer des chaussures de courses du Japon pour les vendre sur le sol américain.

Pour se faire il lui parut important d’en savoir plus sur ses futurs clients c’est-à-dire tout le monde et c’est donc logiquement qu’il prit la décision de faire un tour de la planète pour découvrir les secrets d’un maximum de peuples. Ainsi on l’accompagne à travers l’Asie, L’inde, l’Europe, dans des paysages aussi bien décrit que les chaussures des gens qu’il y croise. Ce voyage, financé par ses parents après négociations, se révèlera fort utile à de nombreuses reprises dans son parcours professionnel.

L’argent est omniprésent dans ce livre. La passion de Knight étant la course à pied, c’est une véritable course au Dollar qu’il s’apprête à vivre à partir de 1962 et de sa première paire de Onitsuka Tigers vendue en faisant du porte à porte. En effet il lui fallut recourir à tous les stratagèmes les plus ingénieux pour convaincre successivement ses parents, ses futurs partenaires, ses banquiers et autres créanciers de lui prêter de l’argent.

L’objet de cette chronique n’étant pas de vous raconter dans les détails comment s’est construit l’empire Nike, je vais simplement en survoler les plus grandes étapes. Vous verrez Knight s’inventer patron de Blue Ribbon une entreprise fictive imaginée pour rassurer les japonais d’Onitsuka la marque qu’il souhaite importer. Avec Blue Ribbon Knight devra embaucher son tout premier salarié, Jeff Jonhson sans conteste le « personnage » que j’ai le plus apprécié du livre. Johnson est un véritable gentil, acceptant les rôles les plus ingrats et complexes mais indispensables aux étapes de croissance successive de la firme. Le futur patron de Nike se rapprochera de Bill Bowerman son ancien entraîneur. Un homme totalement dévoué à la course et tout ce qui entoure cette pratique sportive. C’est lui qui sera le premier à apporter les innovations aux chaussures. Vous découvrirez aussi les deux histoires d’amour marquantes de la vie de Knight.

Ce qui transpire de ce livre et qui contamine le lecteur, c’est cette détermination qui anime Knight. Véritable source d’inspiration que chacun de nous peut essayer de transposer dans sa vie personnelle ou professionnelle. Voir Knight traverser ce parcours semé d’embûches sans abandonner son rêve nous transcende.  Mais s’il fait preuve d’obstination et de courage tout au long du livre, c’est sa qualité de meneur d’hommes qui lui aura permit d’arriver au sommet. Sans les gens dont il a su s’entourer il n’y aurait jamais eu de nom « Nike », pas de logo mythique, pas de bulles d’air, et tout se serait arrêter faute d’argent. En effet je m’étais naïvement imaginé que le grand patron aurait eu plus d’impact concret sur les chaussures elles-mêmes ou sur les aspects marketing et identitaire. En fait toutes les innovations et les bonnes idées lui sont venus de l’extérieur. Il s’est « contenté » de présider le tout, prenant sans doute le plus de risque au passage.

L’allégorie la plus évidente résumant cette aventure est d’ailleurs directement suggéré par l’auteur lui-même. Une guerre… sans balles. Lui serait un Napoléon et ses associés ses soldats. Ce sont eux qui vont au combat mais lui qui dirige. Comme pour nous aider à comprendre sa grandeur, il décrit systématiquement les personnes lui étant venu en aide comme inférieures. Insidieusement il glisse dans sa description des défauts souvent physiques ou des traits de caractère qu’il tourne en dérision. Ainsi Johnson, sur qui repose la grande partie du succès de Nike, est décrit comme un fou, un obsédé de la chaussure et de la vente. Knight avoue le snober volontairement nous rappelant implicitement que certes il n’avait pas les idées mais il restait le patron. Idem pour l’inventeur des bulles d’air, ses différents avocats lui ayant sauvés la mise, ses commerciaux… Ils avaient tous de gros défauts qui accompagnaient leurs petites qualités. Il n’y a bien que sa femme finalement qui échappe à un lot de critique.

L’auteur décide d’arrêter sa narration détaillée de l’aventure Nike à l’année 1980 laissant le dernier chapitre nous évoquer souvent poétiquement le chemin parcours depuis. Si ces dernières lignes sont remplies de sincérité et ne saurez vous laisser indifférent, je reste encore mitigé sur l’impression finale que me laisse cet homme.

