L’ART DE LA VICTOIRE – Phil KNIGHT

Longtemps sur ma wishlist j’attendais avant de me décider de l’ajouter à ma pile à lire éternellement haute. Sa traduction en VF chez Hugo Sport a fini de me convaincre de me le procurer au plus vite. LeBron James en a même fait la promo sur les réseaux sociaux (autant mettre à l’honneur la main qui vous nourrit haha). Il fut rejoint par la suite par d’autres athlètes sponsorisés Nike.

Qui d’autre que le fondateur de la marque pour en raconter son histoire ? C’est donc un Phil Knight tout juste diplômé que l’on commence à suivre dès les premières pages. On se prend d’affection pour ce jeune idéaliste, peut-être même un peu bohème bien que décidé de l’orientation qu’il souhaite donner à sa vie d’adulte responsable. Ainsi il fera tout pour réaliser son rêve et aller au bout de son « idée folle » comme il l’appelle. Mener à bien le sujet de sa thèse lui ayant permit d’obtenir son diplôme : importer des chaussures de courses du Japon pour les vendre sur le sol américain.

Pour se faire il lui parut important d’en savoir plus sur ses futurs clients c’est-à-dire tout le monde et c’est donc logiquement qu’il prit la décision de faire un tour de la planète pour découvrir les secrets d’un maximum de peuples. Ainsi on l’accompagne à travers l’Asie, L’inde, l’Europe, dans des paysages aussi bien décrit que les chaussures des gens qu’il y croise. Ce voyage, financé par ses parents après négociations, se révèlera fort utile à de nombreuses reprises dans son parcours professionnel.

L’argent est omniprésent dans ce livre. La passion de Knight étant la course à pied, c’est une véritable course au Dollar qu’il s’apprête à vivre à partir de 1962 et de sa première paire de Onitsuka Tigers vendue en faisant du porte à porte. En effet il lui fallut recourir à tous les stratagèmes les plus ingénieux pour convaincre successivement ses parents, ses futurs partenaires, ses banquiers et autres créanciers de lui prêter de l’argent.

L’objet de cette chronique n’étant pas de vous raconter dans les détails comment s’est construit l’empire Nike, je vais simplement en survoler les plus grandes étapes. Vous verrez Knight s’inventer patron de Blue Ribbon une entreprise fictive imaginée pour rassurer les japonais d’Onitsuka la marque qu’il souhaite importer. Avec Blue Ribbon Knight devra embaucher son tout premier salarié, Jeff Jonhson sans conteste le « personnage » que j’ai le plus apprécié du livre. Johnson est un véritable gentil, acceptant les rôles les plus ingrats et complexes mais indispensables aux étapes de croissance successive de la firme. Le futur patron de Nike se rapprochera de Bill Bowerman son ancien entraîneur. Un homme totalement dévoué à la course et tout ce qui entoure cette pratique sportive. C’est lui qui sera le premier à apporter les innovations aux chaussures. Vous découvrirez aussi les deux histoires d’amour marquantes de la vie de Knight.

Ce qui transpire de ce livre et qui contamine le lecteur, c’est cette détermination qui anime Knight. Véritable source d’inspiration que chacun de nous peut essayer de transposer dans sa vie personnelle ou professionnelle. Voir Knight traverser ce parcours semé d’embûches sans abandonner son rêve nous transcende.  Mais s’il fait preuve d’obstination et de courage tout au long du livre, c’est sa qualité de meneur d’hommes qui lui aura permit d’arriver au sommet. Sans les gens dont il a su s’entourer il n’y aurait jamais eu de nom « Nike », pas de logo mythique, pas de bulles d’air, et tout se serait arrêter faute d’argent. En effet je m’étais naïvement imaginé que le grand patron aurait eu plus d’impact concret sur les chaussures elles-mêmes ou sur les aspects marketing et identitaire. En fait toutes les innovations et les bonnes idées lui sont venus de l’extérieur. Il s’est « contenté » de présider le tout, prenant sans doute le plus de risque au passage.

L’allégorie la plus évidente résumant cette aventure est d’ailleurs directement suggéré par l’auteur lui-même. Une guerre… sans balles. Lui serait un Napoléon et ses associés ses soldats. Ce sont eux qui vont au combat mais lui qui dirige. Comme pour nous aider à comprendre sa grandeur, il décrit systématiquement les personnes lui étant venu en aide comme inférieures. Insidieusement il glisse dans sa description des défauts souvent physiques ou des traits de caractère qu’il tourne en dérision. Ainsi Johnson, sur qui repose la grande partie du succès de Nike, est décrit comme un fou, un obsédé de la chaussure et de la vente. Knight avoue le snober volontairement nous rappelant implicitement que certes il n’avait pas les idées mais il restait le patron. Idem pour l’inventeur des bulles d’air, ses différents avocats lui ayant sauvés la mise, ses commerciaux… Ils avaient tous de gros défauts qui accompagnaient leurs petites qualités. Il n’y a bien que sa femme finalement qui échappe à un lot de critique.

L’auteur décide d’arrêter sa narration détaillée de l’aventure Nike à l’année 1980 laissant le dernier chapitre nous évoquer souvent poétiquement le chemin parcours depuis. Si ces dernières lignes sont remplies de sincérité et ne saurez vous laisser indifférent, je reste encore mitigé sur l’impression finale que me laisse cet homme.

Vous le savez sur Page 23 je ne vous cache rien et je vous parle le plus franchement possible. Je ne décide de ne présenter que des livres que j’ai globalement apprécié car je ne vois pas l’intérêt de descendre publiquement un ouvrage. Autant ne pas en parler plutôt que de se répandre en critique négative dont la subjectivité pourrait être contredite sur le blog voisin. Si je vous dis cela c’est parce que je m’attendais à lire l’histoire de la conquête du marché surmédiatisé des plus grands athlètes de ce monde et que je ne compris qu’à la fin que je n’en aurais pas le plaisir. D’où une légère déception. En effet vous n’apprendrez rien sur la signature de Michael Jordan chez Nike, faisant pourtant basculer l’aura de la marque dans une autre dimension. Pas un mot non plus sur les modèles phares des années 90 et 2000 et encore moins sur le processus d’attribution des licences exclusives NFL ou NBA. Il m’aurait paru intéressant pour le lecteur aussi bien venu du monde de l’entreprenariat que du sport de découvrir les coulisses de ces thèmes qui font la renommé encore aujourd’hui de la marque au swoosh. Voilà donc tout ce que j’avais à dire de « négatif » sur le bouquin, cela n’ayant en rien entaché le plaisir qui accompagnait sa lecture.

Un livre passionnant et passionné pour lequel chaque lecteur saura dégager les éléments essentiels à l’art de leur victoire.

enveloppe_0

JORDAN LA LOI DU PLUS FORT – Sam SMITH

Ce livre est sorti sous le nom de « Jordan Rules » aux USA en 1992, en pleine suprématie des Bulls version Jordan, et c’est donc 24 ans plus tard que les Editions Mareuil ont décidé de nous offrir sa traduction à l’été 2016.

Surfant sur la vague de « Un coach, onze titres NBA : Les secrets du succès » de Phil Jackson et de « Michael Jordan, the life » déjà sur MJ, » Jordan, la loi du plus fort  » arrive avec une légitimité qui défie les années écoulés depuis l’original. On plonge avec plaisir dans cette période dorée de la NBA des années 90 d’autant plus que l’on s’attarde sur l’équipe la plus mythique de cette décennie.

Avant de commencer ce livre j’avais plusieurs a priori négatifs qui furent très rapidement dissipés. Le premier étant la peur d’un ouvrage trop ancré dans son époque, souffrant de la comparaison avec la NBA actuelle, mais le style de Smith nous fait vite oublié les années qui nous séparent de la première publication. Journaliste ayant un accès direct ou indirect quasi total à la vie interne des Bulls, il ne cherche pas les belles formules et évite d’enjoliver la réalité pour aller droit au but : nous faire vivre de l’intérieur une saison complète avec  les coéquipiers de Jordan. On retrouve ainsi des discours rapportés ou des interviews retranscrites avec des mots la plupart du temps aussi crus qu’authentiques.