Vous le savez sur Page 23 je ne vous cache rien et je vous parle le plus franchement possible. Je ne décide de ne présenter que des livres que j’ai globalement apprécié car je ne vois pas l’intérêt de descendre publiquement un ouvrage. Autant ne pas en parler plutôt que de se répandre en critique négative dont la subjectivité pourrait être contredite sur le blog voisin. Si je vous dis cela c’est parce que je m’attendais à lire l’histoire de la conquête du marché surmédiatisé des plus grands athlètes de ce monde et que je ne compris qu’à la fin que je n’en aurais pas le plaisir. D’où une légère déception. En effet vous n’apprendrez rien sur la signature de Michael Jordan chez Nike, faisant pourtant basculer l’aura de la marque dans une autre dimension. Pas un mot non plus sur les modèles phares des années 90 et 2000 et encore moins sur le processus d’attribution des licences exclusives NFL ou NBA. Il m’aurait paru intéressant pour le lecteur aussi bien venu du monde de l’entreprenariat que du sport de découvrir les coulisses de ces thèmes qui font la renommé encore aujourd’hui de la marque au swoosh. Voilà donc tout ce que j’avais à dire de « négatif » sur le bouquin, cela n’ayant en rien entaché le plaisir qui accompagnait sa lecture.

Un livre passionnant et passionné pour lequel chaque lecteur saura dégager les éléments essentiels à l’art de leur victoire.

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TOP 3 IDÉES CADEAUX BASKET – VO

Vous ne savez pas quoi mettre sur votre liste à côté du nouvel iPad ou du dernier jeu phare de la PS4 ? Vous redoutez de déballer une horrible cravate ou un pull que vous ne mettrez jamais ? Voici une liste de livres tous budgets dans laquelle vos proches pourront piocher si vous souhaitez des nouveautés en version originale dans la langue de Shakespeare. On dit merci Page 23 !!!

1. Showboat : The Life of Kobe Bryant (9€ en numérique, 11€ broché, 32€ relié)

Sans aucun doute LE livre de cette fin d’année. Il est fort à parier qu’il sera traduit et édité en France au même titre que The Life sur Michael Jordan. Ici c’est d’ailleurs le même auteur, Roland Lazenby, que l’on retrouve derrière cette biographie de Kobe Bryant incontestablement la plus complète avec ses 640 pages !!! BOUM ! Ne l’ayant pas encore lu, je suis quand même certain qu’une fois encore Lazenby n’oubliera aucun passage de la vie du Black Mamba sur comme en dehors du terrain. Must Read en vue.

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2. The Curse : The Colorful & Chaotic History of the LA Clippers (25€ broché)

Si les Clippers font partie des favoris chaque saison à l’Ouest depuis 4-5 ans il ne faut pas oublier qu’ils ont longtemps été considérés comme la pire équipe de tous les temps, tous sports US confondus. Ce livre prends le temps sur 558 pages de revenir sur chacun des événements marquant de l’histoire de l’autre franchise de Los Angeles. Se demandant si elle n’est tout simplement pas maudite, l’auteur part de la création de la franchise à l’éviction de Donald Sterling en passant par sa relocalisation controversée. Rien n’est oublié dans ce livre qui plaira aux amoureux de la NBA en général et permettra aux nouveaux fans des Clippers de mieux connaître leur franchise favorite.

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3. Spurs Nation : Major Moments in San Antonio Basketball (30€)

Livre que j’aime qualifier de collector. L’esthétique y est soignée avec une belle sélection de photos et une mise en page qui va droit au but. De la Draft de David Robinson au dernier titre face au Heat de LeBron James, ce bouquin ravira les fans des Spurs et de Tony Parker en revenant sur chacun des titres remportés par la Dynasty Duncan/Popovich. Essentiellement centré sur les finales il propose une rétrospective simple et efficace. Un livre qui fait du bien surtout après le départ à la retraite de Duncan que l’on aurait aimé continuer de voir jouer encore longtemps. Ce qu’il y a de bien avec les livres, c’est qu’il suffit de se replonger dans leurs pages pour revivre ces moments mythiques figés pour l’éternité en quelques mots et images. Comme dirait un certain membre de jury : CA J’ACHETE !

NOT A GAME – Kent Babb

Talent Sport édite une nouvelle traduction d’un livre ayant connu un certain succès outre-atlantique et ce n’est pas pour me déplaire. Tout ce qui contribue à augmenter le nombre de références trouvables en librairies traitant d’une manière ou d’une autre des sports américains me réjouit.