Ma deuxième inquiétude était de tomber sur un livre faisant du Jordan-bashing tout du long. Je me rappelle avoir lu plusieurs commentaires, quand je voulais me procurer « Jordan Rules » en VO, qui ne faisaient ressortir que l’insistance de l’auteur à vouloir démonter un mythe à l’image publique parfaite. Il faut savoir que ce bouquin a créé une vive polémique et avait très mal été perçu par Jordan lui-même, ce qui peut se comprendre une fois lu. Je n’aime pas les livres-buzz où ceux surfant volontairement à contre-courant cherchant à se démarquer par une approche délibérément pamphlétaire. Si le début semblait renforcer mes craintes, je saisis rapidement que Smith ne dépeint pas uniquement le seul Jordan sous des traits peu flatteurs. Tout le monde en prend pour son grade. Il faut également comprendre que cela n’est pas fait gratuitement et méchamment. Non, ce qui ressort c’est le contraste entre une réalité, que je crois être retranscrite comme la plus fidèle possible, et l’image polie et filtrée par le prisme de la NBA. La ligue ne s’attarde d’ailleurs que sur les arabesques esthétiques et politiquement correctes pour constituer ses « highlights », omettant d’exposer l’engagement physique pourtant omniprésent sur les parquets à cette époque. Tout l’inverse de la NHL sur la même période. Naïvement, j’étais loin de m’imaginer tous les états d’âmes qui pouvaient être déversés dans un vestiaire NBA. Surtout dans CE vestiaire.

Concrètement si l’on peut dire que le livre commence par la « fin », il enchaîne ensuite avec un chapitre par mois de compétition de la saison 1990/91 qui accouchera, il n’y a plus de suspens, par le premier titre des Chicago Bulls. Un peu comme le lecteur s’autorise à rêver que le Titanic ne va pas finir par couler, on a beaucoup de mal à anticiper le titre de champion qui viendra récompenser un effectif en manque total d’alchimie. Au grès de leurs revendications et atermoiements, Smith arrive à nous décrire de manière noble et humaine chacun des protagonistes ayant eu l’honneur de revêtir la tunique rouge et blanche. Maîtrisant le sujet du basketball, il nous faire vivre les matchs avec autant d’attention que l’action en coulisse. L’auteur n’oublie d’ailleurs pas d’égratigner le coach Jackson, le GM Krause et le propriétaire Reinsdorf.

Vraiment je redoutais que le livre ne se perde en longueur sur les vices d’untel et untel alors qu’en fait on dépasse rapidement ce cap. Smith va beaucoup plus loin que du journalisme à sensation. Tous les maux peuvent se comprendre. Tous les écarts de langage ont une explication. Il faut voir dans ce livre une leçon de vie. Comprendre qu’une saison sportive est un catalyseur émotionnel où l’on demande aux joueurs d’abandonner leur enveloppe humaine pour se parer d’un costume d’acteur à la performance attendue par des milliers voire des millions de personnes. Lecteur, aurais-tu pu, toi qui n’as pas le talent d’un Jordan, tenir toute une saison avec les exigences que cela implique? Déifié par les tubes cathodiques et les presses rotatives Jordan n’en reste pas moins un être humain comme vous et moi. Le plus fort et jouissant de sa propre loi certes, mais avec tout autant de défauts que ces coéquipiers.

Je vous invite à lire ce livre jusqu’à sa dernière page car l’ « Epilogue » et les « Remerciements » sont pour moi d’une importance capitale pour comprendre les véritables intentions de Sam Smith.

enveloppe_0

DU LIERRE DANS LE BITUME – David Xoual

Les Editions Salto m’ont gentiment contacté pour me proposer de découvrir ce roman qui se déroule en plein campus universitaire américain et dont l’intrigue est centrée sur l’équipe de basketball. Toute littérature concernant un sport majeur américain ayant sa place sur Page 23, je me suis plongé, dès réception, sur ce petit livre de 109 pages à la lecture addictive. J’ai trouvé l’écriture intelligente dans le sens où elle mêle savamment un langage soutenu pour la narration principale et la description des personnages, à un langage courant voire familier pour les dialogues et les réflexions menées par les protagonistes.

On suit donc l’arrivée du jeune Marcus Gardner sur le campus de Citadel, une université fictionnelle sensée se trouver dans la ville bien réelle de Keene dans le New Hampshire. Pour l’anecdote, il existe bien une université Citadel aux Etats-Unis mais celle-ci se trouve dans l’état de Caroline du Sud. On découvre les lieux à travers les yeux émerveillés et attentifs de Marcus un gamin venu d’un quartier populaire de St Louis. S’il avait été habitué à côtoyer les loubards et les pommés sans jamais se lier d’amitié avec eux, notre héros timide et réservé, s’imprègne de cette nouvelle culture locale promue par Mr Stern un directeur (au nom bizarrement familier de l’ancien commissionnaire de la NBA) que l’on peut qualifier d’antipathique tant il méprise tout ce qui ne fait pas partie de son monde ou la culture et l’art sont les deux piliers fondamentaux. Le jeune Gardner eut la possibilité de venir poursuivre son cursus scolaire dans cette prestigieuse université non pas grâce à ses facultés intellectuelles (il semble toutefois être un élève moyen mais concerné) et encore moins avec l’argent qu’aurait pu économiser son beau-père ou sa mère tous deux en situation trop précaire. Non s’il avait pu être recruté c’est donc par l’intermédiaire de ses facultés de basketteur. Meneur de jeu intelligent, scoreur mais aussi distributeur, il éclaboussant de son talent le niveau lycéen attirant les regards de tout un tas de recruteurs.

C’est le coach Phil Bennett, un rouquin au caractère et aux traits sévères, qui fut le plus sensible à son talent et qui poussa Stern à formuler une invitation à Marcus pour qu’il vienne continuer ses études au bord du Connecticut. On cerne très vite le personnage de Bennett dès les premières lignes à son sujet quand, par exemple, il évince en quelques mots et sans pitié un joueur ayant pris trop de poids à ses yeux. Le livre ne s’attardera que sur deux autres joueurs : le pivot et capitaine DeAndre, et le colocataire de Marcus, John Pierce (un autre nom venu de la NBA). Le premier est sans doute celui qui m’aura le plus intrigué du livre et je vous laisse découvrir pourquoi en le lisant. Le deuxième est celui qui m’a le moins séduit car je ne suis pas fan de tout ce qui est dérive vers les substances illicites et les comportements dépravés. L’équipe est suivie par Steve Stockton (encore un patronyme NBA), un étudiant en deuxième année qui écrit pour le journal du campus et qui va rapidement devenir ami avec Marcus, le seul joueur avec lequel il puisse réellement interagir sachant que personne ne le porte dans son cœur. Issu d’une famille de classe moyenne, Steeve est un surdoué passionné de culture. Il rentre dans le cliché du rat de bibliothèque dont l’impopularité est aussi élevée que ses notes. Raconter les exploits de l’équipe de basketball de Citadel n’était pas son premier choix, mais pour avoir un pied dans le journalisme il était prêt à faire n’importe quoi.

Dès le deuxième chapitre on apprend la mort suspecte, surprenante et inexpliqué du jeune Stockton, retrouvé étendu et blessé à l’arrière du crâne. Qui l’a tué ? Pourquoi ? L’enquête sera menée pendant le parcours parfait de l’équipe de basket qui l’amènera jusqu’à la finale NCAA. En même temps que les sheriffs interrogent un par un eux les suspects, l’auteur puise dans la jeunesse de chacun des personnages principaux pour nous faire voyager dans une Amérique au glamour écorné par des destins tous entachés des travers et des faiblesses de l’Homme. Tous se retrouvent à Citadel, cette université qui concentre leurs espoirs d’une vie meilleure et qui pourtant ne semble pas leur offrir beaucoup mieux.

J’ai beaucoup aimé le rythme narratif de ce livre, chaque chapitre commençant par un paragraphe nous transportant à cette finale du Final Four NCAA pour mieux revenir par un saut dans le temps sur cette saison bouleversée par la mort de Stockton.

Sans vous spoiler il faut toutefois aborder cette fin qui laisse le lecteur dans un questionnement multiple et les personnages face à leurs transpositions de ce que représente pour eux une vie réussie.

enveloppe_0

PS : en cliquant sur l’image de couverture du livre tout en haut, vous serez redirigés directement vers une page vous permettant de l’acheter. En faisant cela vous me permettez de gagner un million de dollars à chaque achat 😉 Alors n’hésitez pas les amis !