Ici Kent Babb a fait un véritable travail de fourmi pour mener à bien son œuvre. Comme il le dit lui-même, il a du parcourir un nombre incalculable d’interviews et d’articles sur Iverson et croiser le tout avec le résultat de ses propres entretiens dégotés avec d’anciens coéquipiers, coachs, amis ou membres de staffs ayant pu côtoyer la légende du basket de Philadelphie.

Le livre présente une architecture qui se démarque des autres biographies que j’ai pu lire jusqu’à présent. En effet, un chapitre se situera dans un passé plutôt récent et s’attardera sur le procès du divorce d’Iverson d’avec sa femme Tawanna, tandis que le suivant retracera la vie et la carrière professionnel du fameux numéro 3 et ainsi de suite. De ce fait cette rupture volontaire nous rappelle sans cesse l’épilogue malheureux sanctionnant la vie trouble d’un athlète hors du commun. Alors même que l’on pouvait le quitter au chapitre précédent en pleine ascension du basket universitaire ou encore dans la lumière des projecteurs des Finales NBA, le prochain nous ramène à la dure réalité.

On réalise au fil des pages, que nous les spectateurs, les fans de basket, nous avons tous plus ou moins fait un rapprochement voire même une projection sur ce petit bonhomme d’un mètre quatre-vingt. Ce gamin avec cette carrure si différente de celle de ses adversaires et des superstars de l’époque. Shaquille O’Neal dominait la ligue quand un joueur au physique d’adolescent a décidé de s’inviter à la table des champions.

Cet attachement que l’on a pu avoir pour Iverson a sans doute altéré notre vision des choses. Et si ce livre dresse un portrait sombre de « The Answer », on est en droit de se demander si ce n’est pas une énième tentative de tirer sur l’ambulance conduisant un athlète au crépuscule de sa gloire. Il apparaît rapidement que non tant tous ceux ayant vécu aux côtés d’Iverson sont unanimes. Pourtant on peut sentir une certaine retenue dans les propos des différentes personnes interrogées tout comme dans l’écriture de l’auteur. On aurait pu lire des pages et des pages décrivant précisément ses déboires mais à quoi bon ?

Allen Iverson, Not a game s’attarde aussi sur plein de petites anecdotes comme d’où vient son surnom « The Answer » ainsi, qu’entre autre, comment est née cette mode du manchon qu’il portait sur le bras droit.

Sans vous en dévoiler trop, ce livre revient donc surtout sur les rôles qu’ont pu tenir plusieurs individus dans la vie d’Iverson. Il souligne l’importance de coach Thompson à Georgetown qui a su parier sur un jeune encore en prison pour bâtir son équipe. On y découvre aussi un Pat Croce ancien membre du staff devenu propriétaire des Sixers qui s’amourache de ce petit phénomène au point d’en faire le premier choix de draft. On revient sur Dean Berry, celui qui a appris le crossover à Iverson lui permettant de mettre dans le vent un certain Jordan. Ses relations avec les membres de Reebok et ses agents successifs y sont également détaillées. Vous lirez également plusieurs passages émouvants sur son rapport avec Madame Michel qui avait pris soin de lui aussi bien physiquement que moralement. Et je garde le journaliste Phil Jasner pour la fin dont la dualité avec Iverson aura finalement accouché d’une belle histoire.

Après avoir lu ce livre il vous appartiendra de ne retenir que la souffrance d’une femme vivant un calvaire aux côtés d’une immense star du basket américain ayant sombré dans l’alcool, ou bien de vous interroger sur la nature même de ce mal ayant pulvérisé une famille. Iverson n’est-il pas en quête perpétuelle d’une jeunesse qu’on lui a volé ? N’est-ce pas sa naïveté infantile qui l’a ruiné, faisant profiter de son argent à tous ceux lui gravitant autour comme un gamin partage son goûter ? N’y avait-il pas que le jeu finalement qui intéressait Iverson ? N’était-ce pas en jouant qu’il était le plus sérieux et heureux ?

Not A Game… C’est un peu ça finalement. Il n’a jamais su mûrir comme il le fallait pour s’impliquer dans tout ce qui n’était pas un match de basket.

Courrez vous procurer Not A Game ! A la lecture des tranches de vies de ce petit bonhomme, véritable icône du basket, vous en ressortirez grandi.

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