BOYS OF SUMMER – Roger Kahn

enveloppe_0

« Boys of Summer » est certainement le classique le plus connu et réputé de tous. Quand j’ai commencé à m’intéresser aux livres sur le baseball je concentrais mes achats principalement sur des bios de joueurs actuels ou des rétrospectives des saisons récentes. Puis petit à petit j’ai compris que dans la « littérature baseball » il y a des références que l’on se doit de lire. Avec « Ball Four » (que je n’ai toujours pas lu), « Boys of Summer » est INCONTOURNABLE.

Pourquoi? Sans doute pour la qualité de la prose, la nostalgie de l’époque, et enfin le thème: une des équipes les plus populaires de l’Histoire, les Brooklyn Dodgers de Jackie Robinson.

Ce livre est une autobiographie retraçant le parcours du jeune Roger Kahn de sa jeunesse à escalader les toits des maisons proches d’Ebbets Field pour y voir les matchs gratuitement, à son accession au titre de journaliste sportif couvrant son équipe préférée.

Le seul bémol que j’émettrais sur « Boys of Summer » c’est cette partie consacrée à l’adolescence avec notamment un passage un peu gênant avec la femme de maison et quelques longueurs dans sa relation avec son père. Il y a certains passages où l’auteur s’écarte trop longtemps du thème du baseball et cela m’a un peu dérangé. Ce n’est que mon avis bien sûr et à la vue des autres critiques de ce livre ça n’a pas l’air d’avoir perturbé la majorité des lecteurs.

L’ascension de Kahn dans le monde du journalisme jusqu’à sa consécration en tant que spécialiste des Dodgers est vraiment prenante! Au passage on y découvre des particularités du journalisme de l’époque qui font raisonner en nous les bruits des vieilles machines à écrire. L’auteur arrive à nous faire vivre sa découverte des coulisses de l’équipe de Brooklyn dès le stage de pré-saison comme si on l’accompagnait dans cette étape.

Ce qui est encore plus plaisant c’est la description de la complicité qui naît rapidement entre lui et les joueurs. Les discussions accoudés aux bars des hôtels dans lesquels l’équipe séjourne, les entretiens après les matchs… Si aujourd’hui à l’heure de l’Internet 2.0 on a les nouvelles en même temps qu’elles se produisent par des sources extrêmement variées, ici on comprends bien l’importance du journaliste quelque fois confident d’autre fois ennemi. Un article pas très complaisant sur un joueur, une révélation sur un sujet qui devrait rester entre eux et il pouvait faire une croix sur leur relation. Ainsi on apprend certaines choses sur le comportement des joueurs qui ne pouvaient être écrites dans les journaux de l’époque mais qui nous permettent maintenant de mieux cerner les différentes facettes souvent moins lisses qu’elles apparaissaient.

Enfin, Kahn a tenu à retrouver ses idoles et anciens confidents bien après la fin de leur carrière pour nous raconter ce qu’ils sont devenus. Une manière d’insister sur l’immensité de leur parcours de joueurs contrasté par un retour vers un relatif anonymat.

enveloppe_0

NOT A GAME – Kent Babb

Talent Sport édite une nouvelle traduction d’un livre ayant connu un certain succès outre-atlantique et ce n’est pas pour me déplaire. Tout ce qui contribue à augmenter le nombre de références trouvables en librairies traitant d’une manière ou d’une autre des sports américains me réjouit.

Ici Kent Babb a fait un véritable travail de fourmi pour mener à bien son œuvre. Comme il le dit lui-même, il a du parcourir un nombre incalculable d’interviews et d’articles sur Iverson et croiser le tout avec le résultat de ses propres entretiens dégotés avec d’anciens coéquipiers, coachs, amis ou membres de staffs ayant pu côtoyer la légende du basket de Philadelphie.

Le livre présente une architecture qui se démarque des autres biographies que j’ai pu lire jusqu’à présent. En effet, un chapitre se situera dans un passé plutôt récent et s’attardera sur le procès du divorce d’Iverson d’avec sa femme Tawanna, tandis que le suivant retracera la vie et la carrière professionnel du fameux numéro 3 et ainsi de suite. De ce fait cette rupture volontaire nous rappelle sans cesse l’épilogue malheureux sanctionnant la vie trouble d’un athlète hors du commun. Alors même que l’on pouvait le quitter au chapitre précédent en pleine ascension du basket universitaire ou encore dans la lumière des projecteurs des Finales NBA, le prochain nous ramène à la dure réalité.

On réalise au fil des pages, que nous les spectateurs, les fans de basket, nous avons tous plus ou moins fait un rapprochement voire même une projection sur ce petit bonhomme d’un mètre quatre-vingt. Ce gamin avec cette carrure si différente de celle de ses adversaires et des superstars de l’époque. Shaquille O’Neal dominait la ligue quand un joueur au physique d’adolescent a décidé de s’inviter à la table des champions.

Cet attachement que l’on a pu avoir pour Iverson a sans doute altéré notre vision des choses. Et si ce livre dresse un portrait sombre de « The Answer », on est en droit de se demander si ce n’est pas une énième tentative de tirer sur l’ambulance conduisant un athlète au crépuscule de sa gloire. Il apparaît rapidement que non tant tous ceux ayant vécu aux côtés d’Iverson sont unanimes. Pourtant on peut sentir une certaine retenue dans les propos des différentes personnes interrogées tout comme dans l’écriture de l’auteur. On aurait pu lire des pages et des pages décrivant précisément ses déboires mais à quoi bon ?

Allen Iverson, Not a game s’attarde aussi sur plein de petites anecdotes comme d’où vient son surnom « The Answer » ainsi, qu’entre autre, comment est née cette mode du manchon qu’il portait sur le bras droit.

Sans vous en dévoiler trop, ce livre revient donc surtout sur les rôles qu’ont pu tenir plusieurs individus dans la vie d’Iverson. Il souligne l’importance de coach Thompson à Georgetown qui a su parier sur un jeune encore en prison pour bâtir son équipe. On y découvre aussi un Pat Croce ancien membre du staff devenu propriétaire des Sixers qui s’amourache de ce petit phénomène au point d’en faire le premier choix de draft. On revient sur Dean Berry, celui qui a appris le crossover à Iverson lui permettant de mettre dans le vent un certain Jordan. Ses relations avec les membres de Reebok et ses agents successifs y sont également détaillées. Vous lirez également plusieurs passages émouvants sur son rapport avec Madame Michel qui avait pris soin de lui aussi bien physiquement que moralement. Et je garde le journaliste Phil Jasner pour la fin dont la dualité avec Iverson aura finalement accouché d’une belle histoire.

Après avoir lu ce livre il vous appartiendra de ne retenir que la souffrance d’une femme vivant un calvaire aux côtés d’une immense star du basket américain ayant sombré dans l’alcool, ou bien de vous interroger sur la nature même de ce mal ayant pulvérisé une famille. Iverson n’est-il pas en quête perpétuelle d’une jeunesse qu’on lui a volé ? N’est-ce pas sa naïveté infantile qui l’a ruiné, faisant profiter de son argent à tous ceux lui gravitant autour comme un gamin partage son goûter ? N’y avait-il pas que le jeu finalement qui intéressait Iverson ? N’était-ce pas en jouant qu’il était le plus sérieux et heureux ?

Not A Game… C’est un peu ça finalement. Il n’a jamais su mûrir comme il le fallait pour s’impliquer dans tout ce qui n’était pas un match de basket.

Courrez vous procurer Not A Game ! A la lecture des tranches de vies de ce petit bonhomme, véritable icône du basket, vous en ressortirez grandi.

enveloppe_0

Through My Eyes – Tim Tebow

enveloppe_0

Je sais je sais je sais. Tim Tebow. Au moins la moitié d’entre vous ne l’aime pas voire le déteste, il en reste que ce type est charismatique au plus haut point et qu’il a en plus des choses à dire. Et il les dit bien. C’est sûr qu’il n’a pas écrit ce livre tout seul je vous l’accorde, il n’empêche que Nathan Whitaker, le co-auteur, n’a pas inventé des passages de vie ni altéré les performances de Tebow. Le numéro 15 restera à jamais un des meilleurs joueurs de l’histoire du football américain universitaire.

Le seul critère qui peut vous éloigner de ce livre c’est si vous êtes allergique au discours religieux dans son ensemble. Tebow nous rappelle souvent son lien si particulier avec Dieu et ce dès sa naissance. Il parle longuement de ses séjours aux Philippines pour aider les enfants ainsi que des valeurs chrétiennes qui lui sont chères.

Au-delà de ça, son discours ouvert et presque naïf m’a conforté dans l’image que j’avais de lui avant de lire ce livre : un homme simple, animé par une croyance (au sens large c’est en dire en lui, en les autres et en Dieu bien sûr) débordante.

Sa description de sa vie universitaire par exemple est en total contraste avec celle des clichés de beuverie et de fête à n’en plus finir. Il s’est amusé c’est évident, mais toujours dans une droiture que l’on ne peut que respecter. Il était l’idole de tout un campus mais ne le laisse pas transparaître dans sa façon de parler. Il pouvait tout avoir d’un claquement de doigt mais savait profiter de ce qu’il lui était déjà offert ou à portée de main.

Si vos raisons de ne pas aimer Tebow se basent uniquement sur sa façon non académique de jouer, lisez ce livre pour comprendre qu’il y a un sacré bonhomme derrière tout ça. Il vous sera très difficile de ne pas aimer le joueur après en avoir appris plus sur l’homme.

Tebow vient de sortir un nouveau livre intitulé « Shaken » que je compte me procurer prochainement. Il sera bien entendu présenté ici même sur Page 23.

Vous l’aurez compris, à part si vous êtes un total réfractaire de la religion et tout ce qui s’en rapproche, je vous conseille vivement de lire Through My Eyes pour vous faire un avis définitif sur Tim Tebow mais aussi pour passer un agréable moment autour d’un athlète attachant.

enveloppe_0

KOBE special retirement issue – Sports Illustrated

enveloppe_0

S.I. a décidé de lancer une vague de nouveau livres/magazines surfant sur la vague des retraites ou des titres de champion. Et quelle bonne idée !

Pour un prix plus que raisonnable, entre 12 et 15€, vous avez là un condensé de pur bonheur et un véritable objet de collection comme je les aime.

La formule saura vous séduire avec sa couverture semi-rigide, ses nombreuses illustrations pleine-page, et son choix d’articles toujours opportun.

En ce qui concerne plus précisément ce livre sur Kobe, vous allez avoir droit à un article inédit pour ouvrir les hostilités suivi d’une infographie mettant en lumière les statistiques affolantes du Black Mamba.

Vous revivrez comme si vous étiez encore en 1996, sa décision de se présenter à la draft directement à la sortie du lycée avec cet œil encore un peu dubitatif sur la question. Il faut dire qu’à l’époque Kevin Garnett venait tout juste de franchir le pas l’année précédente, et l’on craignait une avalanche de prospect courants au suicide sportif dans la grande ligue.

Ensuite, sans surprise, vous trouverez de longs articles faisant suite à chacun des 5 titres de Kobe. C’est d’ailleurs l’occasion de voir l’évolution du regard que le monde du basket en général et la presse en particulier posaient sur le numéro 24 des Lakers. Si au début l’on se plaisait à le décrire comme un soliste assoiffé de records, l’image dépeinte ensuite lui est plus favorable. On le retrouve ainsi plus rameuter de troupe, leader. La légende au crépuscule que l’on ne veut pas voir quitter la scène.

Ce livre a tout pour vous plaire : un prix tout petit, un aspect collector, et il se lit super vite et bien, même si vous ne possédez pas un niveau d’anglais extraordinaire. Attention toutefois ça reste du Sports Illustrated donc un poil au-dessus des articles que l’on peut lire à droite à gauche sur le web.

enveloppe_0

THE GREAT ONE – Sports Illustrated

enveloppe_0

Vous le savez peut être déjà et si ce n’est pas encore le cas vous allez vite en prendre conscience ici, JE SUIS UN DINGUE DE SPORTS ILLUSTRATED ! Je trouve que leurs articles et reportages sont captivant et immersifs. Pour moi leur travail dépasse le cadre du journalisme. C’est de la véritable littérature en déplaise à certain.

C’est pourquoi lorsque je cherchais à me procurer un livre sur le meilleur joueur de hockey de l’Histoire il est naturel que mon choix se soit porté sur un recueil signé SI.

Le but de ce livre est super simple et constitue d’ailleurs la base de nombreux ouvrages du journal. Il s’agit là de revivre la carrière de Gretzky au fil d’articles parus dans les magazines de l’époque et narrant un fait marquant : passage chez les pros, premiers records, titres, transferts, la liste est longue.

Ce qui me plaît c’est justement de pouvoir lire les mots de l’époque décrivant le phénomène Gretzky sans le biais que pourrait avoir un biographe actuel plusieurs années après la retraite du Great One. En effet s’il a toujours été spécial, qui pouvait s’imaginer ce qu’allait accomplir la légende des Edmonton Oilers année après année ?

La lecture de ces lignes, en ayant cet avantage sur l’auteur, me plonge parfaitement dans cette nostalgie que je recherche dans une bio ou du moins un livre qui s’en rapproche. Si généralement les biographies font appel à des témoignages de personnes concernées en prenant le risque que le temps estompe, enjolive, ou tronque la vérité, ces articles figés dans le temps, et se rapportant à la réalité de l’instant me plaisent par-dessus tout.

Vous aurez compris, bien qu’une nouvelle bio vient tout juste de sortir sur Gretzky, je vous recommande vivement de dévorer ce livre.

enveloppe_0

Booktube

Rendez-vous sur ma chaîne YouTube pour vous y abonner, appuyer sur un ultra pouce en l’air et me dire en commentaire combien vous m’aimez 🙂

Vous pouvez déjà regarder la vidéo ici avant de faire tout ça.

JORDAN LA LOI DU PLUS FORT – Sam Smith

PEYTON MANNING Special Retirement Issue – SI

THROUGH MY EYES – Tim Tebow

KOBE BRYANT THE COLLECTOR BOOK

BOYS OF SUMMER – Roger Kahn

KOBE Special Retirement Issue – SI

THE GREAT ONE – SI


WATCHING BASEBALL SMARTER – Zach Hample

QU’EST-CE QUE TU PENSES DE TED WILLIAMS MAINTENNANT? – Richard Ben Cramer

DREAM TEAM – Jack McCallum

QU’EST-CE QUE TU PENSES DE TED WILLIAMS MAINTENANT? – Richard Ben Cramer

enveloppe_0

Pourquoi ? Pourquoi ais-je pu trouver ce livre parfaitement au hasard en fouillant dans l’étagère sport de la Fnac tout près de chez moi ? Pourquoi CE livre est-il traduit en français et pas un autre comme celui de Zack Hample par exemple ?
Si la traduction en français peut s’expliquer par une réelle demande Québécoise pour les livres sur le baseball, sport très populaire là-bas, le prix en Euros imprimé au dos de ce livre démontre bien qu’il est à la base prévu pour une clientèle française.

En rédigeant ce post je viens de m’apercevoir que je n’ai jamais eu autant d’interrogation autour d’un livre mais que je n’avais clairement pas posé la question à qui de droit. Je vais donc dans les jours prochains envoyer un mail aux Editions du sous sol / Desports puis revenir vers vous dès que j’aurai une réponse. J’ai également pu voir qu’ils avaient édité un livre intitulé « Jack Kerouac Halfback » et qui semble revenir sur la carrière sportive de l’écrivain. A lire donc…

En attendant MERCI, MERCI et MERCI ENCORE pour cette initiative et si je me demande pourquoi ce livre, ce n’est pas pour dire que je ne suis pas heureux de l’avoir trouvé, mais plutôt pourquoi n’a-t-on pas droit à plus de livres sur le baseball disponibles ?

En tout cas voici un ouvrage que je vous recommande car il se lit hyper vite et avec grand plaisir. On y découvre un surdoué de la frappe au travers de courts chapitres de 3-4 pages maximum car il s’agissait en fait d’un article publié dans le magazine « Esquire ». Au milieu, de superbes photos en noir et blanc aident à identifier celui que Boston aura sans doute plus aimé qu’un certain Babe Ruth et dont l’aura plane toujours au-dessus de Fenway Park.

Ce livre revient notamment sur sa participation à la Seconde Guerre Mondiale dans l’aviation américaine l’empêchant d’accroître un peu plus son prestige dans le livre des records de la ligue. Essayez d’imaginer Bryce Harper ou Mike Trout (deux des plus grandes stars actuelles de la MLB) interrompre leurs carrières pour partir en Iraq de nos jours…

On y découvre aussi un inconditionnel de la pêche allant même jusqu’à se demander s’il ne préférait pas les poissons aux homeruns.

Foncez vous procurer ce livre. Vous découvrirez de manière originale une légende du sport américain et vous encouragerez aussi la publication d’ouvrages sur le sujet.

enveloppe_0